[Les p’tits secrets] Connaissez-vous la vraie histoire de la Canebière ?

Dans la rubrique [Les p’tits secrets], Made in Marseille dépoussière Marseille et ses secrets.

Connaissez-vous la vraie histoire de la Canebière ? La plus célèbre avenue de la ville a une histoire tumultueuse marquée par le commerce, le faste, la richesse, les costumes d’antan ou la pêche. Retour sur 400 ans qui ont fait le succès de la cité phocéenne.

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La Canebière (autrefois « la Cannebis ») vient du provençal canebe, qui provient lui-même du latin cannabis, signifiant le chanvre. En effet Marseille était l’un des plus grands comptoirs de chanvre au monde pour la fabrication et le commerce des élingues et cordages.

Elle a été construite au milieu du 17e siècle lors de l’agrandissement de la ville ordonné par Louis XIV, sur un ruisseau, le Jarret, qui menait dans une crique, l’actuel Vieux-Port. Le Jarret court toujours sous la Canebière, et sous le boulevard Sakakini qui prend souvent son nom. Son lit aurait été détourné au 11e siècle vers l’Huveaune tout en conservant une dérivation jusqu’en 1666 pour les besoins des tanneries et des jardins.

Robert Ripa « Notre Canebière »

Une histoire qui débute au 17e siècle

À l’origine, la rue est comprise entre le cours Saint-Louis et l’arsenal des Galères avec une longueur de 250 mètres pour 11 mètres de large.

En 1671, les premières maisons (aujourd’hui détruites) sont construites à l’angle de la Canebière et du cours Belsunce. En 1727, des rangées d’arbres sont plantées transformant la rue en promenade. Entre 1743 et 1751 sont construits les immeubles compris entre la rue Saint-Ferréol et le cours Saint-Louis. Des commerces de luxe s’installent (parfumeur, librairie, confiseur, etc.)

En 1785, l’arsenal des galères est désaffecté permettant le prolongement de la Canebière jusqu’au Vieux-Port.

Pendant la révolution, la guillotine est installée à hauteur de la place Charles-de-Gaulle. En 1853, certains des immeubles sont détruits, frappés d’alignement. En 1854, commence la construction du Palais de la Bourse qui héberge la Chambre de Commerce. Celle-ci, créée en 1599 par les marchands, siégeait jusqu’alors à l’Hôtel de Ville.

En 1857, le Conseil municipal décide que la Canebière aura 30 mètres de large. Les maisons sont démolies et on en reconstruit d’autres dont la majorité subsiste encore aujourd’hui.

L’achèvement de la Canebière comme on peut la voir aujourd’hui du quai des Belges jusqu’à l’église Saint-Vincent de Paul, a duré plus de trois siècles. Et les trois tronçons distincts sont marqués aujourd’hui par la succession des styles et les différentes volontés des urbanistes.

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Ce n’est, officiellement, qu’en 1928 que la Canebière s’étendra du Vieux-Port jusqu’à l’église des Réformés englobant ainsi la rue Noailles et les allées de Meilhan.

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« Sur la Canebière, il suffit de s’installer à une terrasse de café pour voir défiler le monde entier ».

Une vidéo des années 60 qui raconte l’histoire

A cette période, la Canebière est devenue le lieu incontournable où convergent toutes les lignes de tramway et tous les intérêts commerciaux. Une période faste, qui prend fin dans les années 60 avec le démantèlement progressif du réseau de tramway dans toute la ville, à la suite des bombardements de la seconde guerre mondiale, qui avaient ravagé la plupart des installations. Seul la ligne 68 entre Saint-Pierre et Noailles, s’engouffrant sous la Plaine a persisté jusqu’en 2004.

En 1967, la ville échappe de peu à un projet farfelu qui n’aurait pas vraiment été une réussite pour la Canebière. Celui de réaliser un viaduc au-dessus de la voie pour relier directement le boulevard Garibaldi à Dugommier, devant l’actuel hôtel de Police.

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La suite, on la connait, le retour du tramway est inauguré en 2007. Aujourd »hui, une nouvelle ligne sur la rue de Rome est en cours d’achèvement pour une livraison programmée en mai 2015. Pour tout savoir c’est par ici


Photos © DR / Ville de Marseille

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3 COMMENTAIRES

  1. Site et article sympas, cependant le Jarret ne s’est jamais jeté dans le Vieux-Port, il aurait fallu pour cela qu’il « remonte » le bd de la Blancarde jusqu’aux 5 Avenues. Non, il y avait tout simplement des sources dans le vallon qui mène à Longchamp…

  2. Bonjour l article est sympa Mais je donne raison a Jean Michel Lacaux , si je ne me trompe pas la rivière qui se jetait dans le vieux port s’appelait le Lacydon cette rivière a donné le nom au vieux port Lacydon , si d’autres ont d autres réponses n’hésitaient pas

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