Trois colistiers de Martine Vassal ont tenu une conférence de presse pour préciser le programme de la droite et du centre sur l’économie et l’attractivité du centre-ville. Sandra Blanchard, Corinne Innesti et André Bendano ont présenté une vision assumée : faire de l’économie un pilier central de l’action municipale.
Ce lundi 2 mars, dans le café du Palais de la Bourse, trois colistiers sur la liste de Martine Vassal (DVD), Sandra Blanchard, Corinne Innesti et André Bendano, ont tenu une conférence de presse sur le thème de l’économie et de l’attractivité. Au menu : redynamisation commerciale, Centre Bourse, fiscalité…
« La maire doit être la meilleure amie des entreprises »
Sandra Blanchard a donné le ton en défendant un changement profond de posture politique. Pour elle, la municipalité doit redevenir un partenaire actif des entrepreneurs, capable d’utiliser la fiscalité comme levier de développement. « Il faut dérouler le tapis rouge aux entreprises qui veulent créer des emplois à Marseille », a martelé l’avocate spécialisée en droit public.
Les TPE-PME, qui « représentent 95% du tissu économique du centre-ville, sont aujourd’hui fragilisées par une pression fiscale » jugée excessive, marquée par une « hausse globale des impôts estimée à 40% depuis 2020 » selon la candidate qui figure en 13e position sur la liste de Martine Vassal.
Elle propose ainsi de baisser la cotisation foncière des entreprises (CFE) et de les en exonérer la première année. Mais aussi de créer un fonds « Start Marseille » destiné à soutenir l’amorçage et l’innovation. L’objectif affiché : redonner de la capacité d’investissement et d’embauche aux entreprises locales.
Un guichet unique pour les commerçants
Pour répondre aux difficultés quotidiennes des commerçants, André Bendano, ancien président de la Chambre de métiers et de l’artisanat (en 6e position sur la liste), présente de son côté le projet de création d’une agence municipale dédiée au commerce. Pensée comme « un guichet unique », elle aurait pour mission de simplifier les démarches, d’accompagner les porteurs de projets et de proposer un interlocuteur identifiable en cas de difficulté.
Cette agence s’appuierait sur « un observatoire » du commerce chargé d’identifier les locaux vacants et d’orienter la politique de préemption. En ligne de mire : la volonté de restaurer « une vraie diversité commerciale » dans les rues du centre-ville et des noyaux villageois. « Fini les kebabs, barber shops et épiceries de nuit de partout », résume Sandra Blanchard, qui défend une stratégie favorisant les « boulangeries, boucheries, coiffeurs, popup stores » et les activités de proximité.
Faire du Centre Bourse un quartier économique, pas un centre commercial
C’est le projet phare défendu par André Bendano. Le Centre Bourse, aujourd’hui perçu « comme une friche commerciale de près de 30 000 m² » depuis le départ des Galeries Lafayette, doit devenir un quartier économique vivant et mixte. « Ce que nous allons construire, ce n’est pas un centre commercial », insiste-t-il.
Le projet repose sur trois piliers : une école supérieure de gastronomie méditerranéenne Jean-Baptiste Reboul avec son restaurant d’application ouvert au public, accueillant entre 600 et 800 étudiants, une école d’ingénieurs agronomes méditerranéens tournée vers l’agriculture de demain, le climat et l’innovation, avec environ 400 étudiants, et enfin les Halles de la Méditerranée, un marché couvert premium dédié aux producteurs locaux, qui vise « jusqu’à un million de visiteurs par an » précise André Bendano.
Un projet qui s’étendrait dans tout le Centre Bourse, pas seulement aux anciens espaces laissés vides après le départ des Galeries Lafayette. Même si à ce jour, aucune discussion n’a été entreprise avec la direction du centre commercial. « Attendons d’être aux manettes pour pouvoir discuter et rentrer vraiment dans le sujet. Dans la vie, quand on veut entreprendre et quand on veut créer, on rêve » réagit André Bendano.
Autour de ce grand pôle gastronomique, la liste Vassal prévoit également la valorisation du Jardin des Vestiges du musée d’Histoire de Marseille, et envisage par ailleurs de remettre en place une billetterie pour les visiteurs étrangers. « Le gratuit, ça veut dire payé par les contribuables, résume Sandra Blanchard à ce sujet. Si on peut le faire gratuit, bien évidemment qu’on le fera. Peut-être qu’on peut distinguer le gratuit pour les Marseillais, les ressortissants nationaux et européens et le payant pour les autres. Quand on a des Chinois ou des étrangers qui viennent, ce n’est pas illogique qu’ils payent un ticket d’entrée et que ce ne soit pas le contribuable marseillais qui paye ».
Gouvernance économique partagée
Corinne Innesti, présidente de la CPME 13 et 11e sur la liste, a défendu la création d’un Conseil de gouvernance économique réunissant l’ensemble des acteurs économiques : chambres consulaires, organisations patronales, associations de commerçants, économie sociale et solidaire, Ville et Métropole. Cette instance serait consultative et aurait pour rôle d’impulser les politiques économiques tout en mesurant leur impact à l’aide d’indicateurs précis.
L’ambition est de sortir d’une action publique fragmentée et de produire un « choc de confiance » pour les entreprises, afin de leur redonner envie d’investir et de rester à Marseille.
Pour Sandra Blanchard, cette stratégie illustre plus largement une rupture avec la gestion actuelle. « Sous la mandature de Benoît Payan, la masse salariale de la Ville a augmenté de 569 millions d’euros. Et en parallèle, on est une ville encore sous-équipée, donc il faut investir », dénonce-t-elle. Une hausse qu’elle attribue, outre le recrutement de policiers municipaux, en grande partie à l’internalisation de services publics, comme la remunicipalisation de la Buzine ou de la facturation de la cantine scolaire, dont elle questionne l’efficacité et la pertinence budgétaire. « Nous portons une autre vision de la ville, c’est une question de choix, comme les subventions à SOS Méditerranée », résume-t-elle.
Europe, attractivité internationale : le maire, premier ambassadeur de sa ville
Pour investir, la liste menée par Martine Vassal souhaite se doter d’une délégation dédiée pour aller « capter des fonds européens », capable d’accompagner les entreprises dans le montage de dossiers et de défendre directement les projets marseillais à Bruxelles. Comme annoncé récemment, l’ambition est d’aller chercher jusqu’à 7 milliards d’euros de fonds européens.
« Quand on dit qu’on va chercher 6 ou 7 milliards d’euros à l’Europe, ça ne coûte rien aux contribuables », insiste Sandra Blanchard. Et le coût se limiterait à l’embauche de « cinq agents en équivalent temps plein » compétents chargés de monter les dossiers et de défendre les projets. « C’est plutôt une dépense publique bien utilisée », estime-t-elle.
Cette approche s’inscrit dans une vision plus large du rôle du maire, appelé à devenir un véritable ambassadeur économique. « Quand la maire de Marseille part à Erevan ou à Los Angeles, elle doit revenir avec des contrats pour les entreprises de son territoire », affirme Sandra Blanchard. Pour elle, la ville doit être « le premier commercial » de son tissu économique, capable d’attirer investissements et partenariats internationaux, tout en utilisant les marges budgétaires dégagées pour encourager commerçants, artisans, professions libérales et restaurateurs. Une gouvernance inspirée du monde de l’entreprise, assumée comme un choix politique structurant.