La Ministre de la Culture tranche (définitivement ?) sur les vestiges de la Corderie

Les vestiges de la Corderie (c) C. Montoya-SRA DRAC PACA

Françoise Nyssen, ministre de la Culture, est revenue à Marseille le 7 octobre pour parler de la protection des vestiges antiques récemment retrouvés sur le boulevard de la Corderie (7e). Elle  a maintenu sa position : l’Etat ne protégera qu’une partie des vestiges et Vinci mènera à bien son chantier pour construire un programme immobilier neuf.

La Ministre a insisté sur la nécessité pour Vinci de proposer un nouveau projet qui mette en valeur le site et qui puisse être facilement accessible au public.

Notre reportage exceptionnel sur l’histoire de cette affaire à retrouver ici

Le groupe Vinci avait suspendu les travaux sur le site de la Corderie à la fin du mois de septembre, quelques jours après la venue du président de la République Emmanuel Macron à Marseille. Ce dernier, en marge de son tour « promotionnel » pour les JO 2024, avait échangé dans la rue avec un opposant au projet de construction de Vinci et lui avait promis de s’en « occuper ».

Françoise Nyssen s’est ainsi rendue samedi 7 octobre dernier sur le site de la Corderie pour visiter le chantier de fouilles et rencontrer les représentants des Comités d’Intérêt de Quartier (CIQ) mobilisés pour la sauvegarde des vestiges retrouvés.

Les vestiges historiques de la Corderie © DR

Améliorer la visibilité et l’accessibilité du site

Tout en rappelant que « l’aménagement urbain n’est pas une compétence de l’État mais bien des collectivités locales depuis les premières lois de décentralisation », la ministre de la Culture a rappelé son « cahier des charges pour une meilleure mise en valeur du site », c’est-à-dire « les grands principes à intégrer dans le nouveau projet que la Ville et l’opérateur doivent présenter ».

« Je ne doute pas que les acteurs responsables de ce dossier entendront ce message et présenteront un projet répondant à ces objectifs. Plusieurs points me semblent importants dans le nouveau schéma qui sera proposé. Celui-ci doit répondre à un certain nombre d’attentes et d’exigences en matière de restitution au public », a déclaré Françoise Nyssen.

La visibilité du site et son accessibilité dans les meilleures conditions possibles ont été mises en avant par la ministre qui a également rappelé que « la fouille archéologique, l’expertise du site ne prennent tout leur sens que dans une démarche de transmission au public ». Elle demande ainsi à la Ville de Marseille et à Vinci que « des visites à destination des élèves des publics scolaires ou universitaires puissent être mises en place ».

Les opposants toujours mobilisés

Benoît Payan, président du groupe socialiste de Marseille mobilisé pour la préservation du site antique, a réagi à cette annonce. « Le code du patrimoine prévoit que c’est à l’État de contraindre le promoteur à modifier son projet. Pourquoi [Françoise Nyssen] n’a-t-elle pas cherché à utiliser la loi pour protéger notre patrimoine ? Pourquoi une telle abdication ? », s’est-il interrogé.

Avant de poursuivre : « Démission de la puissance publique ou complaisance avec les puissants, la décision de la ministre est une farce, une mascarade. Elle n’est pas à la hauteur de cette grande institution sensée protéger le patrimoine des Marseillais. Une fois de plus, une fois de trop, la ministre semble plus attachée aux exigences de Vinci qu’aux attentes des citoyens ».

Les habitants, quant à eux, continuent de se mobiliser. Cela passe par un rassemblement ce lundi 9 octobre à 18h sur la place Joseph Etienne (7e). « Nous ferons un compte-rendu de la réunion et déciderons des actions à mener. Nous n’acceptons pas ce dictât de la part du ministère. Nous continuons le combat de plus belle ! », a mis en avant Guy Coja du collectif Laisse Béton.

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