À Marseille, sous l’impulsion de l’association Meta 2, les quartiers paupérisés de l’arrière-port sont en train de s’imposer comme un haut lieu du street-art. En 2025, de nouvelles fresques géantes sont venues enrichir ce musée en plein air.

Depuis cinq ans, les œuvres monumentales fleurissent sur les murs de l’arrière-port marseillais. Cette effervescence artistique, on la doit notamment au Musée des arts urbains de MArseille (MauMA), une initiative lancée par Meta 2, pôle de création implanté dans le quartier de Saint-Mauront (3e).

L’association ambitionne de faire émerger « un des plus grands spots » de street-art à l’international, à l’image du quartier de Wynwood à Miami, devenu un véritable musée à ciel ouvert où les meilleurs graffeurs du monde viennent laisser leur empreinte.

Déployé sur les 2e, 3e, 14e et 15e arrondissements, le projet compte déjà une quarantaine d’œuvres d’artistes, cartographiées ici, dans un triangle situé entre la Joliette, la Belle de Mai et le marché aux puces. En 2025, trois nouvelles fresques sont venus enrichir ce parcours artistique hors du commun.

Une nouvelle œuvre monumentale vers Félix-Pyat

Parmi les fresques inédites à découvrir, celle de l’artiste colombien Rito, visible de l’autoroute, ne passe pas inaperçue au 1 rue Félix-Pyat (3e), à l’angle avec le boulevard National. Ce portrait géant d’une adolescente de la communauté Embera est inspirée d’une photo prise en 2010 à Bogota.

Originaire du Chocó, une région de Colombie marquée par les violences liées au narcotrafic, la jeune fille a dû fuir vers la capitale avec sa famille pour survivre dans des conditions difficiles.

Le fond de la fresque s’inspire des motifs traditionnels de l’artisanat Embera : un ciel étoilé, symbole d’espoir, qui a donné son nom à l’œuvre : « Niña emberra + cielo estrellado ». Avec cette œuvre, « Rito rend hommage aux peuples autochtones de Colombie, à leur histoire, leur dignité et leur résilience », indique Meta 2.

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« Niña emberra + cielo estrellado », Rito

Deux fresques à la Friche la Belle de Mai

Les deux fresques supplémentaires qui ont rejoint le parcours de street-art sont à retrouver dans l’enceinte de la Friche la Belle de Mai (3e). La première, située au niveau de la place des Quais, derrière le restaurant des Grandes Tables, est l’œuvre d’un autre graffeur colombien, DJLU.

Nommée « Rêves sans frontières », elle met en lumière les visages d’enfants de Bogota que l’artiste a rencontrés et photographiés. « À travers leurs regards, c’est toute une jeunesse urbaine, populaire, que DJLU choisit de représenter », souligne l’association de Saint-Mauront.

La troisième et dernière création de l’année 2025 se cache au pied de l’Institut Méditerranéen des Métiers du Spectacle, côté rue François Simon. Gaëtan Marron a réalisé une suite de visages inspirés des statues de l’île de Pâques et du « portrait de Diego » du sculpteur d’Alberto Giacometti.

Au tour de la rue Honnorat en 2026

Cette année, de nouveaux projets vont venir enrichir le MauMA. La rue Honnorat (1er / 3e), qui longe les voies ferrées de la gare Saint-Charles, va se transformer « en galerie à ciel ouvert » avec la réalisation de quatre fresques commanditées par la Métropole Aix-Marseille.

Les noms des artistes peintres qui ont accepté de se joindre à l’initiative ont déjà été dévoilés. Parmi eux, on retrouve, Braga Last One, connu pour ses portraits de personnes célèbres, comme celui de Jul au 51 boulevard Capitaine Gèze, mais aussi Amsted, Alfe et Nerone.

Une des fresques sera réalisée de manière participative avec l’association Familles en action. À cette occasion, des jeunes en stage de 3e à la Friche de la Belle de Mai rencontreront les artistes. En 2026, Meta 2 proposera également des ateliers et des balades, chaque deuxième samedi du mois, pour emmener les amoureux du street-art déambuler dans les ruelles de son « musée » en plein air.

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