Le Centre AGS de Marseille et 60 000 Rebonds Sud ont signé une convention pour mieux orienter les entrepreneurs et renforcer leur accompagnement, de la difficulté de l’entreprise à l’après-liquidation.

En Paca, depuis le début de l’année 2026, 8 226 emplois sont menacés, selon l’AGS (Association pour la gestion du régime de garantie des créances des salariés), soit 8% de plus qu’en 2025.

L’AGS intervient pour garantir les sommes dues aux salariés lorsqu’une entreprise est en difficulté. « Quand une entreprise vacille, son dirigeant n’est pas toujours prêt à demander de l’aide. Par déni, manque d’information ou peur de l’échec, certains attendent que la situation devienne irréversible », observe Michel Deirmendjian, responsable du Centre AGS de Marseille.

Pour toucher ces dirigeants plus tôt, l’AGS et 60 000 Rebonds Sud ont signé une convention de partenariat, le 8 octobre, dans le cadre de la 26e édition du Forum de l’UPE 13 au CEPAC Vélodrome. 60 000 Rebonds Sud accompagne actuellement 150 dirigeants après la fermeture de leur entreprise.

La convention prévoit notamment des webinaires et la mutualisation d’événements et d’ateliers en région entre les deux acteurs.

Orienter les entrepreneurs le plus tôt possible

« Un entrepreneur a du mal à voir les signaux faibles, il peut être dans une forme de déni. La plus grosse difficulté, c’est donc d’arriver à les attirer », soulève Vincent Defossez, coprésident de 60 000 Rebonds Sud. Dans la grande majorité des cas, les entrepreneurs poussent la porte des deux structures trop tard.

60 000 Rebonds Sud propose un accompagnement individuel et collectif pour définir un nouveau projet professionnel, que ce soit vers le salariat ou un nouveau projet entrepreneurial. L’enjeu est surtout d’éviter que la fermeture de l’entreprise ne marque la fin du parcours professionnel du dirigeant.

L’association annonce avoir un taux de rebond supérieur à 80% en Paca. Plus de la moitié de ses bénéficiaires repartiraient dans l’entrepreneuriat, indique Vincent Defossez.

Le Centre AGS de Marseille peut, lui, intervenir dans le cadre des procédures de sauvegarde, de redressement et de liquidation judiciaire. L’antenne marseillaise peut aussi orienter les dirigeants en amont vers les bons interlocuteurs, comme le tribunal de commerce ou l’Ordre des experts-comptables.

L’antenne marseillaise de l’AGS a accompagné près de 1 300 entreprises jusqu’en juin 2026, soit une baisse de 1 % par rapport à l’année précédente. Mais pour Michel Deirmendjian, « l’activité économique s’est fortement dégradée depuis deux ans et demi ».

Industrie, commerce, BTP… les secteurs sous tension en Paca

Les difficultés concernent des entreprises de tailles et de secteurs variés, dans une région où le tissu économique repose largement sur les TPE et les PME. Les services, l’hôtellerie-restauration et le BTP figurent parmi les activités les plus concernées. L’industrie et le commerce sont également touchés.

« Avec Alinéa, on voit concrètement ce que peuvent représenter les difficultés d’une entreprise pour un territoire et pour ses salariés », prend en exemple Michel Deirmendjian. L’enseigne d’ameublement, dont le siège était installé à Aubagne, a été placée en liquidation judiciaire le 31 mars dernier par le tribunal des activités économiques de Marseille. La décision a entraîné la suppression de 1 200 emplois, dont 249 au siège aubagnais.

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