Ce mercredi 8 avril, le Cepac Silo accueille la Nuit des Colibris, un concert solidaire. Sur scène, des enfants sourds joueront aux côtés de musiciens professionnels dans un dispositif unique.
Et si la musique ne se limitait pas à ce que l’on entend ? À Marseille, La Nuit des Colibris propose d’en faire l’expérience, sur scène comme dans la salle.
Ce mercredi 8 avril, le Cepac Silo accueille cette soirée solidaire initiée par le Rotary Club Marseille Saint-Victor, en partenariat avec le Collectif des Artistes Lyriques et Musiciens pour la Solidarité (CALMS). L’objectif est de soutenir le développement de l’Orchestre des Colibris, un dispositif né à Marseille qui permet à des enfants sourds de suivre un véritable parcours musical.
À l’origine du projet, un défi. « Tout comme le monde disait que c’était impossible », raconte Frank Girard, secrétaire général du CALMS. Le chef d’orchestre Frédéric Isoletta, dont l’enfant est sourd, développe alors une méthode pour lui apprendre la musique. Une initiative qui s’étend aujourd’hui aux conservatoires de plusieurs territoires, entre Marseille, Vitrolles et Berre-l’Étang.
Dans cette orchestre, chaque enfant sourd appareillé est accompagné d’un « jumeau » entendant ainsi que d’un musicien professionnel. Un trio qui permet à chacun de progresser dans un cadre structuré et bienveillant, tout en créant des liens forts. « Ça devient des copains… on oublie même qu’ils sont sourds », confie Frank Girard.
Un concert inclusif, sur scène comme dans la salle
Sur scène, l’Orchestre des Colibri sera accompagné d’un choeur de 80 enfants de l’école Notre-Dame du Sacré-Coeur de Marseille, préparé et dirigé par le musicien Michael Vemian, aux côtés de plusieurs artistes invités.
Parmi eux, le chanteur marseillais Grégory Bakian, qui rendra hommage à Charles Aznavour ou encore le violoncelliste Patrick Langot. La comédienne et autrice sourde, Rose Paynel, marraine de cette première édition, apportera également sa voix et son regard à cette soirée.
Mais l’ambition du projet dépasse largement la scène. La Nuit des Colibri se veut aussi une expérience inclusive pour le public. Traduction en langue des signes, dispositifs vibratoires, diffusion sonore directe dans les appareils auditifs via la technologie Auracast, prêt de casques : tout est pensé pour que les spectateurs sourds ou malentendants puissent eux aussi vivre pleinement le concert. « On a essayé de pousser le bouchon le plus loin possible », explique-t-il.
Pensé comme un moment festif autant qu’engagé, le concert pourrait bien devenir un rendez-vous régulier. « C’est une fête pour nous », insiste Frank, avec l’ambition de renouveler l’évènement chaque année et de continuer à développer de nouveaux orchestres en France.
Car au-delà de la performance artistique, le projet porte aussi une dimension sociale forte. Pour les enfants sourds, il s’agit de gagner en confiance et de sortir d’un parcours souvent médicalisé. Pour les enfants entendants, c’est une manière de changer de regard sur le handicap à travers une expérience partagée.