Le département des Bouches-du-Rhône a lancé un appel d’offres pour la réalisation d’un pont entre Salin-de-Giraud et Port-Saint-Louis-du-Rhône. L’institution remet ainsi sur le tapis un projet promis en 2004 par son ancien président, Jean-Noël Guérini (PS), et qui depuis est resté au point mort.

Aujourd’hui, et depuis 1933, la liaison entre les deux communes est assurée par le bac de Barcarin, à savoir un bateau qui achemine piétons, véhicules et même poids-lourd ou bus d’une rive à l’autre du Rhône. Hormis cette solution, l’autre possibilité pour effectuer le trajet est d’emprunter un pont situé à plus de 30 kilomètres de là, dans le centre-ville d’Arles.

, Bientôt un pont pour relier Salin de Giraud et Port Saint Louis du Rhône ?, Made in Marseille
Le bac de Barcarin permet de relier Salin-de-Giraud et Port-Saint-Louis-du-Rhône © Roehrensee

Autant dire que ce bac est presque vital pour les habitants de Salin-de-Giraud. Mais nombreux sont les aléas techniques qui entraînent des perturbations pour son fonctionnement. Ils compliquent ainsi le quotidien des résidents et des personnes devant l’utiliser pour aller travailler.

Financièrement parlant, le bac serait aussi loin d’être rentable. C’est pourquoi, dès 2004, Jean-Noël Guérini, alors président du Conseil général des Bouches-du-Rhône, votait un principe de construction d’un pont entre Salin-de-Giraud et Port-Saint-Louis-du-Rhône. Un projet qui n’a jamais abouti et que Martine Vassal, sa successeur à la tête de l’institution, a relancé en juin 2017.

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Véhicules légers et lourds peuvent être transportés via le bac de Barcarin © Véronique Pagnier

Début des travaux prévu pour 2025

Après une concertation publique en novembre 2017, le département a lancé un appel d’offres au mois d’avril 2018 pour le « franchissement du Rhône par un pont entre Salin de Giraud et Port Saint Louis du Rhône ». Le maître d’œuvre sera désigné à l’issu de cet appel d’offres qui prend fin le 22 mai prochain.

D’après les informations données au public lors de la concertation, et révélées par nos confrères de Marsactu, de nombreuses étapes sont encore à valider avant de voir la construction démarrer. Le début des travaux n’est d’ailleurs prévu que pour 2025. « Ce n’est pas pour demain, on est dans l’élaboration », a reconnu Martine Vassal dans La Provence.

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Les panneaux de la concertation publique que s’est procuré Marsactu

La présidente du Conseil départemental a pour volonté que le pont soit « gratuit pour la population, payant pour ceux qui n’habitent pas sur place et surtout interdit aux camions ». Aujourd’hui, le bac de Barcarin est déjà gratuit pour les habitants. Les proches des habitants et les travailleurs peuvent eux bénéficier d’un abonnement annuel de 10€. Quant aux véhicules pouvant l’utiliser, tous sont acceptés, y compris poids lourds, bus et autocar, en comptant 10€ pour la traversée.

En attente de beaucoup de précisions, notamment sur le plan écologique

Reste encore de nombreux éléments à éclaircir sur le projet. Et notamment l’emplacement exact du futur pont. « Au niveau technique, mes services me disent qu’un pont au niveau du bac, ou à proximité, est réalisable », explique Martine Vassal. Toutefois, les élus arlésiens du parti communiste restent sceptiques quant à cette possibilité, des études ayant apparemment montré que la seule solution était de le construire 15 kilomètres avant.

Autre élément qui inquiète l’opposition : les conséquences environnementales de la construction. Car qui dit facilité d’accès avec un pont, dit aussi plus de trafic et donc d’impacts sur les espèces présentes. Des inventaires faune et flore et des études hydrauliques sont prévus pour cette année 2018. Et l’appel d’offres précise que des études environnementales préalables devront être réalisées par le maître d’œuvre. Ce dernier devra également plancher sur un moyen pour réguler la fréquentation du pont. « Un dispositif permettant de réguler le trafic sera étudié afin d’éviter que l’ouvrage puisse être accusé de générer un « déferlement » de véhicules en Camargue. De plus, la vitesse sur l’ouvrage devra être limitée à 50 km/h », précise un cahier des charges annexe.

Enfin, le coût estimé de la construction, à savoir 40 millions d’euros, est également jugé trop peu élevé par l’opposition. Autant de points qui restent en suspens et qui attendent plus de précisions dans les semaines et mois à venir.

Par Agathe Perrier

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