Dans le cadre d’un plan d’actions adopté par le Parc des calanques pour enrayer sa surfréquentation et protéger la biodiversité, le mouillage des bateaux sera interdit dès cet été au niveau d’En-Vau et Port-Pin. D’autres mesures suivront d’ici 2023, comme les interdictions de stationnement dans certaines zones.

En proie à une surfréquentation grandissante, accentuée avec la crise sanitaire, le Parc national des calanques a accueilli trois millions de visiteurs l’année dernière. « Nous avons eu une fréquentation estivale débridée, avec des bonnes pratiques complètement oubliées », nous confiait le président du Parc national des calanques, Didier Réault.

À l’occasion d’un conseil d’administration ce mercredi 17 mars, la direction du Parc a adopté une nouvelle stratégie et un plan d’actions 2021 « sur l’enjeu d’hyperfréquentation du territoire ».

Un plan anti-mouillage mis en place d’ici 2023

Parmi les mesures annoncées, l’interdiction du mouillage des bateaux dans les calanques d’En-Vau et de Port-Pin dès cet été. « Nous les avons choisies car elles sont des calanques emblématiques du Parc national. Si les plaisanciers font preuve d’un bon comportement, il n’y a aucune raison que le mouillage soit interdit autre part », précise Didier Réault sur le sujet.

Ce plan “anti-mouillage” s’inscrit dans la stratégie de gestion des mouillages en Méditerranée, imaginé par la Préfecture maritime. « Le Préfet n’a pas encore signé l’arrêté de mouillage pour l’ensemble des Bouches-du-Rhône mais ça ne saurait tarder », poursuit-t-il.

Une fois signé, ce plan prévoit aussi une surveillance et une sensibilisation renforcées auprès des plaisanciers. Il sera entièrement déployé au sein du Parc d’ici 2023 et appuyé parallèlement par le projet Prométhée-Med, annoncé jeudi 18 mars par le directeur du Parc François Bland. Ce dernier entend limiter l’accès aux plaisanciers, mais aussi protéger l’herbier de posidonie, détruit par les ancres des bateaux chaque année. Grâce à sa capacité de stockage du carbone allant jusqu’à 1500 tonnes par hectares, cette plante est un atout de taille dans la lutte contre le réchauffement climatique.

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Communication en temps réel, interdiction de stationnement…

Autre mesure de ce plan d’actions : l’interdiction de débarquement des kayaks sur les corniches naturelles du Parc, faites d’algues calcaires de couleur rouge appelées “lithophyllum”, aussi nécessaires à la biodiversité.

Le Parc a également mentionné l’expérimentation d’une communication en temps réel sur certains sites comme Sormiou et Morgiou pour réguler le nombre de visiteurs, avec la mise en place de compteurs aux entrées et sorties des parkings.

« La nature, ça se mérite. L’accès immédiat aux calanques ne peut plus se faire en voiture », insiste Didier Réault. Le plan prévoit donc également de réduire la possibilité de stationnement dans le parc. Comme sur le Cap Croisette, propriété privée où une barrière bloque l’accès aux véhicules depuis la semaine dernière. D’autres sites suivront, « une réflexion est menée sur Sormiou, autre propriété privée. Si on veut continuer à avoir des espaces naturels préservés, il va falloir inciter les visiteurs à laisser leur voiture un peu plus loin pour créer un sas de décompression », continue le président.

Une campagne de démarketing pour travailler sur « l’expérience réelle du visiteur »

Enfin, la direction du Parc amorce une opération de démarketing afin de dissuader les visiteurs de venir en trop grand nombre chaque année. L’objectif est de travailler sur « l’expérience réelle du visiteur, ce qu’il va trouver au moment de sa visite et pas ce qu’il attend après avoir vu des images des calanques immaculées postées sur Instagram ».

« Ce n’est pas forcément la réalité. En plein juillet, on peut se retrouver sur une plage bondée. Ce n’est pas un parc d’attraction, on ne fume pas, on n’emmène pas son enceinte connectée… Et surtout, ce n’est pas le nouveau rooftop de Marseille », conclut le président du Parc national des calanques.

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