C’est un drôle de kiosque à journaux qui vient de s’installer à Marseille. Et pour cause, l’artiste Merlin s’est lancé le défi de le transformer en galerie d’art. Un concept inédit en France. Abracadabra !

Le « kiosque à Merlin » ne peut qu’éveiller la curiosité des passants du quartier. Le prétendu kiosque à journaux ne possède ni journaux, ni magazines, mais des sérigraphies, des peintures, et des photographies. En octobre 2018, Didier Carol Porcher (CP),  alias « Merlin », artiste depuis plus de 30 ans, se lance dans une initiative inédite en France : créer une galerie d’art dans un kiosque à journaux. Il faut dire que la presse écrite a de plus en plus de mal à se vendre (en moyenne -3% par an depuis plusieurs années selon Europe 1) et que certains kiosques peinent à réaliser le même chiffre d’affaires qu’avant. L’idée était donc la bienvenue pour faire bouger la vie de quartier.

La galerie d’art à taille réduite, située 22 cours Joseph-Thierry à Marseille, à deux pas de l’église des Réformés, est surprenante. Merlin, assis autour d’une petite table en carton, fait défiler sur l’écran de son ordinateur l’historique de ses dessins. C’est sur une musique de Mark Ronson que les curieux sont invités à pénétrer dans cette antre colorée. Des tableaux en cartons rouges, bleus et verts et autres dessins abstraits occupent chaque murs du petit endroit.

 

« Par le jeu des anagrammes… »

« Vous voyez un peu le loustic que je suis ? » lance-t-il, sa pochette de dessins en mains. Le quinquagénaire voue un amour inconditionnel aux anagrammes. « Cela fait plus de 30 ans que je joue inlassablement avec les lettres.» En parallèle de ses compositions lettrées, Merlin filme régulièrement ses « performances de rue », où sans un mot, il livre un spectacle énigmatique durant quelques minutes.

, Un kiosque à journaux transformé en galerie d’art à Marseille, Made in Marseille
Merlin dessine un anagramme dans son kiosque

En 2013, il exposait de cette façon 36 peintures sur chevalets aux Cinq Avenues, à Marseille. « C’est une expression artistique que je trouve profondément poétique et citadine ». Un soir,  alors qu’il pose son rideau de scène sur le kiosque à journaux, l’idée lui vient. « Et si j’en faisais une galerie d’art…» L’initiative du dessinateur plait aux propriétaires. C’est ainsi que le premier kiosque d’art ouvre ses portes peu de temps après.

La rencontre de l’art et de la rue

Merlin saisit son encre noire et un papier et dessine les premiers traits de ce qui sera le visage d’une femme. Ses yeux glissent sur chaque détail de son modèle. « Vous avez encore un sourire d’enfant », plaisante-il. Ses anagrammes sont destinés à sa galerie virtuelle, « Le mur trace de toi « . Cet amoureux des lettres rêve de réaliser une galerie de créations papier qui serait exposée dans les rues de Marseille. « J’ai fais plus de 1500 anagrammes de visages, ça a presque un côté archives ».

, Un kiosque à journaux transformé en galerie d’art à Marseille, Made in Marseille
L’anagramme est ensuite scanné et posté sur son site internet

La rencontre de l’art et la rue est l’essence-même de son inspiration artistique. « C’est en quelque sorte une revisite originale du street-art ». L’art se glisse dans les rues marseillaises de façon amusante et originale.

Une cliente avance avec hésitation vers le kiosque et demande : “Mais vous n’avez plus de journaux ?”. C’est avec un certain amusement que Merlin lui répond par la négative et lui montre les cartes postales situées devant elle.

Nouvelles créations à base de papier journaux de la presse locale

Effectivement, il y a de quoi être quelque peu surpris face aux productions peu communes du « Kiosque à Merlin ». Par exemple, “Les assiettes de mamies” sont des assiettes en porcelaine revisitées. « Je récupère des morceaux de carton que je découpe en forme d’assiette, pour y dessiner des anagrammes. Ça me rappelle les assiettes que ma grand-mère accrochait à ses murs ». 

Merlin joue d’ailleurs de son nouvel environnement puisque ses nouvelles créations se composent de papiers journaux de la presse locale. Ce qui importe pour cet enchanteur des rues marseillaises, c’est de « livrer quelque chose qui s’inscrit dans l’ère du temps ».

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