L’État annonce que le chantier sensible de dépollution du littoral Sud de Marseille a pris un mois de retard. La faute à des aléas climatiques et des entreprises qui ne remplissent pas leurs obligations.

Du plomb dans l’aile ? Surtout dans les sols. Une pollution héritée de plus de 200 ans d’industries chimiques, avec des usines de plomb, soufre, acide chloridrique, sur le littoral sud de Marseille, de la calanque de Saména à celle de Callelongue.

Les vallons, plages, bâtiments pittoresques et espaces naturels masquent mal les « scories », « crassiers » et autres dépôts pollués aux métaux lourds (plomb, arsenic, mercure, cadmium, antimoine…).

Après des décennies d’alertes et de combats juridiques, les pouvoirs publics se sont enfin emparés de la question. Ils ont mis 14 millions d’euros sur la table afin de traiter 20 sites en deux phases d’ici 2027. Ce grand chantier de dépollution, complexe et sensible, a débuté sous haute surveillance en septembre dernier.

Cette première phase devait aboutir en mars. Mais la Préfecture vient d’annoncer par communiqué que l’opération a pris du retard, et aboutira fin avril.

Des entreprises qui ne remplissent pas toujours leurs « obligations »

Le représentant de l’État évoque deux raisons. La première, comme tous les Marseillais ont pu le constater, concerne « les importants aléas météorologiques (pluie, houle et vents) » des derniers mois.

La Préfecture évoque une seconde raison, plus délicate : « les entreprises de travaux n’ont pas toujours été en mesure de remplir correctement les obligations auxquelles elles étaient tenues. Conduisant le maître d’ouvrage ADEME à suspendre les travaux à plusieurs reprises ». Nos demandes de précisions n’ont pas reçu de réponse à la publication de cet article.

« Un chantier de dépollution moderne », qui inspirera Legré Mante ?

Toutefois, l’association Santé littoral sud (ASLS) qui suit le dossier depuis des années et surveille le chantier avec vigilance ne se montre pas alarmiste. « C’est un chantier hors norme et exceptionnel, en bord de falaise, exposé aux embruns. Ils ont découvert les difficultés et y ont répondu », estime le président, Roland Dadena. « On n’a pas noté d’irrégularités sécuritaires et sanitaires ».

Marsactu rappelle toutefois que les associations ont déposé un recours au tribunal ces dernières semaines pour le pousser à traiter plus de sites, et parfois améliorer la méthode. Mais pour ce qui est du chantier en cours, Roland Dadena se montre satisfait. Il décrit « un chantier de dépollution moderne, qui fera date. Surtout sur l’esprit de dialogue », avec les habitants et associations.

Nulle doute qu’il espère mettre en avant la méthodologie de l’État pour l’appliquer sur un autre chantier sensible, non loin de là. Celui de l’ancienne usine Legré-Mante. Ici, ce sont des promoteurs privés qui doivent dépolluer avant de réaliser un projet immobilier. Ce qui ne rassure pas les habitants.

Le projet a déjà été retoqué et prend beaucoup de retard. Un comité de suivi devrait se tenir dans les prochaines semaines, pour y voir un peu plus clair.

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