La cité des transitions et The Shift project ont organisé un débat avec les candidats aux municipales de Marseille autour des transitions écologiques. S’ils se réjouissent que tous les prétendants prennent en compte cette question, ils notent des nuances.

La transition écologique. Le sujet, brûlant pour beaucoup, peut parfois sembler relégué au second plan de la campagne des municipales à Marseille. Ou bien alors, diffus dans la communication politique et médiatique des candidats : ventilé parmi leurs grands projets d’urbanisme, d’aménagement du littoral, de transports ou de logement.

« On ne peut pas dire que ce soit le sujet qui domine dans les débats télé, ou les sorties médiatiques », déplore Marianne Mourini, responsable de la Cité des transitions de Marseille, qui réunit les acteurs locaux sur ce sujet.

Pour tenter de remettre l’écologie au centre du village, l’association, accompagnée par les citoyens experts de Shifters Marseille, a réussi à réunir sept des huit listes candidates à la mairie de Marseille, ce mardi 3 mars, pour un grand débat sur les transitions énergétiques et environnementales.

C’est déjà une petite victoire pour la question écologique, selon Marianne Mourini. « Nous sommes d’abord ravis qu’ils aient joué le jeu, et essayé d’apporter des réponses concrètes. Ils se sont tous approprié la transition, donc est-ce que la question progresse dans la politique ? », questionne-t-elle au sortir du débat.

écologie, Municipales 2026 | Un débat remet l’écologie au cœur de la campagne à Marseille, Made in Marseille
De gauche à droite : Samuel Ben-Hamou pour Franck Allisio (RN), Anne Claudius-Petit pour Martine Vassal (droite et centre), Frédéric Gourc pour Lutte ouvrière, Imrane Trocmé pour Sébastien Delogu (LFI), Gwenaël Richerolle représentant Benoît Payan (divers gauche), et Erwan Davoux (sans étiquette).

Tout le monde d’accord sur les îlots de fraicheur, la désartificialisation et la rénovation énergétique

Nous verrons sur les actes, mais dans les paroles, sur la première thématique abordée, l’aménagement de la ville, chaque candidat semble prendre en compte l’urgence d’opérer une transition. Ilots de fraîcheur et végétalisation pour affronter le réchauffement climatique, désartificialisation des sols pour la biodiversité et lutter contre les épisodes d’inondation… Les solutions font consensus.

Le débat a également posé la question énergétique et alimentaire, en lien avec les inégalités sociales et la précarité. Concernant le logement, par exemple, alors que « 28% sont des passoires thermiques à Marseille », que beaucoup de résidences se chauffent au gaz dont le prix a doublé depuis 2020, selon Charles Thierry de The Shift Project.

Ici aussi, tous les candidats s’accordent à vouloir rénover massivement les logements pour baisser la facture énergétique et le bilan carbone, avec des méthodes différentes.

Des nuances sur la représentation citoyenne et démocratique

Au final, la responsable de la Cité des transitions, Marianne Mourini, relève la plus grande différence sur la dernière thématique du débat : la représentation citoyenne et démocratique dans la gouvernance et les projets. « On sent qu’il y a des progrès à faire. On appelle de nos vœux à ce que la participation citoyenne soit un vrai sujet. Et que les élus de demain s’appuient sur les habitants et les acteurs de terrain, en leur permettant d’intensifier leur action ».

Sur cette question, Anne Claudius-Petit, candidate avec Martine Vassal (divers droite) répond vouloir « déléguer un maximum de compétences aux mairies de secteur. Qu’elles deviennent un guichet unique des citoyens ». Pour sa part, le représentant du RN, Samuel Ben-Hamou, mise sur des « managers de quartier. Des relais entre la commune et les citoyens ».

Sans surprise, de l’autre côté de l’échiquier politique, on envisage une démocratie plus directe. Imrane Trocmé, candidat LFI avec Sébastien Delogu opte, entre autres, pour la création de « comités de quartier et comités populaires pour mettre les élus à portée de baffes ». Sans oublier l’Assemblée citoyenne du futur, mise en place par le Printemps marseillais, « qui doit proposer directement des délibérations au conseil municipal ».

Gwenaël Richerolle défend d’ailleurs le bilan de la municipalité sortante avec cette assemblée, le Conseil des enfants ou encore les budgets participatifs. Et envisage d’aller plus loin dans la transparence, « le droit d’interpellation » des élus et la communication sur tous ces sujets.

Pour sa part, Erwan Davoux met en avant sa liste citoyenne « qui représente la diversité de Marseille, avec une seule élue sortante (Nora Presiozi, Ndlr) ». Il milite pour une grande transparence de la vie publique, veut s’appuyer « davantage sur le monde associatif » et les référendums locaux.

Point de rupture sur l’IA

Au sortir du débat, Marianne Mourini note toutefois un thème qui a scindé les candidats : l’intelligence artificielle et les data centers, et « leurs impacts très conséquents sur l’environnement, l’eau, l’énergie et l’artificialisation. C’est très révélateur de voir que pour certains c’est central et pour d’autres secondaires ».

En effet, certains insistent sur le développement des datas center et de l’intelligence artificielle à Marseille. Comme Samuel Ben-Hamou (RN), rêvant de faire de la ville « une petite Singapour ». À l’extrême gauche, on envisage un coup de frein avec un moratoire sur la question. Entre les deux, on retrouve diverses nuances.

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Pour Frédéric Gourc de Lutte Ouvrière, la plupart des problématiques évoquées sont la conséquence du système capitaliste et la réponse passer avant tout par la lutte des travailleurs.

Christine Juste, candidate de dernière minute avec la liste Marseille Écologie, est intervenue en toute fin de débat. Elle considère pour sa part représenter une politique de transition ambitieuse et note : « quels élus auront le courage de porter leurs projets ? ».

Avant que Jean-Marc Layet, professeur d’université et administrateur de la Cité des transitions, ne conclue la séance en avertissant les candidats : « Nous serons là après les élections, car les transitions écologiques dépassent les élections ».

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