Avec une nouvelle gouvernance depuis fin 2024, le club de l’US Endoume veut renouer avec ses supporters et les habitants. Son président, Mathias Petricoul, dessine ses ambitions.
Le maillot rayé rouge et noir aurait pu être aussi emblématique que le bleu et blanc dans la cité phocéenne. Pourtant, l’US Endoume et l’Olympique de Marseille n’ont pas connu les mêmes trajectoires.
Fondé en 1925, ce club de football amateur, qui a fusionné avec le FC Catalans en 1979, est allé jusqu’en Nationale 1 (3e division) avec l’entraîneur Léon Galli. Des temps forts ont marqué son histoire comme l’élimination de l’AS Cannes lors des 32e de finale de la Coupe de France en 1988, puis un match décisif perdu contre Grenoble en 1991 au stade Vélodrome lorsque le club a manqué sa montée en deuxième division.
Ces souvenirs sont souvent repostés sur les réseaux sociaux du club pour rappeler son héritage vibrant du sud de Marseille. « À sa plus belle époque, des milliers de supporters se déplaçaient pour les matchs. Il y avait une communion très, très forte entre tout un quartier et le club », se souvient Mathias Petricoul, élu président en novembre 2024 pour trois ans.
Mais « tout ceci s’est un peu perdu à travers le temps, notamment depuis le Covid, souligne le dirigeant qui a repris un club « en déshérence » et « sans ligne directrice » après une longue année de passation avec Patrick Michelucci, président pendant dix ans.
Une nouvelle gouvernance
Ce Marseillais, ancien avocat en droit des affaires et actuellement à la tête d’un groupe d’investissement en immobilier, entend donc « réveiller le club » en impulsant « une nouvelle ambition tout en s’appuyant sur le passé » qu’il a bien connu lorsqu’il était enfant.
Biberonné au football depuis l’âge de quatre ans, Mathias Petricoul a d’ailleurs été élevé par son beau-père, Jacques Bistagne, président de la Ligue Méditerranée de 1998 à 2001.
Pour relever l’association, le président de 47 ans a constitué une nouvelle gouvernance avec des « gens de confiance issus pour la plupart du quartier ». À commencer par Guillaume Le Jeune, trésorier de la structure, et fin connaisseur du monde associatif en tant que responsable du Phare, incubateur de start-up de CMA CGM.
Puis le dirigeant a fait appel à Cyril Bernard, un ami de longue date pour devenir son secrétaire général, en charge de l’administratif du club. Il a ensuite nommé son vice-président, Jean-Baptiste Barbaresi, cadre dans les assurances dont l’oncle, Daniel Barbaresi, a été « un monument du club » pendant 44 ans comme joueur et conseiller du président.
Restructurer le club
Depuis un an, cette nouvelle équipe a d’abord restructuré la situation financière « catastrophique » du club et épuré les dettes de l’association. Elle a aussi repensé l’organisation et recruté plusieurs éducateurs pour encadrer les minots.
Les dirigeants affichent, en parallèle, une nouvelle ambition sportive pour l’US Endoume. Sur le papier, l’objectif est d’atteindre « les plus hauts niveaux régionaux » pour l’équipe des jeunes et de « retrouver le niveau national que le club avait au début des années 2020 » pour l’équipe senior masculine.
Mathias Petricoul, engagé pour faire reconnaître le football féminin au même titre que le football masculin, souhaite également inscrire sa nouvelle équipe féminine en compétition en 2026, pour atteindre un niveau régional dans les cinq ans à venir.
L’inclusion chevillée au corps
Pour constituer cette équipe prometteuse de 25 joueuses, le président s’est accompagné de Sylvie Abulius, ancienne joueuse de football et fondatrice de MUST Marseille, association qui favorise l’inclusion gay et lesbien par le sport.
L’US Endoume détient également la seule équipe de cécifoot de la région, en partenariat avec l’Union nationale des aveugles et les déficients visuels (UNADEV). « On veut proposer la pratique du football à toutes et à tous », martèle Mathias Petricoul.
Sa nouvelle garde rapprochée a aussi mis en place « un système d’aide aux devoirs avant ou après les entraînements le mercredi pour rattraper le retard scolaire des petits », afin de reconstruire un lien effiloché avec les familles du quartier.
Intégration dans le quartier
Renouer avec ces traditions, lorsque les Endoumois passaient boire un café à la buvette et regarder les matchs en semaine et le week-end, est une priorité pour l’US Endoume. Début 2025, le club a donc organisé des événements comme une grande fête pour les 100 ans du club et un marché de Noël pour les enfants.
Ce lien se retisse aussi avec une communauté de supporters impliqués, les Ultra 1925, fondés il y a trois mois. S’ils ne sont encore qu’une poignée, les jeunes de 10 à 17 ans se sont déchaînés lors du dernier match contre Ramatuelle, le 7 décembre.
Leurs cris, résonnaient en rythme avec le tambour et les pétards jusqu’à la Bonne Mère qui surplombe le stade Francis Di Giovanni, illustre président de l’US Endoume de 1972 jusqu’à sa mort en 1998, dont le cercueil est resté trois jours au sein du club.
Vu d’en haut, ce stade, ceinturé par les tours d’habitations, est un des points de vue mythiques de la ville avec la mer et les Îles du Frioul en arrière-plan. La nouvelle direction parviendra-t-elle à faire revenir l’US Endoume au premier plan ?