Moins d’une semaine après sa déclaration de candidature à la Mairie de Marseille, la sénatrice des Bouches-du-Rhône, Samia Ghali, a dévoilé ce matin les grands axes de son programme. 152 engagements qui reposent sur sept exigences.

« Marseille, c’est la ville où je suis née, dans laquelle j’ai grandi, où j’ai souffert, pleuré, mais où aussi j’ai été heureuse, et aujourd’hui, je suis heureuse ; épanouie ». Samia Ghali a l’air sérieux des grands jours. La sénatrice des Bouches-du-Rhône « au parcours atypique » est à un tournant majeur de sa vie politique. Et même si elle n’est « pas née pour être maire de Marseille », elle se plaît à dire qu’elle « s’est construite sur des bases solides, sur le terrain pour le devenir ». Cette élection, c’est d’abord, pour elle, « la rencontre avec les Marseillaises et les Marseillais », inspirant le slogan de campagne « Au nom du peuple marseillais ».

« Madame le maire ! »

Le storytelling autour de sa candidature est écrit. Plus encore, elle « peut se raconter. Je n’ai pas été posée là comme une fleur, on ne m’a pas tendu la main. Je ne suis pas une héritière de la politique, je casse les codes ». Et en cela, elle n’a pas peur de le dire : « je gêne l’establishment ». Qu’importe. Le combat, l’élue connaît par coeur. C’est ce qui lui a permis « d’arriver là où j’en suis ». La petite-fille des quartiers Nord siégeant au Sénat.

À Paris, on l’appelle d’ailleurs « Madame le maire », confie-t-elle. « Une notoriété nationale » sur laquelle elle compte s’appuyer pour se faire entendre de l’État, quand ce sera nécessaire, si elle remporte l’élection en mars 2020.

« Une vision à 360° »

Pour y parvenir, Samia Ghali a co-construit un programme pour la deuxième ville de France. 152 engagements reposant sur sept « exigences ». Un projet discuté et concerté avec les Marseillais, avec « les meilleurs experts » et qui se veut évolutif. « Quand on décide de partir sur une élection, il faut construire un projet en écoutant les Marseillais, c’est ce que j’ai fait tout au long de l’année ».

C’est au Bistrot des dames, dans le centre-ville de Marseille, comme un clin d’œil à cette nouvelle candidature féminine à la mairie de Marseille, qu’elle a décliné les grands axes de son projet, avec un fil directeur « une vision à 360°, qui n’oublie personne ». Et avec un « impératif » : assurer la transition écologique de la ville, en bonne dernière place, selon une récente étude de Greenpeace, en matière de lutte contre la pollution.

Faire du Pharo, un lieu dédié à l’environnement

Elle estime que l’écologie doit être « transversale à toutes les décisions », et dit ne « rien lâcher sur cette question », pour laquelle elle est déjà montée au créneau à plusieurs reprises. Pour sensibiliser à la cause environnementale, elle souhaite que le Pharo devienne un lieu dédié à ce sujet. « Un site où on peut s’informer, découvrir… avec un panorama merveilleux. Il pourra se construire avec des spécialistes de l’environnement, des associations, l’Education nationale, de la Culture… ».

Dans le même domaine, la mobilité sur le territoire est un axe commun à l’ensemble des candidats. « On ne peut s’exonérer d’avoir un vrai projet de transports à Marseille, digne de ce nom. Je porterai le projet du métro jusqu’à l’hôpital nord et du tram jusqu’à la Castellane ». Elle propose également la gratuité des transports pour les jeunes jusqu’à 26 ans « pour vivre leur ville, trouver un emploi… »

Les écoles, « un fleuron de la ville »

Sur le volet sécurité, la candidate est favorable à la mise en place d’une antenne de la police municipale dans chaque secteur de Marseille, « pour rester dans la proximité et quadriller le terrain ». Elle prône le doublement des effectifs « pour atteindre 900 », le renforcement de la vidéo-surveillance et mise aussi sur le dispositif voisins-vigilants, « tout ça en partenariat avec la police nationale.  Je demanderai à l’État d’assumer ses responsabilités. Il nous manque trois compagnies de CRS sur la ville. Il doit rendre à Marseille, ce qu’elle lui doit, et c’est pourquoi j’ira aussi demander l’argent là il faut, c’est-à-dire, les fonds européens, pas un centime d’euro ne sera perdu, gaspillé ».

Dénonçant une nouvelle fois la situation des écoles marseillaises, elle souhaite qu’elles deviennent « le fleuron de la ville, un sanctuaire pour les élèves pour contribuer aussi à l’égalité des chances. Sur cette question, je mettrai tout mon cœur et toute mon énergie », avec notamment un accueil des enfants à partir de 7h30 jusqu’à 18h30, gratuitement. Elle envisage également un plan numérique, « car la langue informatique est très importante, elle doit être au même niveau que les langues étrangères, il faut l’anticiper et être moderne. »

Donner plus de pouvoir aux maires de secteur

Développer le logement social, mettre un frein à l’urbanisation, rendre la ville plus attractive, développer l’agriculture urbaine, ou encore l’économie de la mer, le bien-vivre ensemble en créant les États-généraux de la jeunesse, créer un office pour les seniors, remettre à sa juste place les centres sociaux… sont autant de sujets sur lesquels la candidate et son équipe ont travaillé. Des propositions parfois à dimension métropolitaine. Samia Ghali estime que le maire doit « peser. Il aura aussi des voix à apporter au président(e) de la Métropole. C’est l’avantage aussi d’avoir un maire avec une notoriété nationale ».  

Elle envisage d’ailleurs d’organiser une réunion trimestrielle avec les maires de secteurs, « peu importe leur couleur politique » et dresser un bilan de ce qui a été fait ou non, avec une présentation aux Marseillais. Elle pourrait également donner plus de pouvoirs aux maires de secteurs, et souhaite leur transférer la gestion de la propreté. Les Marseillais seront également mobilisés pour participer à des grandes décisions, via un référendum « mais pas en dépit du bon sens ». À titre d’exemple, elle pourrait les laisser s’exprimer sur la vente du stade vélodrome, ou encore l’extension du parc Borély…

Candidate là où elle a commencé la politique

Si aujourd’hui, Samia Ghali n’appartient plus au Parti socialiste, elle revendique ses valeurs de gauche. « Ce n’est pas parce qu’on n’appartient plus à un parti qu’on s’assoit sur ses convictions. Je souhaitais être une femme libre. Je ne veux pas être polluée par des discussions d’appareils qui font des listes, certes, mais qui ne font pas la ville », affirme celle qui a créé son mouvement Marseille avant tout.

Sans l’ombre d’un doute, elle assure avoir les 303 noms (nécessaires pour se présenter, ndlr) et présenter des listes dans les huit secteurs de la Ville. Elle ira là où elle a commencé en politique, dans les 15-16e arrondissements, « par fidélité, sincérité ».

Quant aux discussions avec les autres candidats, Samia Ghali reste ouverte, insistant sur le fait qu’il s’agit de sa candidature, « c’est mon projet pour Marseille. Ceux qui s’y retrouvent sont invités à me rejoindre. Je suis la seule à avoir cette capacité à pouvoir rassembler tout le monde et à la différence de mes adversaires, je suis capable de porter un discours du nord au sud ». Pas question pour elle de parler de ralliement. « On va d’abord laisser les Marseillais s’exprimer. J’ai l’habitude de faire les choses par étape ».

Etre un maire à plein-temps

Elle estime avec sa candidature ne pas participer à l’émiettement des offres, qui favoriserait une percée du Front national. « Personne ne peut douter du combat que je mène face au FN, c’est le combat de ma vie, ça fait partie de mon ADN, et les attaques à mon encontre prouvent qu’il a compris que j’étais aussi un danger pour lui. Je ne serai pas responsable de l’installation du FN dans cette ville. Il y a des listes avec lesquelles on peut travailler au second tour, qui partagent le projet, je ne vais pas aujourd’hui présager de ce qui va se passer. On va discuter avec les uns et les autres », ajoute Samia Ghali qui veut être maire de Marseille, et « uniquement le maire de Marseille, à plein temps ».  

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