Depuis le début du mois de décembre, les infirmiers de l’Education Nationale sont mobilisés pour assurer le dépistage des personnels des établissements scolaires du département. Un dispositif permettant d’éviter la propagation épidémique et de compléter les données au niveau national. Reportage au lycée Victor Hugo, à Marseille.

Habituellement à 10h, les élèves et étudiants du lycée Victor Hugo (3e) se regroupent en nombre devant les grilles, dans la cour principale et dans les couloirs. Une scène plus vraiment d’actualité, puisqu’ils sont chaque jour moitié moins à se rendre au sein de leur établissement, suivant le dispositif sanitaire établi que nous détaille la proviseure, Isabelle Lagadec. « Nous avons eu une hausse de cas positifs après les vacances de la Toussaint ; nous suivons la courbe nationale, quand il y a une hausse, nous l’avons aussi. C’est pourquoi, suivant le protocole, les cas contacts restent chez eux pour la tenue des cours, les élèves de 2nde viennent en demi-groupes et ceux de 1ère et Terminales alternent en présentiel, 1 jour sur 2 ».

Une organisation rodée, complétée en ce mardi 15 décembre par une opération de dépistage auprès des personnels de l’établissement. « Depuis le début de l’épidémie, nos équipes et les syndicats demandaient à ce que l’Education nationale mette en place les tests, continue la proviseure. En effet, les écoles, collèges et lycées sont des lieux où il y a beaucoup de brassage, c’était une vraie demande ».

Organisation du dispositif

Et le rendez-vous a mobilisé pas moins de 62 membres du lycée Victor Hugo, inscrits au préalable sur une plateforme. « Je voulais me faire tester avant de retrouver ma famille pour les vacances, ça tombait bien, confie Lila, secrétaire. Nous avons été informés par mail il y a plusieurs jours et le journal hebdomadaire du lycée, le VH, notifiait aussi les dates. Il y a eu une bonne organisation qui nous a permis de nous inscrire, et c’est surtout pratique et moins stressant de pouvoir le faire sur son lieu de travail ».

Au fond de la cour, la salle polyvalente s’est pour l’occasion muée en laboratoire, dans lequel sept infirmières scolaires de différentes structures de la ville se tenaient prêtes à recevoir les volontaires. A l’accueil, l’une reçoit les volontaires et leur fait remplir un formulaire relatif aux données personnelles, délivré par le Ministère des Solidarités et de la Santé, lequel est par la suite retranscrit sur le site de l’Assistance Publique – Hôpitaux de Paris (AP-HP), en lien avec l’ARS, par deux autres infirmières.

, Les infirmiers scolaires mobilisés pour dépister le personnel des établissements marseillais, Made in Marseille

Blouses blanches, masques et visières des infirmières, écouvillons et box individuels attendent ensuite les volontaires pour le prélèvement. En tout, 10 minutes suffisent pour assurer l’opération, alors que les résultats ne mettent pas plus de 15 minutes à arriver.

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Des tests élargis aux élèves ?

Leur action de terrain avait officiellement débuté le vendredi 27 novembre, alors que le service de santé et de secours médical des sapeurs-pompiers avait assuré la formation des infirmiers de l’Académie Aix-Marseille sur la réalisation des tests antigéniques. Depuis, quatre équipes de sept personnes tournent dans le département ; chacune se rend dans deux établissements par semaine jusqu’aux vacances de fin d’année, avant de reprendre à la rentrée.

« Nous avons été formés au lycée de Marseilleveyre, indique Caroline, infirmière aux collèges Pasteur et Gyptis, dans le 9e arrondissement marseillais. Ce dispositif a mis du temps à être mis en place, cela aurait été certainement plus pertinent de le déployer plus tôt. Et ils restent des tests très spécifiques et moins sensibles, certains cas sont difficiles à détecter. Nous avons aussi constaté lors de nos déplacements que des élèves auraient voulu être testés, cela arrivera peut-être dans un second temps ».

Une nouvelle étape qui n’arriverait pas avant le début de l’année 2021, tout comme les campagnes de vaccination, comme nous le confie une autre infirmière. « Nous avons des perspectives pour la rentrée, l’ARS et la Région envisagent de déployer des équipes pour tester aussi les élèves ; il y a cependant une problématique concernant les mineurs qui doivent avoir l’autorisation de leurs parents. Nous sommes au courant de l’évolution de nos missions semaine après semaine. Nous continuerons jusqu’en février et attendons les directives ».

Ces dernières sont dictées par l’Education Nationale qui annonçait le 12 novembre dernier, par le biais du ministre Jean-Michel Blanquer, le déploiement de 1,2 million de tests antigéniques dans les établissements scolaires pour les personnels. Les équipes médicales sont aujourd’hui en attente sur les prochaines actions de terrain à mener, l’article 4 du Plan ministériel de prévention et de gestion Covid-19 mentionnant : « Les mesures adoptées par le ministère de l’Éducation nationale et de la Jeunesse ont vocation à être réévaluées en fonction de l’évolution de la situation ».

Une mobilisation massive sur le territoire

Les tests antigéniques, plus rapides pour déceler la maladie, ont essaimé sur le territoire ces dernières semaines, grâce à la mobilisation des collectivités. Car, sur le front contre l’épidémie de Covid-19, chaque institution est en ordre de marche. Le 8 décembre, le Département des Bouches-du-Rhône, la Métropole Aix-Marseille-Provence et le service départemental d’incendie et de secours (Sdis 13) présentaient leur dispositif mobile permettant d’effectuer plus de 30 000 tests sur l’ensemble du territoire avec le Laboratoire Départemental d’Analyses des Bouches-du-Rhône (LDA 13).

Deux jours plus tard, la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur remettait à l’Ordre régional des pharmaciens 100 000 tests antigéniques, répartis auprès de 1 850 pharmacies. De leur côté, les marins-pompiers de Marseille traquent depuis plusieurs mois l’évolution de l’épidémie de Covid-19 en analysant les eaux usées suivant une technique unique en France.

Autant de procédés concrets qui devraient continuer de s’étendre ces prochains mois, qui plus est avec l’arrivée des premiers vaccins dans l’Hexagone.

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