Les élections sénatoriales se déroulent dimanche 27 septembre 2026. Quelles sont les forces en présence dans les Bouches-du-Rhône ? Avec la présence de dissidents à gauche, à droite et à l’extrême droite, aucune liste n’est parvenue à créer une large union.
Les élections sénatoriales se tiennent ce dimanche 27 septembre. Le scrutin le plus fermé de France, puisque seuls les « grands électeurs » sont appelés à voter. Ils sont 3 697 dans les Bouches-du-Rhône, pour élire les huit sénateurs du territoire qui siègeront au palais du Luxembourg.
Ce scrutin ressemble parfois à un second round des municipales. En effet, parmi les votants, une immense majorité est désignée par les conseils municipaux. Seuls 129 électeurs proviennent des conseils régionaux et départementaux ou sont des sénateurs sortants et députés.
Les municipales 2026 ont vu la droite et le centre se maintenir dans les communes de Provence, la gauche gagner des villes importantes comme Marseille ou Aubagne et l’extrême droite réaliser de légères percées. Dans ce contexte, difficile de pronostiquer combien de sièges gagneront les uns et les autres. D’autant que le nombre de listes dissidentes compliquent les calculs. Petit tour d’horizon des forces en présence.
Les sénateurs sortants
À droite : Valérie Boyer (LR), Stéphane Le Rudulier (LR), Brigitte Devésa (UDI)
À gauche : Guy Benarroche (Les Écologistes), Mireille Jouve (Le 13 en tête), Marie-Arlette Carlotti (Parti socialiste), Jérémy Bacchi (Parti communiste français)
À l’extrême droite : Stéphane Ravier (Rassemblement national)
Quatre listes à gauche
Un rassemblement de gauche derrière le communiste Jérémy Bacchi
À gauche, trois sénateurs sortants se représentent sur une même liste. En effet, derrière le sénateur Jérémy Bacchi (PCF), on retrouve Marie-Arlette Carlotti (PS) et Guy Benarroche (Les Écologistes). Tous les trois semblent en position éligible.
Mais la gauche rêve également de remporter un quatrième siège. Il reviendrait alors à Clara Jaboulay, jeune élue de la majorité municipale marseillaise. L’adjointe de Benoît Payan avait rejoint la liste du maire divers gauche à l’approche des municipales, alors qu’elle militait jusque là à la France insoumise.
Sur la suite de la liste, on retrouve le maire PS de Vitrolles Loïc Gachon, Hélène Gaillard (maire divers gauche de Gréasque), le maire de Jouques Éric Garcin. Puis, l’adjointe municipale de Fontvieille Anne Brotot, le maire d’Aubagne Jean-Pierre Squillari et Nathalie Hetsch de Fos-sur-Mer.
Cette liste d’union semble avoir la faveur des grands électeurs de gauche du département, dont près de 800 voix sont issues du Printemps marseillais.
Le socialiste Jean-David Ciot présente sa propre liste
Mais face à eux se dresse une candidature interprétée comme « dissidente ». Le socialiste Jean-David Ciot, maire du Puy-Sainte-Réparade, a en effet décidé de se lancer dans la bataille avec sa propre liste : « La Voix des élus de Provence ».
Ce nom est loin d’être anodin, au regard de la crise qui secoue la Métropole « des maires » et les clivages entre les élus concernant les choix budgétaires. Ils se cristallisent notamment autour de la ville-centre, Marseille, comme le dénonce Jean-David Ciot.
Ce dernier, en faisant cavalier seul, a provoqué des remous au sein du Parti Socialiste des Bouches-du-Rhône auquel il adhère. Certains encartés demandent aujourd’hui son exclusion. À la suite de sa liste, on retrouve Sophie Jardinot, Arthur Salone, Lila Lokmane, Georges Panagiotou, Noëlle Ciccolini-Jouffret, Nicolas Romain, Corinne Julien Pasqualini, Hugues Beaujard et Stéphanie Person.
La France insoumise tente sa chance au Sénat
La France insoumise ne compte aucun sénateur en France, et n’a pas réussi à s’imposer lors des municipales sur le territoire, hormis quelques conseillers municipaux. Mais à l’approche des présidentielles, le parti de Jean-Luc Mélenchon tente d’exister dans cette séquence politique.
Pour le scrutin sénatorial des Bouches-du-Rhône, la liste LFI est menée par la conseillère municipale de La Bouilladisse, Michèle Blanchard Svoboda. Suivent Jean-Philippe Prost, Jecilla Regad, André-Pierre Dufresne, Smahane Mebarki, Vincent Trotot, Charlotte Deweerdt, Alexis Feix, Léa Bijaoui et William Silvestre Da Silva.
La successeure de Jean-Noël Guérini, Mireille Jouve, brigue un nouveau mandat
Classée officiellement « divers centre » par le Sénat, la sénatrice sortante Mireille Jouve brigue un nouveau mandat au palais du Luxembourg. Elle avait obtenu son siège en 2024 pour remplacer l’ancien socialiste et président du Département, Jean-Noël Guérini, condamné dans le cadre d’une affaire de marchés truqués.
Elle mène la liste « Le 13 en tête » devant Jérôme Guichard, Hélène Varre, Thierry Dallard, Sandrine Mangion-Lerda, Gabriel Colombet, Simone Portoghese Nee Gay, Vincent Languille, Emmanuelle Taupin-Mayor et Jean-Louis Lepian.
Trois listes à droite et au centre
Brigitte Devésa et Renaud Muselier veulent rassembler le centre et la droite
Après l’échec du rassemblement de la droite et du centre à Marseille lors des dernières municipales, le Marseillais Renaud Muselier (Renaissance), puissant président de la Région Sud, avait annoncé vouloir rejoindre le Sénat. Une petite déflagration politique dans l’écosystème politique local.
Quelques mois plus tard, après de nombreuses tractations, il apparaît en deuxième position d’une liste qui ambitionne de rassembler le centre et la droite. Mais c’est finalement l’aixoise Brigitte Devésa (UDI) qui mène la candidature « Cap sur l’avenir de nos villes et villages ». Une liste soutenue par Renaissance et Les Républicains, avec l’appui du président du Sénat, Gérard Larcher (LR).
Derrière ce duo de tête, on retrouve d’autres noms bien connus de la politique provençale. À commencer par la maire LR d’Auriol Véronique Miquelly, le maire de Graveson Michel Pécout (LR), la maire d’Alleins Catherine Moyemont Gaildry ou le maire sans étiquette de Port-Saint-Louis-du-Rhône, Martial Alvarez. Suivent la vice-présidente de la Région Anne Claudius-Petit, le maire de Simiane-Collongue Philippe Ardhuin. Puis, la maire d’Aix-en-Provence Sophie Joissains (UDI) et l’élu marseillais David Galtier.
Valérie Boyer veut représenter Les Républicains
Mais ce rassemblement de la droite et du centre reste finalement limité. En effet, d’autres figures historiques ont fait dissidence. Comme Valérie Boyer, sénatrice sortante Les Républicains. Alors que Renaud Muselier lui tendait la main pour figurer derrière lui en troisième position, elle a préféré prendre la tête de sa propre liste.
Il faut dire que la femme politique marseillaise tend plutôt vers l’aile droite du parti LR plutôt que vers le centre. Bien ancrée sur le territoire comme au national, Valérie Boyer a notamment reçu le soutien de Bruno Retailleau, président du parti Les Républicains et candidat déclaré pour l’élection présidentielle.
Sur sa liste, on retrouve le maire de Trets Pascal Chauvin, la première adjointe au maire de Cuges-les-Pins France Leroy, le maire de Saint-Étienne-du-Grès Jean Mangion, l’élue municipale à Fontvieille Marion Biscione. Suivent Serge Mori (maire du Tholonet), la martégale Magali Scalzo ou le jeune marignanais Maxime Aghemo. Puis, en fin de liste, des figures marseillaises comme Catherine Pila, proche de Martine Vassal et ancienne présidente de la RTM. Ou l’indéboulonnable Guy Teissier.
Hervé Granier en dissident LR
Pour ne rien faciliter aux candidatures de la droite et du centre, un autre encarté Les Républicains part avec sa propre liste. Il s’agit du maire de Gardanne Hervé Granier. Ce dernier défend plutôt la représentation des élus locaux au Sénat.
Derrière son nom, on retrouve Pascale Licari maire du Paradou, Patrick Ghigonetto maire de Ceyreste, l’ancienne élue marseillaise désormais partie au Paradou, Anne-Marie d’Estienne d’Orves. Suivent le maire de Mallemort, Dimitri Farro, la présidente de la Chambre de commerce et d’industrie franco-arménienne Angèle Melkonian, le conseiller municipal de Grans Vincent Tiquet. Enfin, l’adjointe de Gardanne Claire Campodonico, le premier adjoint de Ceyreste Jacques Renault, et Mélanie Leroy, adjointe au Paradou.
Deux listes d’extrême droite
Le Rassemblement National derrière Marie-Pierre Callet
À l’extrême droite, la dissidence est aussi de mise avec deux listes. La première, 100% RN, est officiellement soutenue par le Rassemblement National et le parti créé par Éric Ciotti, l’UDR (Union des droites pour la République). En première position, on retrouve Marie-Pierre Callet, vice-présidente du Département des Bouches-du-Rhône, qui a récemment quitté la majorité de Martine Vassal (divers droite).
La seconde place revient au directeur de cabinet du maire de Rognac, Fabien Bravi. Derrière lui, la députée aubagnaise Joëlle Mélin, le maire de Rognac Christophe Gonzalez, la maire du secteur des 9e-10e de Marseille Éléonore Bez. Puis le député Romain Tonussi, l’ancienne présidente départementale des Républicains passée à l’extrême droite après les municipales Laure-Agnès Caradec, le député Emmanuel Fouquart, l’adjointe au maire RN de Tarascon Christelle Perissouti, et enfin le député José Gonzalez.
Stéphane Ravier se représente malgré sa condamnation
Mais la liste dissidente risque de grapiller des voix, puisqu’elle est menée par le sénateur sortant Stéphane Ravier. Cette figure historique de l’extrême droite à Marseille a notamment dirigé la mairie des 13e-14e, avant d’entrer au Sénat en 2020 à la surprise de beaucoup d’observateurs. Mais il est menacé par sa condamnation en février concernant l’embauche de son fils à la mairie de secteur. Il se pourvoit en cassation, mais risque toutefois de perdre son siège au Sénat en cours de mandat s’il est élu.
Si c’était le cas, il serait remplacé par sa femme, Emmy Font, traditionaliste très active sur les réseaux sociaux, et numéro 2 sur sa liste. On retrouve en troisième position un autre proche de Stéphane Ravier, dont la voix commence à porter dans l’extrême droite marseillaise : Antoine Baudino. Suivent Magali Kerbart, Jean-Guillaume Remise, Virginie Merlin, Alain Nemeth, Céline Levieux, Dany Lamy et Chantal Agius.