À la Pointe-Rouge, la posidonie échouée sur la plage n’est plus jetée en déchetterie mais cachée sous le sable grâce à la technique des « mille-feuilles ». Une solution pour préserver ses bienfaits écologiques et l’attractivité balnéaire du site.
Elle envahit les plages de Marseille chaque année, en créant des amas marron à la lisière de l’eau et du sable. Pour certains baigneurs, ce sont des tas de vase repoussants, pour d’autres « un trésor écologique. Ce n’est pas de la vase, mais une herbe marine méditerranéenne, la posidonie. Elle a un rôle environnemental essentiel », plaide Hervé Menchon, adjoint au maire de Marseille en charge de la biodiversité.
L’élu explique les multiples bienfaits de cette plante aquatique pour la biodiversité, le climat, ou encore l’érosion du littoral. « Les herbiers de posidonie sont des nurseries essentielles à la reproduction de nombreuses espèces. Elles sont des puits de carbone qui stockent le CO2 à long terme et luttent contre le réchauffement climatique. Enfin, lorsqu’elles meurent et échouent sur les plages, ces ‘banquettes’ cassent la houle et protègent de l’érosion tout en libérant des nutriments pour la biodiversité ».
Les banquettes de posidonie resteront sur les plages à l’avenir
Mais ce plaidoyer se heurte parfois à la logique touristique et balnéaire, quand les plages de sable sont recouvertes d’herbes en décomposition durant la saison estivale. Alors, pour allier écologie et attractivité balnéaire, la mairie de Marseille opte pour un compromis : les « mille-feuilles de posidonie ». Les amas ne sont plus envoyés en déchetterie comme autrefois, mais dispersés sur la plage et recouverts de sable, en plusieurs couches. Les résidus végétaux sont ainsi cachés, mais poursuivent leur rôle nourricier pour l’écosystème.
À l’avenir, « les banquettes de posidonies ne seront plus enterrées », projette Hervé Menchon, mercredi 27 mai à la plage de la Pointe-Rouge, où les tractopelles s’affairent à recouvrir l’herbe en mille-feuilles pour la saison estivale. « À la plage de Corbières, les habitants et les élèves qui gèrent l’aire marine éducative ont décidé de les laisser. Ça va se généraliser sur toutes les plages à mesure que les gens prendront conscience de l’intéret écologique », conclut-il.
