Les vestiges historiques de la Corderie bientôt protégés par l’Etat

Des Marseillais veulent « sauver » les vestiges historiques déterrés sur la Corderie

À deux pas de l’abbaye Saint-Victor et du Four des Navettes, une drôle de découverte agite tout le quartier… Fin octobre 2016, des travaux de construction d’un bâtiment de logements, situé boulevard de la Corderie (7e), ont été stoppés après seulement deux jours de chantier. Des vestiges ont été découverts, mobilisant les habitants du quartier pour leur protection.

Et ces vestiges ne sont pas moins que ceux d’une ancienne carrière grecque de calcaire datant de – 500 avant Jésus-Christ ! « On a dans ces blocs, des coups de couteaux, de ciseaux qui sont encore présents », met en avant Jean-Noël Bévérini, historien mobilisé pour la préservation du site aux côtés du Comité d’Intérêt de Quartier (CIQ) Saint Victor, Corderie, Tellène et rues adjacentes et qui à lancé une pétition en ligne sur ce sujet.

Françoise Nyssen, Ministre de la Culture du gouvernement Macron, s’est engagée hier au nom de l’Etat à protéger une partie du site : 600 m² devraient être classés au titre des Monuments historiques et une servitude permettre au public d’y accéder en permanence.

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En rouge, emplacement des terrains du boulevard de la Corderie concernés par le projet immobilier et où des vestiges ont été découverts © DR

Les vestiges ont été retrouvés sur le terrain, aujourd’hui en friche et où se trouvaient auparavant deux plateaux sportifs, acheté par la SNC ADIM PACA, filiale du groupe Vinci, à la Ville de Marseille. Ces derniers jouxtent le boulodrome de la Corderie et le jardin de Saint-Nicolas qui, eux, ne sont pas concernés par le futur projet immobilier.

Reportage photo du site avant les fouilles, en janvier 2017 © Agathe Perrier

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Une partie des excavations effectuées en octobre a été recouverte par des bâches dans l’attente de la décision de l’INRAP et du Préfet sur les suites du chantier

Créer un jardin des vestiges pour les sauvegarder

Avant que les fouilles ne révèlent l’ancienne carrière, le CIQ  Saint Victor souhaitait la réalisation d’une « coulée vert » pour relier les monuments historiques allant du col du Fort Saint-Jean jusqu’à Notre-Dame de la Garde. Une pétition a même été lancée, recensant plus de 1 300 signatures.

Aujourd’hui, étant donné la richesse du site, le CIQ se mobilise pour qu’un « jardin des vestiges » y soit créé, ce qui « constituerait l’arc historique et touristique de ce secteur ». « On demande que les vestiges soient là et de laisser à jour le patrimoine de Marseille comme cela a aussi été fait au Centre Bourse. De sauvegarder le patrimoine enfoui plutôt que de l’enterrer, car c’est le centre historique de Marseille », explique Gilbert Laurens, vice-président du CIQ Saint-Victor.

« Tout cela dépend de la valeur historique et académique des fouilles. C’est à l’Institut national de recherches archéologiques préventives (INRAP) et au Préfet de la déterminer », précise Sabine Bernasconi, maire des 1er et 7ème arrondissements. D’après le CIQ Saint-Victor, les fouilles vont bientôt se terminer.

Des vestiges soupçonnés par le CIQ

L’éventuelle découverte de vestiges ne surprend d’ailleurs pas les membres du CIQ qui, dès 2013, ont alarmé la mairie centrale de la potentielle présence de vestige à cet endroit, dans un recours lancé contre la création du projet immobilier. « Une telle réalisation se traduirait par […] des vestiges mis à jour vue par les excavations pour réaliser les 3 étages de parkings souterrains », peut-on lire dans le recours. « On savait, de par l’approche de l’abbaye de Saint-Victor, que l’on retrouverait des choses. On se disait qu’il y aurait, comme à l’abbaye, des sarcophages », ajoute Gilbert Laurens.

Le recours, composé de 15 points jugés « néfastes » que représenterait le futur bâtiment de logement, a été rejeté à l’époque. Parmi les points relevés par le CIQ : la hauteur du bâtiment, qui sera composé de huit étages et qui obstruera la vue des logements déjà présents sur le boulevard de la Corderie, le nombre de voiture que les 109 logements engendreront sur un boulevard « déjà saturé depuis la semi piétonisation du Vieux-Port » et le manque de place de stationnement puisque le projet ne prévoit un parking que d’environ 150 places. « Je comprends pour autant la nécessité pour la ville de faire venir de nouveaux contribuables, surtout lorsqu’une parcelle de terrain est libre en centre-ville car c’est plutôt rare. Mais d’un autre côté, au niveau touristique, on ne peut pas s’amputer de notre patrimoine, ce sont nos racines », souligne Gilbert Laurens.

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Vue sur l’une des parties des terrains concernés par le projet immobilier de la Corderie depuis un appartement situé en face © AP

La nécessaire rénovation du rempart Louis XIV

Avec quelques jours d’intervalle et pourtant aucun lien initialement, une autre pétition a été lancée cette fois pour demander la rénovation du rempart Louis XIV qui jouxte le terrain où le futur bâtiment de logements devrait être construit. Ce rempart date de 350 ans en arrière puisqu’il a été érigé en 1666 par Nicolas Arnoul, à qui l’on doit également l’Arsenal des Galères, sur ordre de Louis XIV afin d’agrandir la ville.

Le rempart, dont il ne reste aujourd’hui quasiment que le morceau de la Corderie, n’a pour le moment été rénové que sur sa face sud, celle donnant sur le boulevard des Lices. La pétition, menée par Jean-Noël Bévérini, académicien de Marseille et passionné d’histoire, demande que la même chose soit faite pour la face nord, donnant sur le boulevard de la Corderie. L’édifice ne fait d’ailleurs pas partie de l’emprise du chantier de logements, comme le précise Sabine Bernasconi. Avant de conclure : « C’est au service des monuments historiques de la Ville de Marseille et de la Direction Régionale des Affaires Culturelles (DRAC) d’évaluer l’état du rempart et d’en proposer une éventuelle restauration. Si elle s’avérait nécessaire, j’y serai bien évidemment favorable ».

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La façade sud du rempart, qui a été rénovée, donnant le sur la rue des Lices © AP

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7 COMMENTAIRES

  1. qu’ils se en retournent en priorité contre la ville qui a délivré le permis de construire !

    et pourquoi ne pas recontruire le site à l’identique ailleurs ,dans un espace qui le mettrait bien plus en valeur et ce avec des commentaires etc….. ,cela s’est déjà fait ailleurs dans le monde (en Egypte par ex.)

    • Reconstruire ailleurs n’aurait pas de sens ! L’intérêt historique est justement d’avoir ces témoignages « in situ » = à leur place d’origine? On ne va pas déplacer un monument, ou des ruines, sous prétexte qu’ils gêneraient moins ailleurs !

  2. surtout ne rien construire
    On a besoin de verdure et de calme assez de circulation et d’embouteillages avec des voitures qui ne savent plus où se garer
    il y a assez de logements dans le centre ville qui étouffe on n’a qu’à rénover l’existant
    Assez de béton Assez des grands groupes qui veulent effacer le passé des générations futures
    Que le Maire aille voir ce qui se fait ail leurs en France et dans le monde
    Que l’on copie les choses bien et qu’il arrête de penser au fric!!!!

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