Analyse – Comment Marseille booste son budget éducation pour rénover ses écoles ?

Analyse – Comment Marseille booste son budget éducation pour rénover ses écoles ?

En 2017, le budget alloué à l’éducation des Marseillais représente 26% du budget total de la ville, soit une augmentation de 15% par rapport 2016. En tout, ce sont 181 millions d’euros en dépenses de fonctionnement et 57 millions d’euros dépenses d’investissement qui vont servir essentiellement à mener des travaux de réaménagement dans les écoles marseillaises.  

Il faut dire que la situation des écoles élémentaires marseillaises est préoccupante dans certains établissements de la ville. Jean-Claude Gaudin, maire la ville, a d’ailleurs lancé un grand plan de rénovation de 250 écoles l’été dernier. Nous en parlions ici

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La séance du conseil municipal

Marseille investit-elle plus que Lille ou Paris ?

La ville de Marseille a dévoilé les grandes lignes de son budget 2017. Sur un budget global toutes dépenses confondues de 1,444 milliard d’euros, la ville dépense 238 millions d’euros pour l’éducation et ses écoles soit 26% du budget, contre 208 millions en 2016, ce qui mène donc à augmentation de 15% par rapport à l’année dernière.

26% du budget global de la ville alloué à l’éducation, c’est plus qu’à Lille ou à Paris. Selon Yves Moraine, la part des dépenses liées à l’éducation à Lille ne représente que 20% du budget de la ville. « Madame Aubry fait beaucoup moins pour les écoles de Lille que Jean-Claude Gaudin pour les écoles marseillaises ». Effectivement, à Lille, le budget prévisionnel de la ville est de 410,4 millions d’euros dont 82,6 millions d’euros alloués à l’éducation, soit 20% du budget global. À Paris, le budget primitif de la ville grimpe à 7,9 milliards d’euros pour 483,89 millions d’euros pour l’enseignement primaire (mention indiquée sur leur site internet), soit 6,12% du budget total de la capitale.

En ce qui concerne la métropole du Grand Lyon, son budget primitif total pour 2017 s’élève à 3 162 millions d’euros dont 85,2 millions d’euros sont consacrés à l’éducation, soit environ 2,69% du budget de la Métropole. Toutefois, ce chiffre est à nuancer puisqu’il est à rapprocher du statut de la métropole lyonnaise, dont le budget de l’éducation est maintenant une compétence métropolitaine.

Néanmoins, pour d’autres élus comme Annie Levy-Mozziconacci, conseillère municipale et métropolitaine socialiste à la Ville de Marseille dans le 6e secteur, malgré l’un des plus gros budgets de France « l’école à Marseille n’est toujours pas à la hauteur de la 2e ville de France ».

746 chantiers lancés dans les écoles marseillaises en 2016

Danielle Casanova, adjointe au maire en charge de l’Education, n’est pas sans rappeler que l’éducation et la jeunesse sont les priorités de la cille. Lors du conseil municipal, elle présentait 30 rapports concernant l’éducation et le réaménagement des écoles de la cité phocéenne. Tous ont été approuvés.

« Il faut donner aux élèves marseillais toutes les chances de réussir », explique-t-elle. Elle rappelle que 746 chantiers ont été lancés dans les écoles marseillaises en 2016 pour 41 millions d’euros. Par ailleurs, 34 nouvelles classes et deux nouveaux groupes scolaires ouvriront pour la rentrée 2017. L’un d’entre eux, Le Rouet sera situé dans les quartiers Sud de la ville, et l’autre, le groupe scolaire Sainte-Marthe s’implantera dans les quartiers Nord. Mais pour l’heure, l’ouverture des deux groupes scolaires à la rentrée 2017 représentera 7 nouvelles classes, et à terme, 14 nouvelles classes. La ville ne compte pas s’arrêter là : d’ici à 2020, l’ouverture de 10 groupes scolaires est prévue dans le centre-ville et à Euroméditerranée, qui coûteront à la ville 10 millions d’euros.

« On compte 1500 nouveaux élèves par an dans les écoles de notre ville », affirme l’adjointe au maire. Les 30 millions d’euros supplémentaires alloués à l’éducation vont servir à rénover totalement les écoles de la ville, à acheter du mobilier (tables et chaises) pour équiper les futures salles de classe mais aussi pour acquérir des fournitures scolaires.

Une hausse du budget de l’éducation que Benoît Payan, président du groupe socialiste marseillais, qualifie de « nécessaire » au vu de « l’état de dégradation avancé dans lequel se trouvent les écoles de Marseille ». « Nous avons des écoles dignes d’il y a 30 ans », fustige-t-il. Pour l’élu de l’opposition, ce budget va permettre aux écoles de la ville de revenir à une situation « normale par rapport aux écoles des autres villes ».

La réforme des rythmes scolaires remise en cause

La réforme des rythmes scolaires coûte aujourd’hui 80 millions d’euros à Marseille. Tous les temps d’activités périscolaires (TAP) sont proposés gratuitement aux familles marseillaises « contrairement aux autres villes où les familles doivent s’acquitter de 86 euros par enfant », constate Danielle Casanova.

C’est d’ailleurs dans les 13e et 15e arrondissements de la ville qu’elle recense le plus grand nombre d’inscrits. Toutefois, cette réforme fait grincer des dents et ne semble pas plaire, ni aux élus, ni aux parents. « Tous les candidats à la présidentielle, excepté Benoît Hamon, veulent supprimer les TAP. Quant à François Fillon, il laisse la liberté aux villes de choisir et de s’organiser », continue l’élue.

À la place, la ville de Marseille souhaite mettre l’accent sur le dispositif Marséduc, en place depuis une dizaine d’année dans la ville. Ce dispositif d’aide à la réussite scolaire, propose aux élèves de CP et CE1, répartis par petits groupes de travail, d’apprendre à lire et à compter. Une opération qui selon Danielle Casanova « enregistre un taux de réussite de 85%« . Ces ateliers de travail continueront d’être proposés hors des heures de classe et semblent être aujourd’hui indispensables aux yeux de l’adjointe au maire, « à Marseille, on a 209 écoles classées en REP et REP+, c’est la ville de France qui en compte le plus ».

Selon l’élue, faire payer les TAP aux Marseillais imposables « n’aurait rien changé, car les TAP sont organisés par des associations composées de jeunes qui ont le BAFA. Ce n’est pas suffisant pour encadrer les enfants hors de l’école, déjà que c’est assez difficile de les encadrer au sein de l’établissement, alors les emmener à l’extérieur voir les Îles Frioul par exemple, c’est impensable ».

Benoit Payan estime que la réforme des rythmes scolaires a été « très mal négociée ». « On dispose de 11 550 agents dans notre ville, nous ne sommes pas une petite ville donc il y avait le temps de préparer cette réforme », avant de poursuivre « dans d’autres villes, on fait sortir les enfants, on va les faire visiter d’autres choses et à Marseille seulement il faudrait les « boomkériser », ce n’est pas recevable comme argument ».

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