Menacé un temps, faute d’accord avec l’AP-HM, Giptis, le plus grand institut euroméditerranéen de lutte contre les maladies génétiques, ouvrira bien ses portes à Marseille, en 2023.

Initialement prévu pour 2020, l’Institut de lutte contre les maladies génétiques Giptis verra finalement le jour, en 2023, sur le site de l’hôpital de la Timone.

Les acteurs institutionnels et partenaires du projet sont parvenus à la signature d’un protocole d’accord pour le lancement de ce projet d’envergure, à l’occasion d’un comité de pilotage.*

Aujourd’hui, les maladies génétiques dites rares touchent 3 millions de personnes en France, c’est plus que le cancer et la maladie d’Alzheimer réunis, et 50 millions autour de la Méditerranée.

Plus de 95% des malades sont sans traitement adapté et 60% d’entre eux sont des enfants. Dans la majorité des cas, ces maladies sont graves, invalidantes, chroniques et impactent des familles entières.

Soigner mieux, plus vite et à grande échelle

L’ambition de cet institut de recherche en génétique est de soigner mieux, plus vite, à plus grande échelle, en facilitant les collaborations entre le meilleur des mondes public et privé, académique et industriel.

« Giptis est un projet majeur pour les malades, les médecins, les chercheurs, et plus généralement pour notre territoire et ses citoyens », souligne le Pr. Nicolas Lévy, fondateur de Giptis.

Pour le généticien de renommée mondiale, les sessions de travail avec la Direction générale de l’Assistance Publique des Hôpitaux de Marseille avaient permis de relancer les études et le déploiement du projet.

500 experts et une collaboration inédite

L’essence même du projet est de faire collaborer de nouvelles compétences comme la bioinformatique, la médecine générale, la recherche génétique… Giptis réunit et fait travailler ensemble, au plus près des malades et dans un même « lieu d’excellence totalement innovant », tous les acteurs concernés : équipes médicales, équipes de recherche fondamentale et appliquée, start-ups, industriels du médicament et associations de malades.

L’institut euro-méditerranéen s’appuie ainsi sur une équipe de 500 experts, composée de spécialistes reconnus, de chercheurs de renommée internationale, des personnels paramédicaux engagés, et de 
15 start-up issues des projets de recherche les plus prometteurs.

Un équipement de pointe

Le site a été imaginé pour faciliter leur coopération et relever quatre défis : accélérer les diagnostics, accroître les capacités de recherche, démultiplier le nombre de traitements efficaces et améliorer la prise en charge des malades et des familles.

Sur 21 000 m2, le Giptis  sera doté de moyens exceptionnels avec des laboratoires de pointe, des espaces pensés pour le bien-être des malades et des familles permettant une prise en charge totalement personnalisée des malades.

En terme d’équipement encore : 6 plateformes technologiques de pointe, un système interconnecté inédit de bases de données et des outils d’analyses performants, des méthodes de management et des outils de collaboration entièrement repensés.

« Dans la capitale française de la Méditerranée, le projet Giptis a toute sa place ».

« Giptis sera une fondation reconnue d’utilité publique à but non lucratif composée d’une gouvernance mixte, pour une coopération fructueuse des acteurs privés et publics.»

Ainsi, son business modèle allie l’intérêt général du public et l’agilité du privé. Il prévoit notamment que le financement du bâtiment soit confié aux investisseurs et banques. Et pour assurer l’autonomie financière, une activité de conseils, de prestations de services, d’accueil de start ups est prévue.

C’est d’ailleurs dans ce sens que les six plateaux techniques ont été surdimensionnés afin d’accueillir des échantillons de l’extérieur et être rémunérés pour cette activité.

L’autre partie de l’autofinancement passera par le mécénat, un marché annuel de 3 milliards d’euros en France. L’ensemble, c’est-à-dire 100 % des revenus générés, seront réinvestis dans la recherche.

Lors du comité, le préfet de région Pierre Dartout a souligné « l’atout significatif pour la ville de Marseille et pour la Métropole d’avoir des pôles d’excellence en santé tels que Giptis, permettant une puissance importante en termes de recherche et de traitement pour les malades dans cette ville et plus largement sur ce territoire (…). Dans la capitale française de la Méditerranée, le projet Giptis a toute sa place ».

Pour rappel

Le projet Giptis avait été confronté, en 2018, à un retropédalage de l’Assistance publique des Hôpitaux de Marseille qui était revenue sur l’engagement de céder le terrain où se situe pour l’heure sa pharmacie, un bâtiment inadapté, ni à l’usage ni en terme de logistique. La raison avancée était budgétaire. Fortement endettée, l’Assistance Publique disait attendre que l’Etat valide son plan d’investissement d’un montant de 300 millions d’euros.

Après une reprise des échanges dans le courant de l’année, les acteurs institutionnels et partenaires du projet Giptis (Genetics Institute for Patients, Therapies, Innovation & Science) se sont rassemblés en préfecture des Bouches-du-Rhône, début juillet, sous l’impulsion du préfet Pierre Dartout, Philippe De Mestre, directeur général de l’Agence Régionale de Santé (ARS) et de Marc Savasta, délégué régional à la Recherche et à la Technologie en région Sud (DRRT) pour un comité de pilotage qui regroupe les représentants de l’Etat, de la Métropole Aix-Marseille Provence, de la Région Sud, de la Ville de Marseille, du Département des Bouches-du-Rhône, de l’Université Aix-Marseille, AP-HM, Inserm, la CCI MP, la Banque des Territoires (Caisse des dépôts) et Giptis.

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