À Marseille, le week-end a été marqué par différentes rencontres entre le Premier ministre et les élus locaux. Pour cette première venue dans la cité phocéenne, Jean Castex a rencontré la maire Michèle Rubirola et a visité l’Hôpital Nord, en présence d’Olivier Véran, ministre de la Santé. Une journée également ponctuée par la signature du contrat Etat-Région, avec Renaud Muselier.

L’invitation date de cet été. Le lundi 27 juillet, en conseil municipal, Michèle Rubirola invitait Jean Castex à venir la rencontrer à Marseille. « En ces temps de crise sanitaire, les grandes villes sont les locomotives. Monsieur le Premier ministre, venez à Marseille ! Je vous y invite et vous verrez la force de notre ville. À chaque fois que l’État a mis la main à la poche, Marseille a été gagnante ».

Quelques semaines plus tard, après différents épisodes de tension entre Marseille et Paris, liés à la gestion de la crise sanitaire, des appels à l’aide, principalement sur la question de l’hôpital public, Jean Castex, a – enfin – fait le déplacement dans la cité phocéenne, samedi 24 octobre. Une première visite marquée de plusieurs temps forts.

Le Premier ministre est d’abord venu témoigner son soutien à l’ensemble de la communauté hospitalière. « C’est une bataille collective, elle est dure et je ne m’en suis pas caché devant les Françaises et les Français. Je le redis à Marseille, cette progression de l’épidémie n’est pas terminée ».

En visite à l’hôpital nord, accompagné du ministre de la Santé, Olivier Véran et de la maire de Marseille Michèle Rubirola, Jean Castex a, une nouvelle fois, fait un appel à la prudence insistant sur le fait que la Covid-19 frappe à tous les âges. « On voit bien des malades de 47 à 72 ans, donc il n’y a pas que des personnes extrêmement âgées », a exprimé le chef du gouvernement, après sa visite du service de réanimation.

« Le meilleur moyen de les aider (nos soignants, NDLR) et de soulager l’hôpital c’est de ne pas tomber malade », a martelé le locataire de Matignon. « Ça dépend de chacun d’entre nous. Il faut respecter les règles que nous avons édictées, le couvre-feu, mais aussi les gestes barrières, respecter les distances de sécurité, porter le masque… »,  

« C’est à l’État de modifier cette situation de manière urgente »

Plus tard, dans le bureau de Michèle Rubirola, à l’Hôtel de Ville, le Premier ministre a réaffirmé ses décisions. « L’heure est à l’unité complète, chacun dans son rôle et ses compétences, de la Ville et de l’État ». Une rencontre de moins d’une demi-heure à l’occasion de laquelle il a remercié la maire écologiste pour les actions de prévention.

Michèle Rubirola a saisi l’opportunité de renouveler ses demandes face à face, au premier rang desquelles, que l’État s’engage « sur la reprise intégrale de la dette de l’AP-HM, soit un milliard d’euros », tout en pointant « le nécessaire accompagnement d’une politique d’investissement majeure », indique l’élue dans un communiqué de presse.

Face à ces SOS répétés, notamment par le Premier adjoint, Benoît Payan, fin septembre, le ministre de la Santé, Olivier Véran, avait promis 17 millions d’euros à court terme pour les hôpitaux de Marseille. Une enveloppe insuffisante estime la Ville, dans un contexte marqué par des crises sanitaire, économique et sociale, « et l’héritage de 25 années de gestion hasardeuses des comptes de la Ville [l’ancienne municipalité LR de Jean-Claude Gaudin] qui la laisse sans marges de manœuvre nécessaires pour investir pour l’avenir », a rappelé Michèle Rubirola, demandant au chef de gouvernement de « mobiliser tous les moyens de l’État afin d’accompagner la nouvelle volonté politique municipale » : les écoles, le logement, la lutte contre les inégalités sociales et territoriales, l’accompagnement des TPE-PME et les commerces de proximité… « C’est à l’État de modifier cette situation de manière urgente », a-t-elle insisté.

Rééquilibrer les pouvoirs entre la Ville de Marseille et la Métropole

Et cela passe pour elle, par un nécessaire rééquilibrage des pouvoirs entre la Mairie et la Métropole. Elle dit regretter que les « outils d’aménagement du territoire en matière de logement ou de transports publics » soient des compétences métropolitaines, dont la gouvernance est restée à droite, présidée par Martine Vassal (LR) et détenue par les élus de l’opposition municipale. Une situation qui ajoute une « difficulté supplémentaire au développement nécessaire de Marseille. Ceux qui ont gravement échoué hier à la tête de la mairie de Marseille continuent, contre le choix du peuple marseillais, à orienter le destin de toute une ville », dénonce Michèle Rubirola.

Jean Castex qui a réaffirmé « son souhait » que l’État travaille avec la Ville, et reviendra pour traiter des sujets évoqués par Michèle Rubirola.

La Maire s’est étonnée de la signature du plan de relance Etat-Région, qui avait lieu le même jour, « alors que la Ville de Marseille n’y a pas été associée. Au sein de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, Marseille doit être une priorité. Il n’est plus tolérable de travailler de cette manière », conclut le communiqué de presse.

64 millions en appui aux territoires provençaux, alpins et azuréens

Et c’est en préfecture de Région que le « pacte » à 64 millions d’euros pour la région Provence-Alpes-Côte d’Azur a été scellé. Il vient officialiser l’accord de partenariat signé le 28 septembre 2020 entre le Premier ministre et le Président de l’Association des régions de France, et le co-pilotage du plan de relance entre l’État et les régions au travers d’une contractualisation renouvelée. Dans chaque région, cela prend la forme d’un accord de relance signé en parallèle du Contrat de Plan Etat-Région 2021-2027.

À l’issue de discussions engagées avec la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur dès le mois d’avril dernier, un accord a été trouvé sur une première série de projets cofinancés par l’État et la Région à hauteur de 32 millions d’euros pour l’État et 32 millions d’euros pour la Région, soit 64 millions en appui aux territoires provençaux, alpins et azuréens.

L’État et la Région se sont accordés sur une première série d’opérations « permettant notamment le développement de projets concrets, engagés immédiatement et mis en œuvre en 2021. Des infrastructures en faveur de la mobilité et la sécurisation d’équipements publics sur l’ensemble du territoire régional ».

, Retour sur la visite de Jean Castex à Marseille aux côtés de Michèle Rubirola et Renaud Muselier, Made in Marseille
Signature du « pacte » à 64 millions d’euros pour la région Provence-Alpes-Côte d’Azur entre Jean Castex et Renaud Muselier © Claude Amodovar

Écologie, cohésion sociale et territoriale, compétitivité…

Ces projets s’articulent autour de 3 priorités : l’écologie, la cohésion sociale et territoriale, la compétitivité pour donner aux entreprises des conditions plus favorables pour développer leurs activités.

À titre d’exemple : dans le cadre du plan « escale Zéro fumée », 5,5 M€ serviront pour équiper les infrastructures portuaires de connexion électrique des navires sur le port de Marseille, pour l’augmentation de la capacité de la ligne ferroviaire Nice-Plan du Var, pour améliorer la mobilité au sein de la Métropole niçoise (26 M€) ; pour la création de deux plateformes combinées rail-route dans les Bouches-du-Rhône, pour limiter le transport routier des marchandises sur nos territoires (projet 10,5 M€) ;  et la mise en conformité les lieux de rencontres photographiques d’Arles pour conforter cet évènement sur le territoire (4,8 M€)…

Ce protocole d’accord constitue la première brique du Plan de relance, il sera complété au fil de l’eau par des opérations financées par la dotation de soutien à l’investissement local (DSIL), le Contrat de Plan État – Région (CPER) ou bien par de futurs appels à manifestation d’intérêt ou encore par des opérations relevant de l’immobilier de l’État.

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