La France, le Portugal et l’Espagne souhaitent créer un pipeline sous-marin entre Barcelone et Marseille d’ici sept ans. Il doit transporter du gaz dans un premier temps, puis de l’hydrogène vert.

Désenclaver l’Espagne et le Portugal de la « stratégie climatique et énergétique » européenne et française. Tel est l’objectif annoncé par Emmanuel Macron pour défendre le projet de pipeline sous-marin reliant Barcelone à Marseille, surnommé pour l’heure « BarMar ».

Cet objectif était déjà au centre d’un précédent projet, avorté pour son impact environnemental, de gazoduc « MidCat ». Long de 190 kilomètres, entre Hostalric (au nord de Barcelone) et Barbaira (entre Carcassonne et Narbonne), il devait relier les réseaux gaziers espagnols et français à travers les Pyrénées.

C’est donc sous la mer que le raccordement énergétique franco-ibérique devrait finalement passer. En visite au Portugal, la Première ministre, Élisabeth Borne, a confirmé les « interconnexions que nous allons mettre en place entre nos deux pays et y compris avec l’Espagne », comme le relate TV5 Monde.

pipeline, Un projet de pipeline entre Barcelone et Marseille dédié au gaz puis à l’hydrogène, Made in Marseille
Un pipeline est un tuyau dédié au transport à grande distance et en grande quantité de fluides (gaz, pétrole, eau…) Crédit : Selim Arda Eryilmaz, Unsplash

Un gazoduc compatible avec l’hydrogène ?

C’est Pedro Sanchez, le chef du gouvernement espagnol, qui avait le premier annoncé ce projet le 20 octobre, lors d’un sommet européen consacré à la crise énergétique. Pour lui, il s’agissait de « créer un pipeline pour l’hydrogène vert. Mais aussi de façon transitoire pour le gaz, dont le marché européen de l’énergie a besoin ».

Un gazoduc donc, qui aurait l’ambition de devenir « hydrogenoduc » à l’avenir ? En effet, l’Espagne produit de l’hydrogène « vert » avec le solaire. Une énergie sur laquelle de nombreux acteurs fondent les espoirs de la transition énergétique du futur. Ce pipeline anticipe ainsi une production à grande échelle d’hydrogène et des technologies qui ne sont pas encore mûres aujourd’hui.

Certains experts restent circonspects sur la capacité d’un pipeline à transporter du gaz avant de se convertir à l’hydrogène, et sur la pertinence de ce projet. « Marseille et Barcelone disposent à peu près du même ensoleillement. Est-ce pour remonter de l’hydrogène produit en Afrique ? », questionne Thierry Bros, spécialiste des questions énergétiques et professeur à Science Po Paris, chez France 3 Occitanie.

« Quant à utiliser un même terminal pour GNL et hydrogène : bonne chance ! ». Un tel projet, à cette distance et cette profondeur, serait une première. La ministre espagnole de la Transition écologique, Teresa Ribera, table sur 7 ans pour y parvenir. Les trois chefs d’État espagnols, portugais et français devraient fixer les contours du projet les 8 et 9 décembre en Espagne, à Alicante, en marge du sommet des pays du sud de l’UE.

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