Ouvrez les portes des data centers d’Interxion qui accueillent Facebook, Amazon,…

Les bâtiments abandonnés sur le port de Marseille bientôt transformés

La société Interxion, leader européen des data centers, nous a ouvert les portes de ses deux futurs pôles numériques avant le démarrage des travaux. Baptisés « MRS2 » et « MRS3 », ils se situent sur le périmètre du Grand Port Maritime de Marseille et devraient accueillir, une fois les chantiers terminés, de grands opérateurs mondiaux.

Un premier data center appelé « MRS1 », d’une superficie d’environ 6 000 m², a déjà ouvert ses portes à Marseille en avril 2015 rue Roger Salengro, à proximité de l’hôpital européen (3e). La société dispose aujourd’hui de 45 établissements, dont 8 en France, répartis dans différents pays européens comme l’Allemagne, l’Autriche ou encore l’Espagne et parmi eux les géants du web Facebook, Amazon et Microsoft.

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Le data center MRS1 © DR

Avec ses deux futurs pôles numériques, Marseille disposera ainsi de trois data centers. Cela permettra d’accueillir plus d’opérateurs et d’entreprises qui pourront bénéficier d’une connexion hyper efficace et de service de protection et de stockage très fiables grâce aux différentes infrastructures présentes dans la ville. En effet, les lieux sont hautement sécurisés, avec 7 niveaux de sécurité avant d’arriver aux machines.

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Visite guidée dans les futurs data centers avant les travaux

Pour MRS2 et MRS3 et transformer les bâtiments existants en pôles numériques, Interxion investit au total 180 millions d’euros. Le choix de l’emplacement, sur le périmètre du Grand Port Maritime de Marseille (GPMM), s’est fait de sorte à ce qu’il ne soit pas trop éloigné de MRS1 (moins de quatre kilomètres) et de la ville de façon générale.

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Infographie – Travailler en Provence

Le bâtiment MRS2, composé de deux hangars, date des années 1950. Il a d’abord servi d’entrepôt pour des produits céréaliers et d’huile d’olive puis a été utilisé par la société Fouré Lagadec jusqu’en 1995 pour des activités de maintenance industrielle. Le chantier prévoit une réhabilitation complète de la zone, seule la structure en béton du bâtiment étant conservée, avec notamment l’ajout d’arbres et d’un garage à vélos.

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Entrée de MRS2 © AP
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Parking extérieur de MRS2 © AP

Les travaux sur ce site ont débuté au mois d’avril après un permis de construire obtenu fin 2016 et purgé de tout recours à la fin du mois de décembre 2016. Le désamiantage et le curetage du bâtiment ont été réalisés et la livraison, prévue initialement à l’été 2017, est maintenue. En « avant-première », Interxion y a installé un data center containerisé pour les besoins urgents d’une entreprise.

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L’extérieur du bâtiment MRS2 actuellement © AP

Quant à MRS3, l’histoire du bâtiment est plutôt insolite. À l’origine, il s’agit d’une base navale construite entre 1942 et 1944, sous le nom de code « Martha » par l’armée allemande pour accueillir et protéger ses U-boot, des sous-marins qui lui ont servi pendant les deux guerres mondiales. Mais la fin de la Seconde Guerre mondiale a eu raison de ce projet et les Allemands n’auront finalement jamais eu l’occasion d’utiliser la base navale.

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La base navale et les entrepôts en 1951 © DR
Les bâtiments abandonnés sur le port de Marseille bientôt transformés
Les bâtiments abandonnés sur le port de Marseille bientôt transformés © DR

Par la suite, la base a servi à divers types de stockage pour les armées jusqu’en 1982, puis pour des matières chimiques sous douane jusqu’en 2000. La partie bureau la plus au Nord était, elle, occupée par le GPMM jusqu’en 2005. Toutefois, compte-tenu de sa configuration atypique, elle n’a jamais trouvé un usage maritime d’ampleur.

Les mensurations du bâtiment sont impressionnantes : plus de 200 mètres de long et 40 mètres de large, des dizaines d’alvéoles de plus de 12 mètres de hauteur, un toit en béton d’une épaisseur de 5,5 mètres pour protéger l’intérieur en cas de bombardement aérien, un mur d’enceinte de dizaines de centimètres d’épaisseur lui aussi pour servir de rempart.

Toute la structure va là encore être conservée et rénovée avec vraisemblablement un grand mur végétal. Interxion travaille actuellement sur le « basic design » du bâtiment, à savoir la partie technique de schéma de conception de l’intérieur. Objectif : déposer un permis de construire au mois de mai 2017 afin qu’il soit purgé de tout recours au mois de décembre suivant de sorte à commencer les travaux dans la foulée. À la fin, Interxion compte livrer des salles de 240 m² pour les entreprises, soit en tout entre 8000 et 10000m² dédiés aux machines, l’équivalent du data center de La Courneuve en Seine-Saint-Denis.

Une aubaine pour une ville qui tend à devenir un hub numérique mondial

Pose de la première pierre avec Jean-Claude Gaudin Maire de Marseille, David Ruberg CEO Interxion Groupe, Fabrice Coquio Président Interxion France, Stéphane Bouillon Préfet de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, Christine Cabau Woehrel Présidente du Directoire du Port de Marseille Fos et des partenaires de Interxion. © Sophie Pironnet

Lors de la cérémonie de la pose de la 1ère pierre du MRS2 le 29 juin, Interxion, ses partenaires ainsi que le port Marseille-Fos et la ville de Marseille ont tenu à souligner l’importance des data center dans la ville et plus globalement de ce qu’ils représentent.

Avec les 23 câbles de fibres sous-marins passant par Marseille pour relier les continents et une pépinière de start-up dans la métropole, les élus et les principaux acteurs de la ville entendent créer la « Smart City du sud de l’Europe ». « L’ultra connectivité du territoire est un facteur clé de notre positionnement stratégique et le nouvel or noir de l’économie d’aujourd’hui, la donnée numérique, est au cœur de la révolution industrielle dans laquelle nous sommes d’ors et déjà engagés », indique Jean-Claude Gaudin, sénateur-maire de Marseille et président de la Métropole d’Aix-Marseille Provence qui veut créer une zone pivot des échanges entre le nord et le sud de l’Europe « Cela permet aux société positionnant leurs infrastructures à Marseille, d’adresser de nouveaux marchés ».

« Au cours de ces 3 années nous avons vu la ville évoluer d’une ville de transit, elle est devenue aujourd’hui une ville de contenu et peut se targuer d’être devenue d’ores et déjà un hub numérique d’envergure mondiale pour les échanges télécom cloud et digital media », ajoute Fabrice Coquio.

Marseille, portée par Interxion a d’ailleurs été élue « best data center location » au niveau mondial à Monaco lors des Data Cloud Awards et l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) la classe parmi les villes les plus innovantes au monde.

L’initiative est aussi porteuse de travail puisque MRS2 et MRS3 génèreront chacun 20 employés, 60 personnes en sous-traitance dans un environnement où entre 350 et 500 personnes évolueront, tout comme le fait déjà MRS1 à la Joliette. Les entreprises bénéficieront aussi de leurs services et de leur notoriété pour évoluer. « Là où il y aura des data center il y aura bien évidemment des entreprises locales porteuses de travail dans un domaine d’avenir », déclare Gérard Gazay, maire d’Aubagne et vice-président du conseil de la métropole déléguée au Développement des entreprises, Zones d’activités, Commerce, Artisanat.

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