En marge de l’inauguration de son siège social à Marseille, le bailleur Erilia présente son plan stratégique avec le lancement d’une production de 15 000 logements en France d’ici 2030, dont deux tiers dans la région.
Trois millions de Français sont aujourd’hui en attente d’un logement social. En Provence-Alpes-Côte d’Azur, cela représente 256 000 personnes. Cette situation s’est enlisée avec la crise générale du logement depuis le Covid, malgré la loi SRU qui a imposé un certain volume de logements sociaux aux communes.
Mais Erilia, premier bailleur social en Provence-Alpes-Côte d’Azur, veut prouver qu’il est possible de continuer à produire dans un tel contexte. L’inauguration de son nouveau siège social à Marseille, avenue Cantini (8e), ce 27 janvier, en est l’illustration.
« C’est un bailleur social qui construit non seulement pour ses locataires, mais aussi pour lui-même », résume en une phrase Christine Fabresse, présidente du directoire de la Caisse d’Épargne Cepac, actionnaire principal d’Erilia qui appartient au Groupe Habitat en Région.
Construire 15 000 logements d’ici 2030
Pour répondre à l’ampleur des besoins, Erilia s’engage à lancer la construction de 15 000 logements en France dans son plan stratégique d’ici 2030, dont deux tiers en région. « À partir de 2027, la construction de 2 400 logements sera lancée », affirme Frédéric Lavergne, directeur général d’Erilia.
Parmi ces logements, 500 seront consacrés aux étudiants ayant du mal à se loger dans le parc social en raison du faible taux de rotation des occupants, tombé à 4% ces dernières années. Un des premiers projets, déjà lancé, est la résidence étudiante de 96 chambres dans la future tour M99 de Constructa à Arenc.
Ce projet « ambitieux mais réaliste », affirme le dirigeant, représente un budget de 2,7 milliards d’euros d’investissement sur cinq ans, financé avec 20% de fonds propres « grâce aux bénéfices des années précédentes », réinjectés dans la croissance.
Les récentes annonces du Premier ministre, Sébastien Lecornu, ont de quoi le rassurer avec un plan de l’État visant à atteindre une production massive de deux millions de logements supplémentaires d’ici 2030, en aidant les bailleurs sociaux et privés, mais aussi en simplifiant les normes et les procédures.
Atteindre 80% de satisfaction
Si les ambitions sont grandes, le directeur général ne souhaite pas faillir à sa mission principale « d’assurer une bonne gestion du parc existant » de 90 700 logements en France, dont 70 000 en Paca et en Corse. Erilia se donne ainsi l’objectif d’atteindre 80% de satisfaction de ses locataires, un taux qui a chuté à 77% lors de la fusion avec Logirem en 2024.
Relever la satisfaction est un enjeu de taille pour le bailleur, assigné en justice en juin dernier par 44 locataires de la cité Font Vert. Ils réclamaient notamment le remboursement de charges, la fourniture de documents légaux mais aussi le recrutement de gardiens pour lutter contre l’insécurité grandissante du quartier.
« Notre rôle n’est pas d’assurer la sécurité mais de garantir la tranquillité », tient à réaffirmer Frédéric Lavergne. Erilia déploie à titre expérimental sur la métropole une équipe d’intervention mobile pour intervenir rapidement en cas d’incivilités (nettoyage, tags…) sur les parties communes de son parc.
Poursuivre le renouvellement urbain
La cité Font Vert fait aussi partie du programme de renouvellement urbain d’Erilia chiffré à 1,2 milliard d’euros. À Marseille, le bailleur doit ainsi rénover 406 logements à Font Vert et 1 318 logements sur l’ensemble Bricarde-Castellane. « Nous pouvons lancer les travaux dès le printemps 2026 grâce à la fusion », précise Christine Fabresse.
Erilia souligne également la « réussite » de son projet au Plan d’Aou avec des logements en bail réel solidaire (BRS), permettant aux habitants d’accéder à la propriété en achetant uniquement les murs, sans acheter le foncier.
Dans le sillage des élections municipales de mars 2026, les dirigeants d’Erilia affirment que « le logement doit être au centre du débat démocratique ». À ce stade, la problématique n’est pas (encore) centrale dans la campagne.