Pour équilibrer son budget 2026 sans toucher aux dotations reversées aux communes ni à la gratuité des transports à Aubagne, la Métropole Aix-Marseille-Provence se tourne vers l’emprunt et la fin de la gratuité des transports.

Pour sortir de l’impasse : un tour de passe-passe ? Jusqu’à présent, toutes les solutions avancées par l’exécutif métropolitain pour combler les derniers 53 millions d’euros manquant à l’équilibre budgétaire 2026 ont été rejetées par les maires.

Ces derniers ont successivement refusé de baisser les attributions de compensation (AC) que la Métropole reverse aux communes, puis la dotation de solidarité communautaire (DSC), chère à Marseille. L’exécutif métropolitain se refuse quant à lui à activer le levier fiscal avec des augmentations d’impôts.

Ces hypothèses évacuées, comment réussir à voter un budget à l’équilibre au prochain conseil métropolitain du 15 octobre ? Le président de la Métropole, Nicolas Isnard (LR), a sorti une ultime copie budgétaire et l’a présentée aux maires réunis en conférence ce jeudi 8 octobre. Elle semble enfin faire consensus, selon les retours des élus de tous bords que nous avons pu consulter.

Fin des mesures de gratuité des transports, mais statu quo pour Aubagne

Pour augmenter les recettes, la Métropole vise les transports et met en place « une tarification sociale » au détriment des mesures de gratuité. D’abord la gratuité pour les seniors et enfants qui s’applique sur tout le territoire. Les moins de 11 ans devraient toutefois continuer à voyager sans frais.

Dans le même temps, une tarification avantageuse, proche de la gratuité, s’élargit aux étudiants boursiers et aux plus de 65 ans non imposables. Ces publics « paieront seulement 20 € de frais de dossiers pour se déplacer sur tout le territoire », nous confirme Nicolas Isnard.

Reste le cas isolé du territoire d’Aubagne, où la gratuité totale des transports s’applique depuis une quinzaine d’année. Sur le papier, la mise en place de la tarification sociale y met fin. Mais dans les faits, pour des raisons autant techniques que politiques, elle doit se poursuivre « intra-muros, au moins jusqu’en 2027, voire plus », nous confie-t-on dans l’exécutif métropolitain.

Derrière une « technique comptable », la Métropole emprunte

Mais ces recettes ne suffisent pas à équilibrer le budget. Pour parvenir à combler les 53 millions d’euros, l’exécutif a trouvé une « technique comptable », décrit un spécialiste des finances présent à la conférence des maires.

Une solution qui se niche dans le complexe règlement financier des collectivités du côté des amortissements des investissements, et qui se resume au final à « recourir à l’emprunt », pose Nicolas Isnard.

L’institution amplifie donc son endettement. Elle pourrait voir sa note financière dégradée avec des conséquences sur les marchés financiers et les taux d’intérêt bancaires.

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« Le mur budgétaire arrive »

« L’emprunt d’aujourd’hui, c’est le dettes de demain », regrette Nicolas Isnard. Et le pire semble à venir pour les finances du territoire. À commencer par le prochain exercice budgétaire de 2027, qu’il faut d’ores et déjà préparer. Il s’annonce comme « un casse-tête encore plus compliqué que 2026 », s’alarment en cœur des élus métropolitains de tous bords.

« On nous en parle depuis des années, mais le fameux ‘mur budgétaire’ arrive », lâche l’un d’eux. Notamment via le projet de loi de finances (PLF) 2027 présenté par le gouvernement la semaine dernière. Il prévoit encore un effort de 5,4 milliards d’euros des collectivités locales pour redresser les comptes publics.

« On a fait le calcul. En l’état, ce PLF, c’est 150 millions d’euros en moins pour la Métropole. Avec des pertes directes sur les budgets des communes. Pour Marseille, ce serait 46 millions d’euros », estime Joël Canicave, adjoint aux finances de Benoît Payan.

L’ensemble des maires de la Métropole, et plus largement des Bouches-du-Rhône, souhaitent mener « une action collective forte » auprès du gouvernement. La forme reste à définir. Mais tous lez élus du territoire devraient voter prochainement « une motion spéciale pour dénoncer les nouvelles coupes de l’État ».

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