Élue à la présidence du réseau Femmes Chefs d’Entreprises (FCE) Marseille début janvier, Florence Bliek-Veidig souhaite impulser une nouvelle dynamique et pousser ses adhérentes à s’engager dans les instances judiciaires comme le tribunal des activités économiques de Marseille.
Avocate depuis 27 ans au barreau de Marseille, Florence Bliek-Veidig a lancé son cabinet de droit des affaires et de l’immobilier. Cette dernière est investie depuis 10 ans au sein de l’association Femmes Chefs d’Entreprises (FCE) Marseille, un réseau national et local pour féminiser les rangs des instances de décisions, comme les tribunaux et les conseils d’administrations.
Forte de cette expérience, Florence Bliek-Veidig a été élue présidente de FCE Marseille, fondé en 1950, pour succéder à Lucile Tissot-Lays, cheffe d’entreprise, en poste depuis début 2024.
Au cours de ses deux ans de mandature, l’avocate marseillaise souhaite améliorer la visibilité du réseau, mais aussi pousser les adhérentes à s’investir davantage dans les mandats. Entretien.
Made in Marseille : Pouvez-vous revenir sur votre parcours ?
Florence Bliek-Veidig : Je suis avocate au barreau de Marseille depuis 27 ans. J’exerce pour ma société Logos Avocats avec une associée. Pour ma part, je suis spécialisée en droit des affaires et mon associée en droit de l’immobilier. Nous sommes également médiatrices toutes les deux depuis 2019. La médiation est un mode amiable de règlement des conflits afin d’éviter le contentieux, et donc de désengorger les tribunaux. L’intérêt de la médiation, c’est que les parties construisent ensemble une solution.
Vous êtes donc déjà bien occupée. Pourquoi avez-vous souhaité candidater à la présidence de FCE ?
F. B-V : L’ancienne présidente, Lucile Tissot-Lays, qui a achevé son mandat le 31 décembre, avait anticipé son départ et m’a proposé de prendre sa succession. Je suis dans la délégation depuis sa renaissance, il y a 10 ans, puisque la délégation de Marseille a eu un moment de flottement. C’est une association pour laquelle je donne de mon temps depuis des années. C’est donc naturellement, je pense, que l’on a proposé ma candidature parce que j’avais une ancienneté et un certain engagement.
Comment s’est déroulée la passation avec l’ancienne présidente ?
F. B-V : Pour le fonctionnement courant du réseau, cela fait plusieurs semaines que nous sommes dans un partage d’informations très complet et sincère. Lucile a rendu les choses extrêmement faciles. Elle m’associe depuis des semaines aux questionnements, aux demandes de renseignements et aux nouvelles personnes qui souhaiteraient être adhérentes.
Quelles sont donc vos ambitions pour le réseau ?
F. B-V : Elles sont d’abord d’accélérer la visibilité de la délégation de Marseille, et donc du réseau en général, pour devenir un acteur économique incontournable. Je souhaite aussi permettre à nos adhérentes de prendre des mandats, puisque c’est l’ADN de FCE, comme être juge au conseil des prud’hommes ou faire partie du conseil d’administration de l’URSSAF. C’est porter notre voix dans la vie civile.
Aujourd’hui, la parité est-elle suffisante dans ces institutions ?
F. B-V : Elle n’existe pas au tribunal des activités économiques de Marseille par exemple. Il n’y a pas de parité des magistrats. Dans les conseils d’administration, comme l’URSSAF et autres, je pense que l’on est en train d’arriver à la parité.
Est-ce que les femmes ne souffrent pas encore, à tort, d’une forme de crise de légitimité ?
F. B-V : Oui, c’est exactement ça. Et c’est justement par le travail du réseau FCE au niveau des instances, des événements, des organisations en tous genres, que les adhérentes vont comprendre que leur place va au-delà de leur entreprise. Parce qu’elles sont portées par une association qui les soutient. L’objectif, c’est aussi d’organiser en interne des formations et des relais d’information pour que les adhérentes ne se sentent pas, justement, illégitimes. Les hommes eux ne se posent pas forcément ces questions…
Pourquoi ça vous tient à cœur de féminiser les bancs du tribunal des activités économiques ou du conseil des Prud’hommes ?
F. B-V : Parce que c’est l’application de la loi. L’application de la Constitution prône l’égalité entre tous. Donc c’est l’égalité face aux fonctions, c’est l’égalité face à la possibilité d’exercer une activité professionnelle, une activité économique, une activité syndicale, une activité représentative… Mon premier combat, c’est donc l’application de la loi. Je suis avocate, c’est ce qui m’anime. On n’est pas dans le militantisme en disant ça. C’est ce que j’ai rappelé lors de mon discours de passation.