La gratuité des transports à Marseille a fait son apparition dans la quasi-totalité des programmes des candidats aux municipales 2026. Avec des nuances selon chacun : pour les moins de 26 ans ou pour tous ? Découvrez les positions des prétendants à la mairie.

Les transports en commun vont-ils un jour devenir gratuits à Marseille, comme c’est déjà le cas dans la commune voisine d’Aubagne, ou d’autres villes de France telles que Montpellier ou Dunkerque ? Au-delà d’une mesure de pouvoir d’achat pour les habitants, le principe de gratuité vise à faire baisser la part de la voiture et accélérer la transition environnementale.

C’est un serpent de mer depuis quelques années à Marseille, mais à l’heure des élections municipales, la promesse de gratuité des transports sonne comme un argument électoral. Presque tous les candidats ont fait des annonces pour élargir la gratuité au plus grand nombre, avec des nuances pour chacun. Tour d’horizon de leurs propositions.

Contexte

Une compétence métropolitaine : Ce n’est pas la mairie de Marseille mais la Métropole Aix-Marseille-Provence qui gère les transports en commun. Toutefois, la future majorité municipale siègera au conseil métropolitain et pourra faire entendre sa voix. D’autant plus que le changement de mode de scrutin pourrait donner plus de poids à la ville centre.

Une mesure coûteuse : Lors des dernières réflexions sur le sujet, la Métropole estimait le coût de la gratuité totale des transports marseillais à 300 millions d’euros. Concernant l’élargissement aux moins de 26 ans, souhaité par la majorité des candidats, la présidente de la Métropole l’estime à 18 millions d’euros annuels. Certains envisagent d’augmenter le Versement mobilité, contribution payée par les entreprises, pour financer la gratuité des transports.

Martine Vassal veut désormais étendre la gratuité aux moins de 26 ans

L’autorité en charge des transports, la Métropole Aix-Marseille-Provence présidée par Martine Vassal, a tergiversé sur la question ces dernières années. Après avoir enterré l’idée jugée trop coûteuse en 2019, de nouvelles réflexions ont conduit l’intercommunalité à lancer la gratuité des transports pour les plus de 65 ans et les moins de 11 ans en septembre 2025.

Cinq mois plus tard, la présidente de la Métropole devenue candidate à la mairie de Marseille a annoncé vouloir « la gratuité des transports en commun jusqu’à 26 ans » si elle est élue maire. Une mesure qu’elle veut mettre en place « au lendemain de l’élection », répond-elle dans sa grande interview.

Une surprise pour les observateurs, alors que la municipalité marseillaise avait déjà demandé à Martine Vassal d’élargir la gratuité aux moins de 26 ans en même temps que les séniors et les enfants en septembre dernier. Pourquoi ne pas l’avoir fait à ce moment ? « Parce qu’on n’avait pas la capacité financière. Aujourd’hui, on l’a davantage. Ça coûte 18 millions d’euros », précise la candidate.

Benoît Payan : les moins de 26 ans et plus si possible

Du côté de la gauche, le programme du Printemps marseillais mise sans surprise sur « la gratuité des transports pour les moins de 26 ans et les étudiants ». Le maire candidat à sa succession, Benoît Payan, envisage même d’aller plus loin et nous confie envisager la gratuité totale : « Moi, je ne suis pas contre », lance-t-il lors de notre grande interview.

Il table sur une victoire à la mairie de Marseille et le changement du mode de scrutin pour avoir plus de champ d’action à la Métropole, et un meilleur accès aux données financières concernant les transports. « Mais je crois que ça coûte plus d’argent d’avoir des contrôleurs, de faire payer, de mettre des machines, que de faire gratuit. Et surtout, ça va inciter les gens à prendre le métro, le tramway et le bus ».

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Pour Sébastien Delogu, après les moins de 26 ans, la gratuité pour tous

À sa gauche, le programme du candidat de la France insoumise, Sébastien Delogu, acte aussi la gratuité des transports en commun pour les moins de 26 ans. « Nous sommes les premiers à avoir sorti cette mesure […] et personne n’en a parlé. Quand c’est Martine Vassal qui l’a sorti, ça a fait les gros titres. Elle ne l’a jamais fait. Pourquoi elle le ferait maintenant ? », dénonce le député insoumis lors de notre interview.

Sébastien Delogu souhaite aussi, à terme, la gratuité totale des transports en commun, et à plus grande échelle : « Quand nous récupérerons le pays, nous ferons en sorte qu’il y ait une gratuité totale. Nous avons compris que pour le moment, ce n’est pas possible de le faire. Nous ne sommes pas des irresponsables », relativise le candidat, au vu des finances de la Métropole.

Erwan Davoux « en réflexion » sur la gratuité totale

De son côté, Erwan Davoux, candidat sans étiquette aux côtés de Nora Preziosi, estime que « la RTM touche 116 millions d’euros par an de billetterie. Du coup, j’engage une réflexion », s’il est élu maire, nous répond-il. « Certaines villes vont jusqu’à la gratuité totale. Pour moi, ce n’est pas inenvisageable. Si une ville en aurait intérêt, c’est bien Marseille. Parce que c’est une mesure de pouvoir d’achat, ça a une incidence écologique importante et ça permet de redynamiser le centre-ville qui en a bien besoin. Et ça réduit les incivilités et les agressions parfois à l’encontre des chauffeurs de bus ».

Mais si l’idée est belle sur le papier, le candidat ne souhaite pas « faire des propositions en l’air et non financées. II faut poursuivre la réflexion ».

Pour Franck Allisio (RN) : « la gratuité n’existe pas »

Seul Franck Allisio, tête de liste du Rassemblement national à Marseille, ne semble pas faire de la gratuité des transports une priorité. « Nous considérons que la gratuité n’existe pas. Le contribuable paye, par ses impôts, la dite ‘gratuité’ », nous répond le candidat d’extrême droite.

« Notre priorité, c’est d’avoir des transports qui fonctionnent, propres, sûrs et de lutter contre la fraude. Avec l’argent obtenu dans la lutte contre la fraude, nous finançons pour une part les travaux nécessaires au développement du réseau de transports, notamment à l’Est, et d’autre part, une « gratuité » pour les plus jeunes comme les plus âgés des Marseillais ».

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