Sodexo doit remporter le principal lot du marché public des cantines de Marseille. Mais le cahier des charges évolue pour le géant de la restauration collective qui nourrit les petits Marseillais depuis les années 1990.
C’est « le plus gros marché public de restauration collective d’Europe », expliquait le maire de Marseille Benoît Payan, à la dernière rentrée des classes, évoquant le contrat de Sodexo pour les cantines marseillaises. « Notre priorité est d’évoluer vers autre chose qu’un monopole », lançait-il, alors que la délégation de service public (DSP) du groupe touche à sa fin cette année.
Mais le géant mondial de la restauration collective devrait rester aux manettes et produire 46 500 repas scolaires sur les 55 000 réalisés chaque jour pour les écoliers de la ville. Une information de BFM Marseille ce lundi 24 février matin.
Selon nos confrères, Sodexo a ainsi remporté la majeure partie du nouveau marché public qui prendra effet en septembre prochain. Deux autres lots, plus modestes, représentent 3 250 et 3 000 repas.
De quoi pousser la municipalité à réagir le jour même, alors que la fin du monopole pour les cantines était une promesse de campagne, et que la mairie souhaite remunicipaliser progressivement la production des repas des écoliers à partir de 2028.
« Deux fois plus de bio » dans les assiettes
Sans pouvoir confirmer officiellement le lauréat pour des raisons juridiques, l’adjoint au maire en charge des cantines, Pierre Huguet (Génération.s) précise que ce nouveau contrat sera signé « pour trois ans, reconductible un an ».
La première adjointe en charge de la Santé, Michèle Rubirola, défend le nouveau cahier des charges alimentaire. « La santé c’est avant tout dans l’assiette », lance-t-elle en précisant s’appuyer sur le travail d’une diététicienne. Et la mise en place d’une « commission menu avec un comité scientifique ».
Dans les faits, la future restauration scolaire prévoit, entre autres, « deux fois plus de bio (50% contre 27% auparavant) avec 60% de viande et poissons bio. La suppression complète des nitrites, et l’augmentation de produits bruts », au détriment de produits transformés. Les enfants pourront également profiter de six repas végétariens par mois, contre quatre actuellement.
Cette hausse de l’exigence de qualité alimentaire des cantines, amorcée depuis quelques années, a fait tripler la facture pour la mairie, « de 5 millions d’euros en 2020 à 15 millions en 2024 », précise Pierre Huguet.
Une transition vers la remunicipalisation des cantines « d’ici 10 à 12 ans »
L’adjoint en charge des cantines défend quant-à-lui ce nouveau contrat sur la forme. En effet, il met fin à une délégation de service public (DSP) au profit d’un marché public par lots.
Ce dernier doit permettre de reprendre la main, ou « réinternaliser » des compétences de la restauration scolaire, auparavant déléguées à Sodexo. « Comme la maintenance, l’éducation à l’alimentation, l’informatique, la facturation… ». Sur ce dernier point, d’ailleurs, l’adjoint promet « un coût identique pour les parents à la rentrée prochaine ».
Ces marchés doivent prendre fin en septembre 2028. Date à laquelle l’élu prévoit de lancer « les deux premières unités de production municipales », déjà dans les tuyaux. Il s’agit donc pour lui d’un marché de transition, puisque la Ville envisage de créer entre 10 et 15 cuisines de proximité sur la commune d’ici « 10 à 12 ans », au profit de l’immense cuisine centrale de Pont-de-Vivaux. À suivre.