L’exposition « Chagall, tout est couleur » investit le 21 bis Mirabeau. 65 lithographies du peintre franco-russe y sont exposées dans une scénographie colorée, après le succès des gravures de Picasso.
Après les 156 gravures de Picasso, l’Espace départemental 21 bis Mirabeau poursuit son exploration de l’estampe en accueillant désormais les lithographies de l’artiste franc-russe Marc Chagall.
L’exposition « Chagall, tout est couleur » se tient jusqu’au 29 mars 2026 dans ce lieu culturel aixois, en entrée libre et gratuite, avec une visite guidée organisée chaque semaine.
2820 visiteurs sont déjà venus découvrir les oeuvres au cours des trois premiers jours d’ouverture, un record pour ce petit espace. À titre de comparaison, l’exposition Picasso avait accueilli au total 21 000 personnes.
Un parcours en cinq étapes, entre textes et couleurs
Près de 80 œuvres constituent le nouveau parcours, dont 65 lithographies, toutes issues des collections de la Galerie de l’Institut, spécialiste du médium. Structurée en cinq étapes thématiques, l’exposition plonge le visiteur dans un univers à la fois littéraire et chromatique.
« Picasso, c’était une gravure pour une gravure. En revanche, ici, toutes les lithographies ont un objectif : illustrer un livre », explique Caroline Lemoine, commissaire de l’exposition. En effet, chaque série de lithographies illustre une œuvre littéraire.
L’exposition présente notamment l’intégralité des 42 planches de Daphnis et Chloé, une première. Ensuite, le visiteur peut découvrir L’Exode, L’Odyssée, La Tempête de Shakespeare et un espace dédié aux lithographies d’autres artistes tels que Dubuffet.
Chaque salle adopte une couleur spécifique qui amplifie l’impact des œuvres. « La couleur des murs plonge le public dans l’univers de l’artiste », souligne Caroline Lemoine, du jaune-vert pastoral jusqu’au bleu électrique.
« Le lien entre l’artiste et l’artisan a fait évoluer la lithographie »
Marc Chagall a travaillé à l’atelier Mourlot à Paris, un haut lieu de la lithographie où sont passés Picasso et d’autres grands artistes du XXᵉ siècle. Chaque artiste collaborait avec un artisan dédié. Il a ainsi travaillé avec Charles Sorlier pour traduire sa propre vision chromatique.
Chaque couleur exige une pierre distincte, et certaines œuvres en comptent jusqu’à 25. La superposition demande une précision extrême. « Chagall était très exigeant », rappelle Caroline Lemoine. « Si une couleur ne convenait pas, tout était déchiré et recommencé. »
Quelques hommages discrets à Sorlier subsistent à travers la dédicace « à Charles » en bas de certaines œuvres.
Des thèmes chers à Chagall
Au-delà de la technique, l’exposition fait résonner les thèmes chers à Chagall : le cirque, les couples amoureux, les musiciens, les fleurs, mais aussi la culture juive et les souvenirs d’enfance.
« Il a tout pris, les cultures grecque, biblique, shakespearienne… il les a réinterprétées et mises sur le même pied d’égalité », commente la commissaire. Le résultat est un langage poétique et sensible.