C’est officiel. La Ville de Marseille a décroché le label européen « 100 villes neutres en carbone en 2030 ». Une opportunité pour accélérer les projets de transition. Pour célébrer cette victoire, le Palais du Pharo sera illuminé en vert dès ce soir et jusqu’à ce week-end.

La Commission européenne vient de dévoiler les lauréats du label « 100 villes neutres en carbone en 2030 ». Marseille qui s’est portée candidate a été retenue pour cette première promotion. Un sésame qui ouvre désormais la voie à l’accélération des politiques de transition écologique et énergétique dans la deuxième ville de France.

« C’est une grande victoire pour Marseille. Cette victoire, nous sommes allés la chercher directement à Bruxelles. C’est la victoire d’un projet, la victoire d’une volonté, d’une ambition pour une ville qui répond aux défis du XXIe siècle. C’est aussi la victoire d’une ville qui réussit  quand elle se rassemble. Aujourd’hui Marseille fait un pas de plus vers une ville plus verte, une ville qui répond aux enjeux climatiques, environnementaux et sociaux, une ville où on respire mieux », déclare Benoît Payan.

« Cette labellisation offrira à la Ville, en étroite collaboration avec l’ensemble de ses partenaires, l’opportunité de travailler sur des projets concrets dans les prochains mois sur la question du retour de la nature en ville, des transports, sur la réhabilitation thermique du parc immobilier et des équipements publics de la Ville, sur la production d’énergies renouvelables et durables, en passant par l’inclusion citoyenne et l’innovation », poursuit le maire de Marseille.

Une nouvelle approche sur les questions climatiques

« C’est un signal extrêmement fort de la Commission européenne pour nous permettre de changer nos politiques publiques en matière de transition, nous confie Fabien Pérez, conseiller municipal délégué aux fonds européens. Même si c’était audacieux de notre part de concourir, car Marseille accumule des retards et reste une ville avec de forts contrastes, elle a montré sa compétence dans ce dossier sur lequel nous avons travaillé de longs mois ».

Une candidature pour laquelle la Ville s’est adjointe les services d’une AMO (assistance à maîtrise d’ouvrage) et qui a « également reçu un écho très positif de la part des acteurs économiques, institutionnels, des associations…, se félicite l’élu. Ce dossier démontre une nouvelle approche de la municipalité, non seulement sur les questions des transitions, mais aussi dans la façon d’aller chercher les fonds européens ».

« Transformer notre ville en friche, en ville des possibles »

Même discours pour Sébastien Barles (EELV), adjoint au maire, délégué à la transition écologique qui salue également le travail collectif. « Ce label nourrit notre ambition de faire de Marseille un phare de la transition en Méditerranée. C’est un passionnant challenge qui s’ouvre devant nous : celui de réparer et de transformer notre ville en friche, en ville des possibles, cosmopolite et solidaire ».

Cette candidature, préparée au long cours, va s’appuyer sur des outils que la Ville est en train de mettre en place, comme « la SEM énergie, le revenu de transition écologique, la Cité de la transition, l’alliance locale contre la précarité et l’exclusion énergétique, la coopérative de compensation carbone de circuit court…, détaille l’adjoint. Il faut maintenant travailler sur un contrat climatique pour rendre notre ville sobre et résiliente, un conseil scientifique et l’Assemblée citoyenne du futur associée aux travaux car la transition ne se fera pas sans les citoyens et sans la solidarité ».

Quelle gouvernance pour réussir ?

Dans les semaines qui viennent, un groupe de travail sera mis en place, incluant les partenaires du projet, pour travailler à la rédaction du contrat «Ville climatique » qui s’apprête à être signé avec la Commission européenne.

Le contrat de « Ville Climatique » consiste à la mise en place d’une gouvernance multi-acteurs et multi-échelles pour assurer le succès de ses actions. Sa gouvernance sera un modèle public-privé et citoyens. Elle sera aussi partagée entre différents niveaux d’administration publique (Région, Métropole, Ville) et l’État. Il sera ensuite co-construit entre juin et décembre pour une mise en oeuvre à partir de 2023 jusqu’à 2030.

La mise en oeuvre des priorités sera pilotée par des établissements publics, des sociétés publiques locales ou des sociétés d’économie mixte impliquant différents acteurs (logement social, opérateurs du bâtiment, industriels, laboratoire, autorité portuaire, de mobilité…)

> Rénovation du bâti, lutte contre la précarité énergétique : SPLA-IN
> Transport et mobilité : GIP Aix-Marseille-Provence
> Production d’énergie : SEM Energies
> Industrie : Grand Port Maritime de Marseille
> Nature : Parc des Calanques / Ville de Marseille

Consolider la feuille de route

Deux organes externes sont mis en place pour fournir des conseils et des recommandations : un comité scientifique et l’Assemblée du futur. Le premier sera co-piloté avec Aix-Marseille Université. La seconde entité rassemblera la société civile. Les citoyens y seront des acteurs de premier plan « pour impulser des projets dans une véritable logique de “capacitation” citoyenne ».

La Ville a désormais jusqu’au mois de septembre pour consolider et affiner sa feuille de route. Les fonds européens alloués seront conditionnés en fonction de la pertinence et de la solidité des projets présentés à la commission. Ils pourront être ensuite financés en totalité ou pour partie par l’Europe. La Ville ira chercher les crédits complémentaires auprès des partenaires institutionnels, économiques et via les structures qu’elle aura mises en place. Outre les fonds européens, elle bénéficiera de l’accompagnement d’experts pour avancer ces huit prochaines années sans faux pas.

« Marseille sera à la hauteur de la tâche confiée, et s’engage dès aujourd’hui à devenir une ville qui convainc par la solidité de ses projets et sa capacité à agir durablement pour la préservation du climat, de l’environnement et du cadre de vie de tous ses habitants. La programmation marseillaise sera résolument écologique et sociale, pour une ville plus verte et plus juste », ajoute la municipalité.

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