Aménagement de nouveaux espaces, ouverture d’un second lieu de restauration, accueil d’artistes et de chercheurs… la Citadelle de Marseille poursuit sa mue à l’aube d’une saison 2025 « ambitieuse ».
Depuis son ouverture au public le 4 mai 2024, après 360 ans de fermeture, le fort d’Entrecasteaux, rebaptisé La Citadelle, a commencé à dévoiler ses secrets.
Au cours de cette première saison 2024, environ 200 000 visiteurs ont gravi les marches de la montée du Souvenir Français pour aller explorer ses jardins, admirer la vue, pique-niquer face à la mer ou boire un verre à la « Guinguette du fort ».
Le site a également accueilli 80 événements, réunissant plus de 50 000 spectateurs, ainsi que 10 000 participants aux visites guidées et aux différents ateliers organisés.
Alors que la saison estivale est sur le point de débuter à partir du 5 avril, avec une ouverture étendue à 22h le soir, l’équipe de la Citadelle a dévoilé ce mardi les nouveautés qui attendent les visiteurs dans ce bijou patrimonial, qualifié de « bastion culturel ».

Une nouvelle promenade avec vue
Si de nombreux espaces ont déjà ouvert au public l’an dernier, les chantiers battent leur plein en ce début de printemps. Pour rénover le bâti, aménager des promenades et offrir de nouveaux points de vue.
Car la Citadelle de Marseille, c’est avant tout un projet de restauration porté par le Groupe SOS et rendu possible par l’association Acta Vista et son organisme Bao Formation. Les structures œuvrent pour l’inclusion sociale et professionnelle des personnes en situation de fragilité.
En ce mardi 25 mars, les ouvriers s’activent sous un ciel bleu retrouvé pour livrer en juin la « courtine nord » le long des grands escaliers à l’entrée du fort. Ce nouvel espace offrira une vue imprenable sur le port.
À quelques pas de là, le jardin arboré qui longe les remparts est aussi en chantier. Le chemin qui le traverse va se transformer en escalier le mois prochain afin de faciliter la promenade. Quelques bancs doivent aussi prendre place en bordure des pelouses, du côté des tables de pique-nique.
Un second espace de restauration
Un peu plus bas, face au bassin du Carénage, le « magasin à salpêtre », ancien lieu historique de stockage destiné à la poudre à canon, se prépare quant à lui à accueillir un second espace de restauration.
C’est l’enseigne Maison Charlie, installée au Panier, qui investira ce lieu tourné vers le Vieux-Port pour proposer tous les jours des gourmandises sucrées aux visiteurs de la Citadelle. Le restaurant marseillais reprend également la guinguette nichée au pied du moulin avec une carte salée enrichie de salades, wraps et sandwiches pour satisfaire les promeneurs pendant la pause déjeuner.
Quant aux espaces intérieurs, ce sont 150 m2 de salles qui viennent d’être remises à neuf afin de pouvoir organiser des ateliers, des expositions ou des conférences. Un autre lieu a également vu le jour à l’hiver 2024 et accueille depuis ses premiers co-workers.
Les aménagements du fort doivent se poursuivre sous la houlette de l’architecte référent Philippe Matonti. D’ici 2027, le bastion Vendôme va se transformer en salle polyvalente, tandis qu’un amphithéâtre extérieur va prendre place dans le bastion Saint-Victor. Une promenade doit aussi voir le jour au niveau du « Tour de garde », sur la seconde ceinture de rempart.
Un agenda culturel riche en 2025
Alors que la Citadelle ne pouvait accueillir que 500 personnes à la fois pour des raisons de sécurité, la jauge du site va passer à « 1 500 visiteurs » en 2026. Et ce, grâce à la création d’une nouvelle issue de secours, nous indique Mathilde Rubinstein, directrice déléguée de la Citadelle.
De quoi ouvrir des perspectives pour le fort qui continuera d’accueillir de nombreux événements cette année, comme le Off de Marsatac, le festival Jazz des Cinq Continents et la Fête de la Musique. Mais aussi des soirées festives organisées par les collectifs Jardins Suspendus, Borderline et Kumquat. Le Salon du livre métropolitain devrait également signer son retour dans les murs de l’ancien site militaire.
Visites guidées, jeux de piste pour les enfants, théâtre déambulé… Les opportunités de découvrir la Citadelle de manière originale ne manqueront pas non plus cette année. Par ailleurs, un nouveau partenariat avec le château d’If ouvre la voie à des tarifs réduits pour une visite couplée des deux monuments.
Les résidences d’artistes et de recherche prennent aussi leurs quartiers dans les salles du fort, au fur et à mesure de leur restauration, avec des projets portés à l’échelle européenne.
Un projet à 168 millions d’euros
« Le budget d’investissement nécessaire pour la restauration totale du site est estimé à 168 millions d’euros, précise Mathilde Rubinstein. Pour l’instant, 10% de cette somme a été engagée et on estime à 25% le bâti couvert qui aura été restauré d’ici la fin d’année ».
Pour mener à bien ce projet colossal, La Citadelle peut compter sur l’appui de l’État, son principal partenaire. Mais aussi de la Ville, de la Métropole et du Département. La Région Sud, qui n’a pas répondu à nos sollicitations dans le délai imparti, aurait en revanche décidé de se désengager.
« Cela signifie 300 000 euros d’investissement en moins par an pour la restauration de ce monument classé, s’inquiète l’association. On espère que la Région décidera de revenir car on porte des sujets qui lui sont chers ».
La mise en accès total du site, prévue pour 2030, pourrait être impactée par ce coup de rabot. Mais Mathilde Rubinstein se dit prête à aller chercher des appuis financiers ailleurs, notamment dans le privé, à l’instar de la Fondation CMA CGM, déjà partenaire du projet. Pour l’instant, la directrice déléguée préfère garder le sourire. « Le site peaufine sa robe de mariée », lance-t-elle en promettant « une saison 2025 ambitieuse ».