Le musée subaquatique de Marseille refait surface alors que le tribunal administratif avait mis un coup d’arrêt au projet. Les dix sculptures monumentales seront bien immergées à 5 mètres de profondeur au large de la plage des Catalans, et devrait ouvrir avant l’été.

À vos palmes ! Préparez-vous à voir des selfies sous-marins tout l’été sur instagram. À 100 mètres au large de la plage des Catalans et à cinq mètres de profondeur, dix immenses statues devraient prendre place au milieu des poissons pour le premier musée subaquatique de France.

Le projet porté depuis 2017 par Les Amis du musée subaquatique de Marseille, a connu des déconvenues. On le croyait enterré en avril dernier alors que le tribunal administratif, saisi en urgence par le Collectif de défense du littoral 13 sur des questions de sécurité, avait annulé l’arrêté préfectoral autorisant la mise en place de l’infrastructure.

« Nous avons repris contact avec l’association dans un climat beaucoup plus apaisé », explique Antony Lacanaud, directeur général du musée. « Il y a eu beaucoup d’incompréhensions sur la nature du projet. Mais c’est un projet associatif et participatif, avec une dimension environnementale et éducative. Il y aura un comité de suivi et le Collectif de défense du littoral 13 en fera partie ».

Ouverture « aux beaux jours »

« Il n’y a plus rien qui freine, nous avons l’autorisation pour démarrer », se réjouit le directeur. Il s’agit d’avancer au plus vite pour l’équipe « car nous avons obligation d’installer les œuvres avant la saison balnéaire ». Les Amis du musée subaquatique n’entendent pas repousser le projet une année de plus. Tout le monde est donc sur le pont pour « lancer les travaux d’immersion au printemps », réalisés par l’entreprise spécialiste de travaux sous-marins, Seven Seas.

💡 Eclairage
Les Amis du musée subaquatique sont une association d’intérêt général financée par des partenaires institutionnels, tels que la Ville de Marseille et la Région Sud, Provence-Alpes-Côte d’Azur, ainsi que des mécènes privés (pour beaucoup, de grandes sociétés marseillaises)

 

10 œuvres réalisées par des « pointures de la sculpture »

Les dix œuvres sont d’ores et déjà réalisées par dix artistes différents, mais Antony Lacanaud garde un peu de mystère autour d’elles. Il nous assure qu’il s’agit de « pointures de la sculpture ».

L’une d’elles est notamment réalisée par Marc Petit, « considéré par les galeristes comme le meilleur sculpteur du monde à l’heure actuelle ».  Il évoque également un “Poséidon” de Marc Charbonnel.

Les œuvres d’environ deux mètres de hauteurs sont figuratives, « car nous voulons parler à tous les publics ». Elles seront visibles de la surface et la scénographie jouera avec les éléments naturels et la lumière sous-marine.

Un projet ludique et environnemental

Le Poséidon, par exemple, fera face à la terre « pour interroger les terriens, et leur demander : “mais que faîtes-vous à la mer ?” ». Car le musée subaquatique des Catalans entend sensibiliser le public de manière ludique à la protection du milieu marin.

Un oursin géant réalisé par Daniel Zanca, « en ciment PH neutre, évidemment, rappellera au visiteur que les petits hérissons de mer sont de moins en moins nombreux, et que l’on pille les ressources marines », poursuit Antony Lacanaud.

Le comité de suivi comprend des scientifiques de l’Institut méditerranéen d’océanologie (MIO). Un « état zéro », soit un état des lieux écologique, sera réalisé avant l’installation des statues. « Un suivi écologique régulier sera fait sous la surveillance de la direction départementale des Territoires et de la Mer (DDTM), pour s’assurer qu’il n’y a pas de dégradation du milieu ».

Une approche artistique et environnementale qui devrait être un bon liant entre deux manifestations d’ampleurs mondiales attendues cette année à Marseille : la biennale internationale d’art Manifesta, et le congrès mondial de la nature.

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