Martigues se prépare à élire son maire lors des élections municipales les 15 et 22 mars 2026. Qui sont les candidats déclarés ? Quels sont les enjeux et le contexte politique ?
Martigues, ville de 48 000 habitants, se prépare à élire son maire les 15 et 22 mars 2026. À moins d’un mois du premier tour, cinq listes sont en concurrence. Dans cette commune dirigée par les communistes depuis 1946, le scrutin s »annonce particulièrement polarisé entre le maire sortant, Gaby Charroux, et le Rassemblement national.
Quatrième ville des Bouches-du-Rhône, Martigues pèsera également dans les équilibres de la Métropole d’Aix-Marseille-Provence, où la commune dispose de cinq sièges.
Lors des élections législatives de juillet 2024, la circonscription détenue par le Parti communiste depuis 1988 a basculé : Emmanuel Fouquart (RN) a été élu avec 50,48% des voix au second tour, face à Pierre Dharréville (PCF/Nouveau Front populaire), crédité de 49,52%. Un résultat serré qui nourrit l’idée d’un possible basculement municipal.
Gaby Charroux (PCF), candidat à sa réélection
Maire depuis 2009, Gaby Charroux (PCF), 83 ans, brigue un quatrième mandat. Il a présenté une liste de 42 noms, renouvelée à plus de 50%, articulée autour d’un projet centré sur la jeunesse, la santé, le logement, l’écologie et les services publics. Son programme s’organise autour d’un « bouclier martégal » visant à répondre aux urgences sociales et sanitaires.
Son bilan met en avant plusieurs réalisations : la piscine Avatica, le jardin de Ferrières, la rénovation de la maison Jourde ou encore le nouvel Office de tourisme et des loisirs. Pour le prochain mandat, il annonce vouloir faciliter l’accès des jeunes au sport et à la culture, renforcer l’offre de logements abordables, créer une brigade de police municipale dédiée au centre-ville et agir sur la gestion des déchets, compétence qu’il souhaite voir revenir à la commune.
En 2020, il avait été réélu dès le premier tour avec 61% des voix, avec un taux de participation de 43%. Sa candidature est toutefois entachée par une mise en examen en juillet 2025 pour favoritisme dans une affaire de corruption au sein de la Semivim, bailleur social de la ville.
Emmanuel Fouquart (RN), une dynamique nationale en appui
Le député de la 13e circonscription des Bouches-du-Rhône est aussi la tête de liste pour le Rassemblement national à Martigues, comme il y a six ans. Ancien militaire puis gendarme, Emmanuel Fouquart place la sécurité au cœur de son projet : augmentation des effectifs de police municipale, renforcement de la vidéoprotection et demande d’expulsion de familles de trafiquants condamnés des logements sociaux.
Élu d’opposition entre 2014 et 2024, il avait quitté le conseil municipal pour se consacrer à son mandat régional, qu’il exerce depuis 2015. Le RN bénéficie d’une dynamique locale depuis la victoire aux législatives de 2024, acquise à environ 200 voix d’écart. S’il est élu maire, Emmanuel Fouquart devra renoncer à son siège de député en raison de la législation sur le non-cumul.
Jean-Luc Di Maria (LR)
Le candidat Jean-Luc Di Maria, actuel élu d’opposition encarté chez Les Républicains, présente quant à lui une liste sans étiquette, après avoir tenté sa chance en 2014 et en 2020. La ligne portée par l’équipe d’« Un avenir pour Martigues » érige le thème de la sécurité comme priorité, devant la rigueur budgétaire et la propreté.
Le chef d’entreprise martégal promet notamment de doubler les effectifs de la police municipale sur le terrain, la création d’une brigade cynophile, ou le renforcement du Centre de surveillance urbain. Il souhaite également mettre fin à la « construction excessive » de logements sociaux. La ville en compte 34%, au-delà des 25% minimum obligatoires.
Parmi ses projets figurent une passerelle mobile pour piétons et cyclistes, un parking sur trois niveaux dans l’Île et une halle gourmande à Ferrières.
À gauche, deux autres listes s’affronteront
Frédéric Grimaud (LFI)
Porte-parole du Collectif Citoyen Martégal soutenu par La France insoumise, Frédéric Grimaud défend une alternative qu’il présente comme sociale, écologique et démocratique, fondée sur une construction de liste horizontale et participative. Professeur des écoles et docteur en sciences de l’éducation, il conduit un « quatuor de liste » aux côtés de Barbara Brouchos (sans étiquette), Jérôme Druilhe (EELV) et Ada Benouri (sans étiquette).
Sur le volet environnemental, la liste met en avant des évolutions concernant les mobilités et la gestion des déchets. Sur le plan institutionnel, elle propose un meilleur partage du pouvoir décisionnel, avec des orientations discutées en agora et arrêtées à l’issue de débats publics associant les habitants.
Le collectif assume par ailleurs une stratégie à double échelle, municipale et métropolitaine, estimant que certaines compétences, comme le ramassage des déchets, nécessitent une coopération renforcée avec la Métropole Aix-Marseille-Provence. Frédéric Grimaud indique qu’en cas de victoire, il n’exercerait qu’un seul mandat de maire.
Anne-Marie Sudry (GRS)
Après deux mandats en tant qu’adjointe dans la majorité sortante de Gaby Charroux, qu’elle a quittée en décembre 2025, Anne-Marie Sudry a choisi de présenter sa candidature à Martigues. La psychanalyste de métier, adhérente de la Gauche républicaine et socialiste (GRS), a pris la tête de la liste sans étiquette « Un nouveau souffle pour Martigues ».
Si son programme reste à préciser, celle-ci prône une écoute accrue de la colère des habitants et une gestion plus autonome des services publics. Elle a récemment été ralliée par Thierry Boissin, élu d’opposition, après qu’il se soit dissocié de son ancien allié Jean-Luc Di Maria (Divers droite).