Marseille envisage un prolongement du parc Borély sur l’hippodrome

La ville de Marseille et la mairie des 6e et 8e arrondissements envisagent de prolonger le parc Borély sur l’actuel terrain de l’hippodrome du même nom. Un projet dont la décision définitive ne sera pas prise avant 2022, date de fin du bail entre la municipalité et l’actuel gérant, la société hippique de Marseille.

Pour Yves Moraine, maire (Les Républicains) des 6e et 8e arrondissements de Marseille, ce prolongement du parc Borély sur l’hippodrome apparaît comme « une opportunité naturelle qui serait de nature à préserver un poumon vert duquel les Marseillais sont très attachés, tout en l’ouvrant beaucoup plus à la population qu’il ne l’est aujourd’hui ».

Une idée qu’il défend depuis son élection à la tête du 4e secteur de Marseille en mars 2014, et qui n’aurait donc pas pour objectif de compenser la diminution du parc public Valmer qui serait cédé en partie à un hôtel de luxe, qui fait l’objet d’une vive polémique depuis plusieurs mois.

« Jean-Claude Gaudin, le maire de Marseille, a indiqué il y a quelques mois que cette solution était envisageable. Il est aussi très ferme sur le fait qu’il ne doit pas y avoir de construction à la place de l’hippodrome », met en avant Yves Moraine.

Vue aérienne actuelle de l’hippodrome Borély et du parc

Pour rappel, le candidat PS, Patrick Mennucci, avait lui aussi fait de l’extension du parc Borély en lieu et place de l’hippodrome, l’une de ses promesses de campagne, comme en témoignent ces deux « diapositives » de son programme pour les municipales 2014.

Vers une zone piétonne entre le parc Borély et la mer ?

Yves Moraine

Yves Moraine souhaite que davantage d’activités soient organisées à l’hippodrome. Des activités hippiques, mais aussi des séminaires, l’ouverture aux scolaires, aux associations, aux habitants, des interactions avec les commerçants… « Ce que j’ai dit aux deux présidents de la Société Hippique que j’ai connus depuis que je suis maire, c’est que si l’hippodrome ne devient pas un poumon pour le plus grand nombre, forcément, un jour, la question se posera de le garder », précise l’élu.

Pour le maire, la prolongation du parc Borély permettrait, en plus d’augmenter la surface de plein air, de donner encore plus d’envergure aux activités sportives et de loisir du parc. Ainsi qu’à la dimension culturelle de ce dernier, via le musée des Arts décoratifs, de la faïence et de la mode installé dans le Château Borély. « Le rêve, ce serait non seulement de prolonger le parc à la place de l’hippodrome, mais aussi d’enterrer la circulation entre le rond-point du David et celui de l’Escale Borély pour créer un vaste espace piéton qui aille du parc jusque dans la mer », imagine Yves Moraine. Le maire reste toutefois prudent sur cette possibilité, en raison du coût des travaux pour réaliser cet enterrement de voirie.

L’hippodrome Borély
Benoît Payan

De son côté, Benoît Payan, président du groupe socialiste de Marseille, émet de grandes réserves sur le projet d’extension du parc sur l’hippodrome Borély. « Je suis content de voir que la mairie réfléchisse à autre chose que l’hippodrome, mais il faut mettre toutes les hypothèses sur la table. On peut imaginer, par exemple, quelque chose avec l’OM car on sait que le club est en recherche de foncier dans la ville. À cet endroit-là, c’est autour du sport qu’on doit développer quelque chose. S’arrêter au parc Borély n’a aucun sens », considère Benoît Payan.

En effet, en avril dernier, Frank McCourt et Jacques-Henri Eyraud, les dirigeants de l’OM avaient annoncer vouloir construire un centre d’entrainement moderne et à la hauteur des ambitions du club, ailleurs qu’à la Commanderie (Centre Robert Louis Dreyfus). Les dirigeants marseillais avaient flashé sur le site abritant, face à la mer, l’hippodrome et le golf de Borély. Mais, la Ville de Marseille et la Société hippique ne se montrent pas favorables à cette idée.

Dans une interview accordée à Paris Turf, Patrice Camacho, Président de la Société Hippique de Marseille, ne se dit pas rassuré quand au maintien de son activité sur place après 2022 « Concernant l’avenant au bail, la mairie nous a écrit le 10 juillet qu’elle ne pouvait pas prendre d’engagement au-delà de la mandature actuelle : comment alors ont-ils fait en 1997 pour signer un bail de 25 ans ? Richard Miron, l’adjoint aux sports, est le plus attentif (et de loin) à nos demandes et nos problématiques. C’est avec amertume que je constate n’avoir aucun interlocuteur à la mairie concernant l’avenir du bail de Borély. C’est bien connu, les politiques font beaucoup de promesses… On lit dans la presse tout un tas de rumeurs et d’on-dit.  L’hippodrome serait le futur centre d’entraînement de l’OM, Jean-Claude Gaudin souhaite agrandir le Parc Borély ou encore M. Tian dit y installer le Village Olympique de 2024. Je considère que l’hippodrome de Borély fait partie du patrimoine des Marseillais. On y court depuis le 4 novembre 1860. Comment envisager autre chose que cet hippodrome en bord de mer ? »

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2 COMMENTAIRES

  1. Je suis étonné qu’on ne parle pas de l’hippodrome de Pont de Vivaux également ??

    Si on doit choisir de ne fermer qu’un seul hippodrome à Marseille, il semble évident que c’est celui de Pont de vivaux qui doit fermer et lui en priorité serait transformé en ce qui deviendrait le premier parc public d’envergure de ce secteur EST de la ville, qui ne compte que quelques minuscules squares et aucun grand espace public de détente digne de ce nom. 13 hectares seraient disponibles et cela métamorphoserait vraiment le quartier Pont De Vivaux Capelette saint loup, pourtant déjà en plein développement urbain justement. Un véritable poumon vert est une urgence dans ce secteur de plus en plus dense. Chaque secteur de la ville doit proposer aux habitants au moins un grand parc public.

    La ville se développe et se construit énormément c’est une tres bonne chose pour l’économie, l’emploi, l’ouverture à l’extérieur et la vie urbaine, mais plus on construit plus les parcs existants (et les plages d’ailleurs) sont surpeuplés et deviennent trop petits pour que chacun puisse en profiter pleinement et que la ville reste respirable.

    Il n’y aura jamais trop de parcs dans une grande ville dense, les villes les plus apaisées dans le monde (et moins violentes) sont les villes les plus vertes, avec des parcs en cœur de ville (les collines alentours sont un paysage exceptionnel mais ne sont pas des parcs publics de proximité du quotidien, de plus leur protection de site naturels n’a pas vocation a attirer trop de monde en même temps, comme le parc national des calanques).

    Pour revenir à Borély, si toutefois l’hippodrome devait fermer, la seule alternative doit etre l’agrandissement du Parc Borely pour tous publics. Le parc borély est justement déjà largement saturé !!!! L’agrandir est quasiment indispensable aoujourdhui.

    Si l’hippodrome Borely est maintenu ce qui pour son symbole historique de marseille et son emplacement prestigieux, cela peut s’entendre aussi, il faudrait travailler dés à présent à l’ouvrir davantage au grand public, les nombreux jours sans compétition. Un parc central pourrait remplacer l’actuel parcours de golf par exemple ?? On pourrait imaginer des grandes passerelles piétonnes qui maintiendrait l’hippodrome et permettrait de passer par dessus (donc agrandirait borely d’une certaine façon) et rejoindre la plage. cCe serait trés original comme lieu de promenade.

    L’idée d’enterrer la route du bord de mer est tellement évidente, cela se fera forcément un jour. Voilà un projet ambitieux. Tout projet ambitieux à un cout. mais à Marseille plus rien n’est impossible. Qui croyait il ya quelques années qu’on enterrerait les autoroutes A55 devant la Major et l’A7 à la porte d’aix ??? ces chantiers pharaoniques ont pourtant bien été réalisés.

  2. Ce n’est pas un hasard si Franck McCourt jette son dévolu sur cet espace pour le nouveau centre d’entraînement de l’OM. Beaucoup de joueurs habitent tous dans le même quartier, en bas du 2e Prado, dans les maisons côté droit. Cela serait une aubaine pour les joueurs qui n’auraient qu’à sortir de chez eux pour aller s’entraîner plutôt que d’aller s’enterrer dans les fins fonds du 11e arrondissement.

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