Avec l’entrée de la majorité marseillaise au gouvernement d’Aix-Marseille-Provence, les élus de gauche reçoivent de nombreux sièges dans des organismes stratégiques de la Métropole. Comme la RTM, Euroméditerranée et le bailleur Provence Métropole Logement.

C’était le mantra de Nicolas Isnard, maire LR de Salon-de-Provence, lorsqu’il postulait à la présidence de la Métropole Aix-Marseille-Provence : « les outils doivent être pilotés par ceux qui les utilisent. Ça vaut pour Marseille et pour les autres communes ».

Dans la cité phocéenne, on pense à la Régie des transports (RTM), au bailleur social Provence Métropole Logement (ex HMP), ou encore à l’établissement public d’aménagement Euroméditerranée. Jusqu’à présent, la majorité marseillaise de gauche était écartée de la gouvernance de ces outils par l’ancienne direction de la Métropole, lorsque Martine Vassal la présidait.

Mais la nouvelle version « transpartisane » et « œcuménique » de l’intercommunalité semble aujourd’hui se concrétiser. Ce jeudi, le conseil métropolitain a désigné les élus qui intègrent les conseils d’administration de ces organismes. Et le signal est clair : les élus de la gauche marseillaise font leur grande entrée à la gouvernance de ces outils stratégiques pour piloter les politiques locales, en urbanisme, logement et mobilité.

Samia Ghali doit présider la RTM

Concernant la Régie des transports métropolitains, la gauche marseillaise s’accapare 11 des 17 sièges des élus métropolitains au conseil d’administration. Le six autres se partagent entre trois élus de gauche hors Marseille (André Molino, Gaby Charroux et Frédéric Vigouroux) et trois élus de droite et du centre (Jean-Pierre Serrus, Éric Chevalier et Romain Simmarano).

De quoi laisser le champ libre à Samia Ghali, maire adjointe de Marseille, pour assumer la présidence de la RTM, comme elle l’a déjà annoncé cette semaine. Son élection pourrait intervenir dans les prochaines semaines, et mettre fin au mandat de Catherine Pila, proche de Martine Vassal.

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Samia Ghali, maire adjointe de Benoît Payan.

Mais, entre les attentes très fortes des Marseillais pour les transports et les capacités réelles d’amélioration, la présidence de cette régie s’annonce comme un défi. D’autant que la Métropole se révèle être en pleine crise financière, et mise sur les transports pour faire des économies.

Le nouveau conseil d’administration de la RTM :

Les 11 élus du Printemps marseillais : Samia Ghali, Nicolas Hue, Marie Batoux, Julien Harounyan, Audrey Gatian, Julien Rossi, Josette Furace, Clara Jaboulay, Pierre Huguet, Amine Kessaci, Arnaud Drouot.

Les 3 élus de gauche hors Marseille : André Molino (maire PCF de Septèmes-les-Vallons), Gaby Charroux (maire communiste de Martigues) et Frédéric Vigouroux (maire divers gauche de Miramas).

Les 3 élus de centre et de droite : Jean-Pierre Serrus (maire divers centre de La Roque-d’Anthéron), Éric Chevalier (premier adjoint de la maire UDI d’Aix-en-Provence) et Romain Simmarano (conseiller municipal de Marseille, directeur de cabinet de Renaud Muselier).

Les membres du CA hors élus métropolitains :

  • Le conseil métropolitain a aussi désigné deux personnes extérieures pour siéger à la RTM. Là encore, il s’agit de personnalités politiques de la gauche marseillaise : Christian Pellicani, conseiller d’arrondissements (1-7) comme Vincent Kornprobst, élu dans les 4-5.
  • Pour représenter les usagers, la Métropole désigne Jean-Marc Maini, Ouahid Boustila et Olivier Couqueberg.
  • Valérie Guarino reste administratrice représentant le conseil départemental, et la chambre de commerce et d’industrie envoie Jean-Michel Lacaux.
  • Six représentants du personnel complètent le conseil d’administration de la RTM. 

Le Printemps marseillais en force à Provence Métropole Logement

Concernant l’office public de l’habitat (OPH) Provence Métropole Logement (ex HMP), présidé depuis six mois par l’élue de droite Solange Biaggi, la tendance est la même : la gauche marseillaise fait une entrée en force dans le conseil d’administration, en prenant six des sept sièges de titulaires.

On y trouve notamment Audrey Gatian, adjointe à l’urbanisme de Benoît Payan et Audrey Garino, adjointe au logement. Des profils en vue pour prendre la présidence du bailleur social ?

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Résidence les Cyclamens à La Soude. Crédit photo : HMP
Les membres du C.A. désignés par la Métropole :

Titulaires du Printemps marseillais : Audrey Garino, Tina Biard-Sansonetti, Audrey Gatian, Julien Rossi, Jean-Marc Signes, Pierre Huguet.

Titulaire hors Marseille : Martial Alvarez (maire divers centre de Port-Saint-Louis-du-Rhône)

Les six personnalités qualifiées : Romain Canicave, Candice Letourneur, Morgane Dutertre, Jean-Marie Angeli, Jean-Pierre Rolland, Hanifa Taguelmint.

Une représentante d’associations : Cecile Suffren pour HAS

La gauche devient majoritaire à Euroméditerranée ?

Quid de l’établissement public Euroméditerranée, qui dirige un programme de renouvellement urbain gigantesque au Nord de Marseille, présenté comme le plus grand d’Europe ? Une opération d’intérêt nationale que préside Isabelle Campagnola-Savon (Horizons), vice-présidente régionale de Renaud Muselier.

Les représentants des collectivités disposent de 9 sièges au conseil d’administration (2 pour la Région, 2 pour le Département, 2 pour la Métropole et 3 pour la Ville), aujourd’hui majoritairement acquis à la droite locale.

Mais la Métropole est en train de faire basculer cet équilibre. Le conseil métropolitain a désigné Anthony Krehmeier, maire socialiste des 2e et 3e arrondissements de Marseille, pour intégrer le conseil d’administration. Il porte l’équilibre à 4 élus de gauche face au même nombre pour la droite. Le président de la Métropole doit désigner directement son deuxième représentant. Ce dernier fera donc basculer la balance politique d’un côté ou de l’autre.

De quoi se projeter sur l’élection d’un nouveau président ? Le mandat d’Isabelle Campagnola-Savon est censé durer quatre ans, soit jusqu’en octobre 2029.

Vers une nouvelle gouvernance pour la Soleam ?

Nulle doute qu’un mouvement analogue devrait s’opérer pour la Soleam, société publique locale d’aménagement métropolitaine, où la gauche marseillaise devrait prendre une place plus importante dans les prochains mois. Cet outil stratégique a mené des opérations d’ampleur à Marseille, notamment la requalification de la Plaine.

Après diverses polémiques, l’aménageur semble traverser des difficultés conséquentes ces dernières années. Tant dans son pilotage – avec de nombreux mouvements à sa présidence et à sa direction générale – que financièrement, ou dans la concrétisation d’opérations. La société publique pourrait connaître une réorganisation profonde. À suivre.

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