Restaurants sous les arbres, jardin pédagogique et aire de jeux pour les enfants. Inauguré vendredi 2 octobre, l’Îlot d’Aubagne offre une halte piétonne au milieu de la zone commerciale d’Auchan. Sur près d’un hectare, ce nouvel espace accueille aussi une ressourcerie, des bureaux, une Maison du don… et bientôt de nouvelles enseignes.
Il y a une centaine d’années, la famille Barzi possédait les terres sur lesquelles s’étend aujourd’hui la zone commerciale d’Auchan. Au fil des ventes et de l’installation des enseignes, elle n’avait conservé qu’une propriété de près d’un hectare avec trois maisons et des arbres centenaires, à l’abri de grands murs d’enceinte, au milieu des commerces et des parkings.
En 2020, la famille a vendu cette dernière parcelle à la foncière Ceetrus. « En 2020, la famille Barzi a rendu les clés. Il y avait ici quatre générations qui vivaient ensemble », raconte Vincent Striglio, directeur d’exploitation de l’Îlot d’Aubagne.
Avec l’opérateur immobilier Nhood, Ceetrus a transformé la propriété en un site ouvert aux piétons. Les murs d’enceinte ont été abattus, mais les arbres centenaires conservés. Autour d’eux se sont installés des restaurants, des commerces, des bureaux et des services. Inauguré ce vendredi 2 octobre après plusieurs mois d’ouvertures progressives, l’Îlot d’Aubagne compte 4 000 m² de bâti et près de 5 000 m² d’espaces verts et piétons, au 1100 chemin de l’Avelanède, juste à côté de l’hypermarché Auchan.
Pour le maire d’Aubagne, Jean-Pierre Squillari, cette inauguration avait aussi un goût de retrouvailles. « Je venais ici quand j’étais petit, j’étais ami avec Marc Barzi et je gambadais sous les arbres centenaires, donc c’est un grand plaisir d’être présent ». Ces mêmes arbres ont servi de point de départ à l’aménagement du nouveau lieu.
Une ancienne propriété ouverte aux habitants
Comment ouvrir cette propriété sur la zone commerciale sans perdre son caractère boisé ? La question s’est posée aux équipes de Nhood en découvrant les lieux, explique Noélie Beaufils, directrice des opérations aménagement et promotion pour la région PACA et l’Est Occitanie.
Aujourd’hui, autour des bâtiments, les visiteurs peuvent désormais circuler à pied, rejoindre les jardins pédagogiques ou profiter de l’aire de jeux ombragée.
Quatre restaurants et bientôt Royal Kids
Côté restauration, les enseignes Au Bureau, I Veri Gnocchi, Pitaya et Pokawa ont déjà ouvert leurs portes progressivement de mars à juillet. Les quatre restaurants disposent de terrasses donnant sur les arbres. À quelques pas, les enfants peuvent profiter des jeux en plein air.
Mais d’autres enseignes sont attendues. De nouveaux restaurants occuperont également les rez-de-chaussée encore disponibles. « Les négociations avec de nouvelles enseignes sont très avancées », indique le directeur d’exploitation. Des animations sont aussi prévues, dans la continuité de celles proposées pour la Fête de la musique en juin. Et Royal Kids doit prochainement ouvrir un espace de jeux pour les enfants.
L’offre a toutefois changé depuis les premières annonces. Le chef Sébastien Richard, fondateur du restaurant solidaire Le République à Marseille, aujourd’hui fermé, devait y développer les « Jardins d’Aubagne » avec le groupe d’insertion La Varappe. Une table d’hôtes, une école de formation et une cuisine centrale figuraient notamment au programme.
Faute de financement réuni, Nhood a dû trouver d’autres restaurateurs. « On a commercialisé en un temps qui était assez record, mais bien entendu le projet a pris du retard à cause de cet incident », explique Noélie Beaufils.
Une ressourcerie, des jardins et une Maison du don
Mais la dimension sociale du projet reste présente avec la ressourcerie Le Dirigeable. Cette boutique propose des meubles, des vêtements et des objets de seconde main. Portée par l’association Evolio, membre du groupe La Varappe, elle fonctionne comme un chantier d’insertion et accompagne des personnes éloignées de l’emploi.
Auparavant installée plus loin dans la zone industrielle des Paluds, l’activité bénéficie ici « d’une meilleure visibilité » plus centrale, souligne Vincent Striglio. Les visiteurs peuvent découvrir la boutique en venant déjeuner ou en parcourant le site.
Evolio et La Varappe ont également en charge la gestion des jardins pédagogiques consacrés à l’agriculture urbaine. Ces potagers aménagées face aux restaurants ont vocation à accueillir des écoles et des associations pour découvrir le jardinage et le travail d’insertion lié à leur entretien.
L’Îlot accueille enfin une Maison du don de l’Établissement français du sang, inaugurée avant l’été. Les habitants et les salariés du secteur disposent ainsi d’un lieu fixe pour donner leur sang, mais aussi leurs plaquettes.
Pour Jean-Pierre Squillari, « installer la solidarité au cœur d’une zone commerciale n’est pas un paradoxe ». Le maire défend une évolution de ces espaces, avec davantage de végétation, de parcours piétons et de services complémentaires aux commerces.
D’autres transformations envisagées autour des parkings
L’Îlot doit en effet permettre d’amorcer une transformation plus large de la zone commerciale. « Sur cet îlot, le fil conducteur a vraiment été de travailler sur le patrimoine végétal et de ne pas trop imperméabiliser », rappelle Noélie Beaufils.
Ce sont désormais ces espaces commerciaux et les parkings alentour que Nhood souhaite faire évoluer. « Dans les prochaines années, nous avons à cœur de venir désimperméabiliser tous ces emplacements. Cela nécessitera du temps d’études », précise-t-elle.
Aucun programme détaillé n’est encore annoncé. Les interventions dépendront des commandes des propriétaires, ici Auchan et Ceetrus, avec lesquels les discussions sont engagées. « Nous aimerions, dans les cinq prochaines années, pouvoir déjà inaugurer de nouveaux projets », avance Noélie Beaufils.
Le maire insiste, lui, sur le lien à maintenir avec les commerces du centre historique. « Le cœur de ville ne peut battre sereinement si la périphérie étouffe, et nos zones commerciales s’épuiseront si notre centre historique perd sa vitalité ».