Nouvellement élus à la présidence de la Chambre des métiers et de l’artisanat Provence-Alpes-Côte d’Azur, Yannick Mazette et son équipe ont dévoilé les principales orientations du mandat, avec un mot d’ordre : faire de la chambre consulaire un modèle d’excellence nationale.

Yannick Mazette le sait. Il a du pain sur la planche. Ce maître artisan-boulanger exerçant dans le Vaucluse a été nommé président de la Chambre des métiers et de l’artisanat (Cmar Paca), lors de l’assemblée générale constitutive le 8 novembre. Sa liste « La Voix des Artisans » portée par l’Union des entreprises de proximité (U2P) avait remporté, le 14 octobre dernier, la majorité des voix au niveau régional avec 53 %, soit quatre départements sur six (la liste « Fiers d’être artisans » (47%) remportant les Bouches-du-Rhône et les Hautes-Alpes).

C’est avec une équipe presque entièrement renouvelée et présente à ses côtés, ce lundi 22 novembre, que le nouvel homme fort de la Cmar Paca a présenté les principales orientations de sa feuille de route pour les 5 années à venir. L’ambition clairement affichée est d’en faire un modèle d’excellence national.

« Être au service du client »

En région Provence-Alpes-Côte d’Azur, l’artisanat représente 33 % du tissu économique, soit 15 millions d’euros du PIB. « Un poids lourd. C’est considérable », commente Yannick Mazette, depuis le siège de la Cmar à Marseille. La chambre consulaire, elle, compte 900 collaborateurs avec un budget annuel de 80 millions d’euros.

Pour faire de la Cmar Paca une maison de référence, les élus s’inscrivent dans une démarche collective pour « être au service du client ». « Client » ? Il faudra s’y faire. C’est le nouveau terme de cette mandature, pour affirmer la volonté « de mieux servir nos artisans », insiste le président, avec tout ce que cela comporte : obligation de résultats ou encore assurer une qualité de produits.

Un nouveau marketing territorial

La mission de « proximité » auprès des quelque 185 000 entreprises (qui génèrent 170 000 emplois directs et 200 000 emplois indirects sur le territoire), avec en ligne de mire le développement « d’une offre de services », en fonction des spécificités du territoire. Cette diversité représente un levier économique fort pour faire rayonner l’artisanat au-delà des frontières régionales. Dans ce but, les élus travaillent un « marketing territorial » afin d’offrir plus de visibilité et booster l’attractivité. Un nouveau label pourrait ainsi voir le jour au printemps 2022.

, Yannick Mazette ambitionne de faire de la Cmar Paca un modèle d’excellence nationale, Made in Marseille

La promotion des métiers de l’artisanat

Le défi est de taille dans une région qui n’a pas été épargnée par la crise sanitaire. À l’heure de la relance, nombre de métiers de bouche, de services, du BTP, d’hôtellerie-restauration sont en tension et peine à trouver de la main-d’œuvre qualifiée. Plusieurs raisons peuvent expliquer cette désaffection, « pas seulement la crise », avance Roland Rolfo, président du niveau départemental du Var. « La pénibilité du travail, mais aussi une méconnaissance des métiers ».

De fait, la promotion des métiers de l’artisanat représente un axe majeur de la nouvelle mandature, avec une attention particulière portée sur la formation des collaborateurs, mais surtout des apprentis. La chambre consulaire gère 7 campus et forme 20 % des apprentis de Provence-Alpes-Côte d’Azur. 700 supplémentaires ont fait leur rentrée en septembre 2021. 75 % des formations sont digitalisées. « 80 % des jeunes trouvent un emploi dans les six mois après la sortie de leur formation », déclare à son tour, Gilles Dutto, président de la section départementale des Alpes-Maritimes.

Pour lui, la clé d’un parcours réussi réside « dans une prise en charge dès la sortie du CAP, là où le jeune peut encore être fragile, pour l’accompagner. Si on arrive à faire ce maillage, on aura tout gagné » estime-t-il. Pour lui, il faut aussi palier le manque de CFA dans les départements du 06 et du 13 « pour susciter des vocations auprès des jeunes ».

La loi de soutien aux indépendants très attendue

Paradoxalement, en raison de la taille de ses entreprises (en moyenne 2,7 actifs par entreprise) la région est loin de la culture de la formation. « C’est un investissement » poursuit le président. La loi en faveur des indépendants, attendue pour le début d’année, devrait offrir de nouvelles perspectives dans ce domaine, mais pas seulement. La création d’un statut unique de l’entrepreneur individuel (EI) protecteur du patrimoine personnel est « très attendue », à l’heure où 75 % des entreprises artisanales sont créées sous le statut de microentreprises.

Autres mesures : l’assurance chômage ou encore la facilitation des cessions d’entreprises, trop peu nombreuses en France lors du départ à la retraite d’un entrepreneur, grâce à une exonération totale ou partielle de taxation de la plus-value si le montant n’excède pas 300 000 euros pour les entreprises individuelles.

Diversifier les ressources pour porter des projets d’envergure nationale

Dans cette quête pour hisser la chambre consulaire à un autre rang, son président entend « trouver des synergies durables » avec l’ensemble des collectivités territoriales. La Cmar qui aurait aimé devenir l’Agence de développement économique des EPCI, avant que les CCI ne se positionnent, ambitionne d’être considérée « comme une agence de développement bis ». Si des programmes communs peuvent être scellés entre les CCI et Cmar, cette dernière affectionne faire chambre à part pour « défendre son savoir-faire ».

Par ailleurs, Yannick Mazette compte particulièrement sur la Région Sud, qui s’est dotée pour la première fois d’un vice-président à l’artisanat et a mis en place une commission « commerce et entreprise ». Dans le cadre du FIER (Fonds d’investissement pour les entreprises de la région), 300 millions d’euros ont été injectés dans l’économie locale. « 5 millions pour l’artisanat », déclare Yannick Mazette. « On peut obtenir mieux, mais ça demande des efforts. Pour porter des projets d’envergure nationale, on doit aussi diversifier nos ressources ».

Autant de sujets sur lesquels la chambre consulaire va travailler dans les prochains mois, pour être opérationnelle en avril 2022, en s’attachant à respecter ses cinq valeurs clés : confiance, intégrité, client, ambition et excellence.

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