Moussa Maaskri, Mathieu Grapeloup, Jackson Richardson, Richard Martin, Stéphane Soto… Voilà quelques noms issus de la société civile qui vont agiter les prochaines élections municipales marseillaises. L’heure de la campagne officielle a sonné. Les candidats dégainent leurs têtes de liste, et ces novices en politique sautent le pas. D’autres plus expérimentés créent la surprise et changent de cap. Tour d’horizon.

Alors cette semaine, il y a eu… Des vœux. Encore des vœux. Au personnel, à la presse, à la population. Les traditionnelles cérémonies où tout le monde se pousse pour entrer, et au clap de fin, joue des coudes pour aller grignoter. Lever son verre. Trinquer… avec les candidats à l’élection municipale de mars 2020. Eh oui, car en ce début d’année, il est de bon ton de formuler le souhait suivant : « j’espère que vous allez gagner ! ».

Le moins que l’on puisse dire, c’est que les prétendants au titre de futur maire de Marseille sont tous « dans une dynamique de victoire », et de rassemblement, dans une élection plus ouverte et imprévisible que jamais. Les candidats sont nombreux sur la ligne de départ. Exit la théorie des courants qui submergeraient Marseille d’une vague bleue, “bleu marine”, verte ou printanière ; le clivage traditionnel gauche-droite a, lui aussi, volé en éclats ; quant à la valeur de l’étiquette politique – plus ou moins bien assumée d’ailleurs selon les candidats – si ce n’est pour le Rassemblement national, elle a perdu de sa superbe.

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Des binômes, pas des têtes de liste

Les municipales sont – tout le monde le sait – des élections particulières où l’incarnation est une carte maîtresse. Alors chaque prétendant, à sa manière, mise sur sa personnalité pour gagner et sur son projet pour séduire les Marseillais(es). La plupart dévoileront d’ailleurs leurs propositions concrètes à la fin du mois. En attendant, une nouvelle étape a été franchie dans le casting des têtes de liste, et avec elle, un changement de sémantique.

En 2020, à Marseille, les candidats préfèrent utiliser le terme de « binômes » ou « duos » plutôt que de « têtes de liste ». Ils parlent « d’équipe » plus que de « noms ». Reste que le capitaine de chaque “team”, doit nommer son meneur de jeu sur le terrain, et cela, dans les huit secteurs de la ville. Et il faut dire que certaines candidatures dévoilées cette semaine ont créé la surprise.

À commencer par celle de Moussa Maaskri. L’acteur marseillais a décidé de concrétiser son soutien à Martine Vassal, candidate Les Républicains, en devenant son attaquant dans les 15-16e arrondissements de la ville.

Martine Vassal a attiré dans son sillage d’autres personnalités issues de la société civile. Après le général David Galtier pour porter le volet « protéger » et tête de liste dans les 13/14 et Stéphane Soto, entrepreneur à l’origine de la French Tech pour la partie « travailler », la candidate a renforcé son équipe de campagne avec le chef d’entreprise Joseph Arakel.

À la tête du groupe marseillais Tempo One, il est fortement impliqué dans les initiatives sociales et solidaires. Pour lui, Martine Vassal « incarne la crédibilité, la compétence, deux valeurs auxquelles elle rajoute une fibre humaine qui me touche beaucoup. »

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De g. à d. Joseph Arakel, Valérie Boyer, Martine Vassal et Stéphane Soto. © N.K.

Jackson Richardson jouera un rôle plus actif

Parmi les figures emblématiques de la société civile, Bruno Gilles, candidat sans étiquette (ex-LR) [il a quitté le parti et la présidence de la fédération des Bouches-du-Rhône, début décembre, ndlr] compte parmi ses soutiens Jackson Richardson. L’ancienne star du handball jouera d’ailleurs un rôle plus actif et « important » dans les prochaines semaines, notamment sur différents volets, et notamment sur les préparatifs des Jeux Olympiques 2024. « Il n’est pas seulement un porte-drapeau », confie des proches du candidat, qui ne perd pas de vue son but ultime « être maire de Marseille à plein temps ».

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Jackson Richardson, Bruno Gilles, Robert Assante… entourés de l’équipe de campagne. © N.K.

Les ralliements surprises

Libéré de son étiquette politique, Bruno Gilles élargit son socle électoral, puisque l’autre surprise est venue du ralliement de Lisette Narducci à la liste “Ensemble pour Marseille”. (lire encadré).

Et comme un ralliement ne vient jamais seul, Bruno Gilles compte désormais dans ses rangs le directeur de théâtre du Toursky, Richard Martin, numéro deux sur la liste de Lisette Narducci. « Homme de gauche », et accepté comme tel, le metteur en scène, dramaturge, s’est naturellement invité à la conférence de presse de présentation de la candidate. « Il y aura des élus des 2e et 3e arrondissements qui auront des délégations. Il me semble évident que Richard Martin aie des responsabilités », a ainsi déclaré Bruno Gilles, à cette occasion.

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Le directeur du théâtre du Toursky, Richard Martin rejoint Bruno Gilles. © P.M.

Marseille scrutée encore (plus) à la loupe

De son côté, La République en marche avance avec d’autres duos issus de la société civile, à l’instar de l’influenceur Mathieu Grapeloup. « Un immense honneur et beaucoup de responsabilités », pour le fondateur de la page Facebook “Marseille à la loupe” (2012). « Honnêtement, je ne suis pas sûr que beaucoup de partis ou mouvements politiques auraient placé quelqu’un comme moi aussi haut dans une liste ». 

Et pour cause. Il mènera la liste dans les 4-5e arrondissements, aux côtés de la députée Cathy Racon-Bouzon, enthousiaste. « Face aux dysfonctionnements de cette ville, j’ai décidé de prendre mes responsabilités une nouvelle fois, comme il y a deux ans », a souligné la parlementaire.

« Au bout des 7 ans, j’ai beaucoup commenté ce qui se passe à Marseille, en bien, en mal, en essayant de toujours garder une ligne éditoriale neutre, autant que possible, mais là, j’ai envie de passer à l’action, a enchaîné Mathieu Grapeloup. Cette équipe a fait le bon diagnostic des maux de cette ville. J’ai envie de participer à ce projet avec eux, pour réparer Marseille ».

Un combat qu’il mènera dans son quartier (5e), qu’il souhaite « plus vert, plus apaisé, plus dynamique de La Plaine jusqu’aux Chartreux. Je vais tout faire pour qu’on aille jusqu’à la victoire et que l’on rassemble le maximum de progressistes et d’écologistes », a expliqué celui pour qui les Verts et le Printemps Marseillais sont des « partenaires naturels. Même si ce n’est pas aisé », il n’abandonne pas l’idée de travailler avec eux.

Chez les Marcheurs encore, Arnaud Devigne, “entrepreneur de l’emploi”, fondateur de l’Indeed a également décidé de sauter le pas et mènera la liste dans les 1-7e arrondissements. Ce mordu de tech, qui a travaillé successivement pour le groupe Accenture, avant d’occuper la fonction de directeur marketing de Google, rêve d’inventer le monde de demain.

Il a toujours été séduit par la politique, mais « loin de la politique partisane ». Ce Marseillais d’adoption, installé dans le quartier de Belsunce, s’est reconnu dans les valeurs LREM, « un mouvement ouvert », et plus encore dans le projet porté par Yvon Berland, dont le fil rouge est l’éducation.

« L’envie d’avoir envie »

Un thème représenté également au sein des listes. Myriam Janin, proviseur du lycée professionnel Montgrand (Port-de-Bouc), et présidente de la Fédération des CIQ du 11e, viendra seconder Pascal Chamassian, qui fait son come-back dans les 11-12e arrondissements, comme tête de liste.

Cadre supérieur, cet expert en communication est un soutien du parti présidentiel de la première heure. Il a également vivement encouragé la candidature d’Yvon Berland aux municipales, et dirigé sa campagne d’investiture jusqu’à la désignation officielle en décembre dernier.

L’adjoint du pôle politique LREM départemental connaît bien le 6e secteur. Il y a été élu en 2008, conseiller municipal (apparenté PS), même s’il n’a jamais été encarté. En 2017, il a tenté de le souffler à la députée Valérie Boyer (LR) durant la campagne des législatives, sous les couleurs de la LREM. Tentative avortée de justesse. Il repart donc au combat contre Valérie Boyer ? Julien Ravier ? Ou un autre visage ? Réponse ce matin. Les Républicains présenteront leur tête de liste. Le suspense reste entier…

Dans chaque “famille” politique et quelle que soit la couleur, tous ces candidats de la société civile sont tous motivés par le même moteur : « l’envie » de transformer Marseille et donner « l’envie d’avoir envie ».  

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De g. à d. Cathy Racon-Bouzon, Mathieu Grapeloup, Caroline Pozmentier, Yvon Berland, Myriam Janin, Saïd Ahamada, Pascal Chamassian et Arnaud Devigne. © N.K.
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