Limitation des jeunes sur les plages, loi spéciale pour le logement et les écoles, état d’urgence face au narcotrafic, couvre-feu, mise en vente d’une partie du Vélodrome, affaires en cours… le candidat du RN pour la mairie de Marseille, Franck Allisio, défend son projet.
Pour notre sixième et dernière interview des candidats aux municipales 2026, Made in Marseille a rencontré Franck Allisio, tête de liste pour le Rassemblement national (RN).
L’ancien sarkozyste a arboré les étiquettes UMP et LR avant de rallier en 2015 le Front national, pour les élections régionales, avec Marion Maréchal. Après avoir échoué aux législatives à Marseille en 2017, il est devenu député de l’Est de l’étang de Berre en 2022, réélu en 2024.
Son objectif se fixe désormais sur la mairie de Marseille qu’il compte conquérir, alors que les derniers sondages le mettent au coude à coude avec le maire sortant Benoît Payan (DVG). Mais quel est son projet pour la ville, concernant le logement, les écoles, la sécurité ? Il nous répond ce jeudi 12 février dans une brasserie de la Canebière. Interview.
Vous êtes député depuis 2022, à l’Est de l’étang de Berre, pourquoi vouloir aujourd’hui briguer un mandat local à Marseille ?
Parce que je suis marseillais, parce que j’y suis né, j’y ai grandi, j’y vis. Il y a une logique absolue à ce que j’aille sur ce combat, qui est la plus belle des batailles.
Ça a paru naturel à ma famille politique, notamment Jordan et Marine qui m’y ont encouragé. C’est même apparu naturel dans ma circonscription (Marignane-Vitrolles-Châteauneuf, Ndlr), parce que tout le monde a mesuré l’urgence, la gravité de la situation à Marseille. Si Marseille tombe, derrière, c’est toute la Provence qui tombe, et derrière, la France.
Pourquoi vous ne vous êtes pas présenté à Marseille pour les dernières législatives alors ?
J’avais été élu conseiller municipal et métropolitain à Marseille en 2020. Je suis allé dans cette circonscription qui est aux portes de Marseille – entre l’Estaque et le Rove, c’est une rue – parce que la bataille était difficile.
À la différence de beaucoup du personnel politique marseillais qui est caché en sécurité derrière ses mandats depuis des décennies, héritiers d’ailleurs, sans s’être beaucoup foulés, dans des territoires où ils sont sûrs d’être élus à vie, moi, je vais au combat. Et cette circonscription, c’était un combat difficile. Et aujourd’hui, Marseille, c’est un combat difficile, mais on va le gagner.
La première préoccupation, l’urgence absolue, c’est la sécurité.
HABITAT ET LOGEMENT
Si vous imaginez gagner, parlons programme. Concernant l’habitat, quelles sont vos principales mesures face à la crise du logement ?
Le logement, c’est très important. J’en parle beaucoup dans mon programme. Mais la priorité absolue des Marseillais, c’est la sécurité. Sans sécurité, pas de logement décent, pas d’attractivité de la ville. Et pas d’attractivité, pas de rénovation urbaine, parce que, par définition, n’étant pas dans un pays communiste, dieu merci, tout ne viendra pas de l’État.
Le maire sortant ne s’est pas occupé de sécurité, ne s’est pas occupé de propreté, il dira que c’est la Métropole, il a en partie raison. Résultat, la rénovation urbaine est quasiment au point mort, la revitalisation du centre-ville est quasiment au point mort.
Au-delà de la sécurité et de la propreté, faut-il agir sur d’autres leviers pour le logement ?
Mon idée, c’est d’identifier, immeuble par immeuble, ceux qui ont un besoin impérieux de rénovation, dans le centre-ville en particulier. À partir de là, on pourrait avoir recours à ce qu’on appelle des opérations de restauration immobilière.
On va vers les propriétaires de ces immeubles pour les engager à rénover. Mais on ne peut pas les forcer. Soit la mairie préempte et ensuite elle fait les travaux, puis elle revend à un investisseur privé. Soit la mairie trouve directement un investisseur privé qui s’engage à faire les travaux et elle le revend immédiatement.
Rénover pour faire du Airbnb ? Ça poserait un problème ?
L’idée, c’est de redonner aux investisseurs privés, y compris aux petits propriétaires, envie d’investir. Pour ça, on s’engage à ne plus augmenter la taxe foncière.
C’est du donnant-donnant, qu’on peut imaginer aussi concernant le Airbnb. Le centre-ville, le plus exposé, doit être véritablement réglementé en matière de Airbnb. Dans ces zones, les plus strictes, quelqu’un peut dire : “moi j’achète un immeuble, je le rénove. En échange, je peux avoir un assouplissement de la réglementation sur les Airbnb pendant X années, le temps d’un retour sur investissement”.
Rénover pour faire du Airbnb ?
Ça poserait un problème ?
Est-ce une solution face à la crise du logement ?
Pour moi, le plus important, c’est qu’il y ait rénovation.
Vous avez d’autres pistes pour produire du logement ?
Je pense que le prochain maire de Marseille aurait tout intérêt à aller demander au gouvernement une loi spéciale. Si on a été efficace et qu’on a eu des résultats sur l’organisation des Jeux olympiques, la construction des infrastructures, des équipements publics, si on a réussi à être dans les temps pour la restauration de Notre-Dame, c’est parce qu’il y a eu une loi spéciale qui a permis d’atteindre les objectifs en allégeant les procédures et en mettant des procédures d’urgence et des procédures allégées.
Concernant toute la commune ?
Non, on déterminera des périmètres.
La seule chose qui marche dans notre ville, ça s’appelle Euromed. C’est une opération d’intérêt national.
Ça ressemblerait donc à des opérations de rénovation urbaine (ANRU), à l’opération Euroméditerranée, ou la SPLA-IN ?
Il y aurait mécaniquement une tutelle de l’État sur ces opérations. La seule chose qui marche dans notre ville, ça s’appelle Euromed. C’est une opération d’intérêt national.
Par rapport à tous les autres projets portés par le personnel politique local depuis une dizaine d’années, il faut être honnête, Euromed c’est ce qui marche.
La droite locale préside depuis longtemps Euromed, vous leur attribuez la réussite ?
Non, les présidents sont honorifiques, le vrai patron c’est le préfet.
L’État fait donc du bon boulot ?
En l’occurrence, c’est la vérité, c’est factuel. Il faut être honnête, ça a avancé à un rythme soutenu.
Ça sous-entend aussi de porter une loi à l’échelle nationale. Ça ne dépendra pas de vous.
Évidemment. Mais le maire de la deuxième ville de France, à un moment donné, il porte une voix, celle de la deuxième ville de France.
Vous engagez-vous sur des objectifs chiffrés de production de logements, comme c’est le cas de beaucoup de candidats ?
L’idée, c’est de revenir au rythme qui est nécessaire à Marseille, c’est-à-dire la production de 4 000 à 5 000 unités par an. Les permis de construire ont été quasiment arrêtés.
Moi, je ne veux pas bétonner Marseille sur toutes les zones, mais en revanche, il y a des zones autour de la Belle de Mai, de Saint-Mauront, dans l’hypercentre, où on peut soit construire, soit reconstruire. Gagner peut-être en hauteur, en densité, en esthétique aussi. Le beau, ça doit être accessible à tout le monde.
Vous imaginez quelle proportion de logements sociaux, sur ces 4 000 à 5 000 logements annuels ?
Je ne sais pas. On peut partir du principe des 25 % de la loi SRU. Moi, je pars du principe qu’il faut qu’il y ait du logement social. J’aimerais qu’il soit dans le centre-ville, et intergénérationnel. Car les catégories fragiles sont dans le centre-ville, avec des étudiants et des seniors.
ÉCOLES
Le Plan écoles : il faut le poursuivre ou l’arrêter ?
À quel moment on pourrait dire qu’il faut l’arrêter ? Les plus méchants, les plus critiques, les plus polémiques disent qu’on est à 15 écoles rénovées. Moi, je prends le chiffre de M. Payan, c’est 27. Le problème, c’est que sa famille politique s’était engagée sur 88 rénovations en six ans. On en est à 27, au mieux.
Il semblerait que ce chiffre concerne les écoles construites, en chantier ou à l’étude.
Même, c’est théorique, si ça compte jusqu’au dernier truc engagé, le dernier jour du mandat… c’est ridicule. Donc on va faire quoi ? On va attendre 80 ans pour toutes les écoles marseillaises ?
C’est pour ça que je parle de loi spéciale. Peut-être que si la mairie avait été mieux tenue, mieux organisée, plus efficace, ça serait allé un petit peu plus vite. Et à côté de ça, il y a un problème réglementaire, national. Si j’étais malhonnête, je dirais que tout est la faute du maire. Il y a aussi un cadre de procédure qui devrait être allégé, avec des procédures d’urgence.
Vous vous engagerez sur combien d’écoles sur un mandat ?
Je ne m’engagerai pas sur le nombre d’écoles. Si je n’ai pas les outils… D’abord, qu’on me dise quels outils j’ai. Et après, je peux vous dire en combien d’années je le fais.
Pour les cantines, je ne suis pas pour la remunicipalisation parce que je pense qu’on n’a pas les moyens aujourd’hui.
Comment vous positionnez-vous sur les cantines ? Est-ce qu’il faut remunicipaliser les cantines ? Que la Ville reprenne la main sur la production ?
Encore une fois, les promesses… Je vous rappelle que la promesse du Printemps marseillais, c’était la remunicipalisation.
C’était “débuter la remunicipalisation”.
Elle n’a pas débuté du tout.
Ils ont cassé le monopole en cassant la DSP de la Sodexo (qui produit toujours la majorité des repas scolaires).
Je ne suis pas pour la remunicipalisation parce que je pense qu’on n’a pas les moyens aujourd’hui et que les résultats ne sont pas au rendez-vous. Je préfère garder un système sous DSP et durcir le cahier des charges.
Mon objectif, c’est un impératif écologique : faire travailler les producteurs les plus près de chez nous, les Provençaux de préférence. Et après, on fait ce qu’on peut, avec une enveloppe contrainte.
Il y a déjà un cahier des charges qui a été revu vers plus de bio et de local.
Il faudra le durcir, parce que, honnêtement, moi, je n’ai rien contre le bio, au contraire, mais si on doit choisir, je préfère le circuit court, d’ici ou d’Italie, que du bio du Brésil.
Et ça pourrait coûter plus cher ? La question du prix et de la gratuité des cantines se pose aussi. Quelle est votre position ?
Je préfère la qualité que la gratuité. Il a des dispositifs, aujourd’hui, sociaux, pour aider ceux qui le nécessitent vraiment, c’est une bonne chose. Sauf à mentir, vous ne pourrez pas élargir la gratuité, si ce n’est au détriment de la qualité. Ou sinon, il faut faire exploser les budgets. On n’a pas un budget extensible.
Ce sont des choix politiques avant tout, non ?
Oui, ce sont des choix politiques. Mais vous savez très bien qu’on n’augmentera pas l’argent. Donc, comme l’expérience de la remunicipalisation, ce sera un échec en termes de qualité. Et ce sont les enfants qui le paieront, au final, sur la nutrition. Donc, je pense que le dispositif actuellement de soutien social est bon.
ÉCONOMIE
Concernant l’économie, vous souhaitez créer une maison des entrepreneurs. Ça consiste en quoi exactement ?
Les grandes entreprises se débrouillent toutes seules. On s’adresse surtout aux TPE et aux petites PME. Ce n’est pas la mairie qui va créer des emplois, des entreprises, de l’activité. La mairie peut être un partenaire, un facilitateur.
La maison des entrepreneurs, c’est un guichet unique qui leur facilite la vie. C’est-à-dire qu’à chaque fois qu’ils ont une démarche à faire en lien avec la mairie – on peut la mutualiser avec la métropole – il y a quelque chose où ils retrouvent toutes les démarches qu’il y aurait à faire.
Il y a la Chambre de commerce et d’industrie (CCIAMP) ou la Chambre de métiers et de l’artisanat (CMA) qui s’occupent de ça. L’idée, c’est d’aller marcher sur leur plates-bandes, c’est de renvoyer vers eux ?
On le fera ensemble. Évidemment ce n’est pas concurrent. On va essayer de mutualiser. On va faire des synergies. Mais aujourd’hui, c’est pas si clair que ça. Dans la tête d’un petit entrepreneur, d’un commerçant, d’un artisan, aller vers la CCI, c’est pas forcément automatique.
Le guichet unique, c’est quelque chose de plus simple, où on retrouve un guide pour les démarches. Si on pouvait réussir à Marseille à créer son entreprise en 24 ou 48 heures, d’un point de vue administratif, ce serait une révolution, ce serait un exemple.
Vous souhaitez aussi créer un campus des “vrais métiers de demain”, c’est-à-dire ?
Ce sont les métiers qui survivront à la révolution technologique, l’intelligence artificielle, la robotisation… Des métiers qui ne disparaîtront pas dans les trois décennies. Je me fixe à une génération : jusqu’à 2050.
Principalement les services à la personne, l’industrie, où le savoir-faire humain sera pour les décennies à venir encore supérieur à la machine. On a des points forts, la logistique portuaire à Marseille, on continuera à avoir des besoins. La meilleure façon d’anticiper, c’est de former. Diriger tout de suite les jeunes Marseillais vers ces branches, parce qu’on sait que dans 10 ans, sur le marché du travail, ils auront des emplois.
Où voulez-vous créer ce campus ?
Spontanément, je le voyais du côté d’Euroméditerranée. Mais ça peut s’imaginer partout où on a l’espace et les moyens de le faire.
Vous avez budgétisé ce projet-là ?
Non, pas encore.
Ce serait un projet municipal ou avec d’autres collectivités ?
Ça se fait avec d’autres collectivités. Et ça se fait surtout aussi avec le privé. C’est du partenariat public-privé. Les grandes entreprises marseillaises ont tout intérêt à participer.
Prolonger les tramways vers les pôles universitaires de Saint-Jérôme et Luminy, et l’hôpital Nord.
TRANSPORTS
Sur la question des transports, quels sont vos projets ?
Déjà, prolonger les tramways vers les pôles universitaires de Saint-Jérôme et Luminy, et l’hôpital Nord. C’est là où on a besoin d’avoir des transports en commun. Vers Luminy, on prolonge le tramway actuel de la Gaye, et vers Saint-Jérôme celui de la Belle-de-Mai (projet déjà acté, Ndlr).
Pour faire arriver le tramway jusqu’à l’hôpital Nord, il semblerait que le dernier tronçon soit difficile, c’est pour cela qu’un projet de téléphérique est à l’étude.
La question se posera. Si on voit que techniquement c’est impossible, si le dernier tronçon doit se faire par téléphérique, il se fera par téléphérique. Il paraît qu’en plus c’est moins cher.
La ligne 2 du métro s’est arrêtée à Dromel, il faut qu’elle aille jusqu’à la Valentine.
Vous annoncez également un métro vers la Valentine ?
Vers l’Est, il y a une grande ambition. Et j’en mesure l’investissement que ça représentera. On voit que l’Est marseillais se développe et qu’il doit encore se développer économiquement. Il se développe démographiquement depuis 30 ans. Mais je pense que la vallée de l’Huveaune a été abandonnée en termes d’infrastructures et d’équipements.
L’idée c’est de relancer ce qui a été interrompu dans les années 80 : le métro. La ligne 2 s’est arrêtée à Dromel, il faut qu’elle aille jusqu’à la Valentine. On ferait peut-être : Maison Blanche – Saint-Loup – La Pomme – Saint-Marcel – La Valentine, sur 8 km. Et là, vous avez véritablement un grand projet qui peut enfin donner les moyens aux Marseillais, et pas qu’eux d’ailleurs, à tout le bassin de population à l’Est de Marseille, comme Aubagne, de ne pas utiliser leur voiture.
À combien se chiffre ce projet de métro et quand pourrait-il se concrétiser ?
Nous l’estimons entre 1,2 et 1,4 milliard d’euros. C’est un horizon de deux mandats, puisqu’il y a au moins une décennie pour le réaliser. Donc, dans l’intervalle, j’ai une solution qui est très pratico-pratique, mais qui au moins ne coûtera rien, c’est d’utiliser la voie des cars et des bus sur l’autoroute pour l’ouvrir au covoiturage. Je pense à celle de l’A50, mais ça pourrait être toutes les voies de cars et de bus qui sont dans le périmètre marseillais.
La plupart des candidats préfèrent le tramway, car ça va plus vite et ça coûte moins cher, donc on fait plus de lignes. Vous, vous tranchez donc pour le métro ?
Moi, je considère que Marseille est complètement sous dotée en matière de métro, et que le métro reste plus efficace. En tout cas, sur ce tronçon-là, il y a une logique à ce que le métro aille jusqu’à la Valentine.
On voit bien qu’en ayant poussé le métro jusqu’à Saint-Barnabé, ça a changé profondément les états d’esprit, le territoire, la revitalisation, plus que lorsque vous créez un tramway.
Le boulevard urbain sud, vous continuez ?
Je continue. Je le termine jusqu’à Mazargues, pas la Pointe-Rouge. Parce que je considère que dans la situation actuelle, il finit dans un mur. Et dans la solution imaginée, ça finissait dans la mer quasiment. Il faut qu’il arrive sur une voie qui peut absorber le flux et je pense que c’est le boulevard Michelet.
Donc, on le poursuit jusqu’à Mazargues, en souterrain. Un tunnel pour préserver au-dessus les jardins partagés et de la végétation. Pour le dernier tronçon, jusqu’à la Pointe-Rouge, tout ce qui a été préempté, tout ce qui a été déjà programmé, on en fait une coulée verte avec des parcs.
C’est le boulevard urbain vert que veut faire Martine Vassal.
Je ne savais même pas qu’elle avait proposé ça. Mais pour le coup, c’est tout à fait raisonnable.
PROPRETÉ
Si le périmètre dont ils s’occupent est mieux tenu que le périmètre voisin, il y a une prime à celui qui fait mieux le boulot.
Sur la propreté qui est une compétence métropolitaine, concrètement, vous proposez quoi ?
La propreté, c’est d’abord la responsabilité de Mme Vassal, mais c’est également celle de M. Payan. Du côté de Mme Vassal, il faut que le maire de Marseille, que je serai donc, trouve un accord avec le président ou la présidente de la Métropole qui sera issu des élections. Pour que les Marseillais soient au moins traités comme les hors-Marseillais.
Il faut augmenter les tournées de collecte. Pourquoi les Marseillais ont un service dégradé par rapport aux autres ? Il faut doubler le nombre de bacs de collecte, parce qu’aujourd’hui ils débordent. Et on fait en sorte de se mettre d’accord pour que, quand les équipes sont là, elles ne nettoient pas que le bac, mais aussi ce qu’il y a autour du bac. Parce que ça vient de là aussi. Le bac déborde, ça tombe dehors, après ça s’envole.
Je dis aussi qu’il faut une équipe de trois ou quatre cantonniers par noyau villageois, par quartier. Au moins, il y a une fidélisation. Et on pourra les intéresser aussi. Si le périmètre dont ils s’occupent est mieux tenu que le périmètre voisin, il y a une prime à celui qui fait mieux le boulot.
Une prime pour les agents de propreté ?
Moi, ça ne me choque pas. Une prime d’investissement, on va dire.
Et en même temps, j’entends Benoît Payan lors de notre débat mardi, dire “mais non, ce n’est pas du tout la faute des Marseillais”. Non. C’est comme tout dans la vie : il y a 5 à 10% des gens, peut-être plus, qui salissent la ville, qui ne font pas attention, qui n’en ont rien à faire, ils doivent être sanctionnés.
Donc, il faut des caméras nomades, de la vidéo-verbalisation pour les dépôts sauvages. Et puis, une police de la propreté et de l’environnement qui aura des effectifs conséquents qui feront partie de mes 2000 policiers municipaux.
Combien d’agents dédiés à la propreté ?
Environ 200. Aujourd’hui, la brigade de l’environnement, si vous remarquez bien, elle est dans la police municipale. Donc, là-dessus, je n’invente rien. Je la grossis. Et ils patrouillent, et ils verbalisent, et ça peut aller du mégot à la nuisance canine, à la nuisance sonore, d’ailleurs. Parce que ma police sera pour la propreté et l’environnement. Donc, quelque part, c’est une pollution sonore.
Les radars sonores, vous y êtes favorable ?
Oui. Moi, ça m’agace souvent. Je suis pour les radars sonores, en effet.
Ces investissements en personnel représentent un budget important, comment vous le financez ?
Oui, mais d’un autre côté, vous aurez une grosse augmentation mécanique. Une vraie police de la propreté et de l’environnement, c’est une police qui va mettre des amendes, et ces amendes vont rapporter de l’argent dans les caisses de l’État. C’est le principe du pollueur-payeur. Je trouve ça plutôt simple, parce que c’est une écologie raisonnable et efficace. Je ne dis pas que tout ça va s’auto-financer, mais il y aura une part du financement qui viendra de là.
SÉCURITÉ
Concernant la sécurité, thème principal de votre campagne. Vous voulez tripler le nombre d’effectifs de police municipale et doubler les caméras. Vous l’avez chiffré ?
En tout et pour tout, quand vous ajoutez les 1200 policiers en plus, il faut qu’on s’approche des 2000 en l’espace d’un mandat, plus le doublement des caméras, où là vous savez qu’il y a un cofinancement de l’État, plus la création et l’installation d’un poste de police municipale par arrondissement, ça peut être dans des locaux qui appartiennent déjà à la mairie, qui seront rénovés, je pense que ça fait une enveloppe de 100 millions. Mais largement financée.
Le budget de la mairie de Marseille, c’est 2 milliards. Sur 2 milliards, en faisant un véritable audit financier, en faisant un audit des ressources humaines, et un véritable audit patrimonial et foncier, je pense qu’on peut arriver à dégager 100 ou 200 millions. Ça m’étonnerait qu’on n’arrive pas à les dégager, en luttant contre le gaspillage, et en faisant des économies pour réduire le train de vie global du budget de la mairie de 10%, c’est-à-dire 200 millions, donc ça se finance largement.
La situation de Marseille est exceptionnelle, donc il faut un cadre juridique exceptionnel, c’est ça l’état d’urgence.
Vous avez évoqué l’idée de décréter l’état d’urgence pour Marseille. Qu’est ce que cela signifie concrètement ?
L’état d’urgence, c’est une proposition faite au Premier ministre et au président de la République. La situation de Marseille est exceptionnelle, donc il faut un cadre juridique exceptionnel, c’est ça l’état d’urgence, et je ne suis pas le seul à le proposer. Édouard Philippe avait parlé d’un état d’urgence “narcotrafic”.
L’idée c’est de permettre sur un périmètre donné, ça peut être tout ou une partie de Marseille, de rendre plus facile toute une série de décisions, des décisions prises par le préfet d’ailleurs : couvre-feu sur les mineurs, perquisitions facilitées. De manière à faire ce que l’on a fait pendant l’état d’urgence sur le terrorisme après les attentats. C’est-à-dire ramasser les armes, aller de partout, par des procédures de perquisitions beaucoup plus allégées, pour que la justice et la police soient à armes égales face à la puissance des narco-trafiquants.
L’Etat a déjà mis en place le parquet national anti criminalité organisée (Pnaco) depuis janvier et défend des résultats des opérations des dernières années, avec notamment la baisse des meurtres liés au narcotrafic (49 en 2023, 17 en 2025).
Les résultats sont là, et il faut remercier la DZ Mafia, parce qu’elle a gagné sa guerre face au clan Yoda, la réalité c’est ça.
Vous nous dites que ce n’est pas la police qui a fait son travail ?
Non, malheureusement. La police a fait son travail, c’est le gouvernement qui n’a pas fait son travail. Le préfet et le procureur ont fait tout ce qu’ils pouvaient. Je vous rappelle qu’aujourd’hui, le nombre de policiers nationaux à Marseille est inférieur à 2016, donc on n’a pas augmenté les effectifs à Marseille. On a fait un tour de passe-passe, on nous en a enlevé beaucoup, et on en a rajouté, mais pas assez pour compenser ce qu’on nous avait enlevé sur la période 2016-2021. Donc, c’est du vent.
Pour le couvre-feu, quand je dis mineur, je veux dire pour les moins de 16 ans.
Mettre en place un couvre-feu pour les mineurs dès 22h. C’est une mesure qui mobilise beaucoup de policiers qui pourraient être mobilisés ailleurs. Est-ce que finalement la bataille se joue ici ? Est-ce que ça concerne toute la ville ?
Non pas tout Marseille, certains quartiers. Quand, entre 23h et minuit, vous avez 13 ou 14 ans et que vous êtes dans la rue, ce n’est pas normal.
Sur votre programme, c’est écrit pour les mineurs. Un mineur peut avoir 17 ans et avoir le droit de sortir le week-end après 22h pour aller au cinéma par exemple. Vous allez l’interdire ?
Quand je dis mineur, je veux dire pour les moins de 16 ans. Quand vous avez 13 ou 14 ans, vous n’allez pas au cinéma sans vos parents.
Donc concrètement, vous allez envoyer des patrouilles dans certains quartiers pour surveiller que le couvre-feu est respecté ?
Oui et, encore une fois, c’est un des outils possibles à un moment donné, dans une situation exceptionnelle… Je ne dis pas qu’il faut. Je dis que si nécessaire, je n’hésiterais pas à le recommander ou à l’utiliser.
Concernant la présence des jeunes dans l’espace public, vous proposez également un Pass « familles-minots-seniors » à Marseille. Ça veut dire quoi concrètement ?
Pour l’instant, nos parcs municipaux et nos plages marseillaises sont interdites. Les Marseillais, les familles marseillaises, les seniors marseillais en sont privés. Parce qu’ils se font pourrir la vie par des gens à côté d’eux qui vont fumer des joints, écouter la musique à fond, qui vont harceler les jeunes femmes, qui vont gueuler, se battre, qui vont rendre la vie impossible.
Moi je ne veux pas que l’espace soit privatisé par des individus, qui font de cet endroit le leur, au détriment des autres. Toutes les plages, l’été, à partir de 10h du matin, c’est compliqué, les familles n’y vont plus.
Quels sont ces endroits où les gens ne veulent vraiment pas aller ?
Aux Catalans, au Prophète, de partout. Les Marseillais se disent toujours “je m’en vais à 11h, je m’en vais parce qu’après, c’est mal fréquenté”, tout simplement.
C’est en attendant qu’on puisse sécuriser toutes les plages, tous les jardins, auquel cas il n’y aura plus de problèmes puisqu‘ils seront surveillés. Donc à partir de là tout le monde pourra y accéder, mais tout le monde y respectera les règles, donc ils ne feront plus tout ce que je viens d’énoncer.
Il faudra des policiers municipaux qui surveillent les plages ?
Voilà, et pour ça il faut qu’on arrive à mes 2 000 policiers municipaux, je ne vais pas y arriver d’un coup de baguette magique, donc il faut attendre un an, deux ans, trois ans, le temps qu’il faut pour arriver à cette taille critique.
En attendant, on réserve tout simplement, comme dans les piscines, comme dans le TGV, il y a des voitures sans enfants. Si ça c’est légal, si les créneaux réservés aux enfants dans les piscines sont légaux, alors ma proposition sera légale.
Mais les piscines et les trains, ce sont des équipements publics, pas des espaces publics comme le littoral. Les gens qui sont à la plage, si ce n’est plus leur créneau horaire, vous leur dites “Allez, vous partez pour laisser la place aux autres” ?
Encore une fois, pour l’instant, ces gens ne peuvent plus aller à la plage. Ils vont à Cassis, aux Lecques, à la Ciotat… Si ça ne dérange personne, moi ça me dérange. Donc j’essaie de trouver une solution.
Si c’est un espace réservé aux familles et au seniors, une femme ou un homme seuls, un couple sans enfants, ne pourront pas s’y rendre non plus ?
C’est un créneau horaire de quelques heures par jour. Par exemple, il pourrait être, je sais pas moi, 14h – 16h, ou 10h-14h, ou 10h-12h. Mais c’est transitoire, et pendant la période de transition de deux ou trois ans, je veux trouver un moyen de garantir l’accès des plages à tout le monde.
Toutefois, de nombreux articles de loi documentent l’interdiction d’une telle mesure, jugée discriminatoire.
Alors on testera, franchement, encore une fois, si on trouve une solution, très bien, mais je ne laisserai pas les Marseillais sans solution.
POUR OU CONTRE
Votre projet pour le Centre Bourse après le départ des Galeries Lafayette ?
Je veux rebâtir le projet du Centre-Bourse autour du musée d’histoire de Marseille, autour des vestiges. Ce n’est pas du tout mis en valeur. Et à côté de ça, avoir, ce qu’on cherche à Marseille depuis longtemps, une véritable halle gourmande dans les anciennes Galeries Lafayette.
Il y en avait une, mais elle a fermé.
La mienne marchera, parce que c’est un projet global. Il y aura aussi un village artisanal et local, et il y aura enfin mon fameux campus de l’intelligence artificielle.
Vous voulez récupérer tout le Centre Bourse, pas juste l’espace des anciennes Galeries ?
Exactement. Avec du privé, évidemment.
Il y a déjà des campus numériques qui se construisent ailleurs à Marseille.
Non, mais là, ce sera quelque chose où chaque Marseillais qui souhaite venir se familiariser, s’initier ou se former à l’intelligence artificielle pourra le faire. Ce sera une des grandes ambitions de mon mandat.
L’hippodrome Borély, vous continuez l’activité hippique ? Certains candidats envisagent d’arrêter les courses pour récupérer cet espace public après la fin du bail en 2028.
Il y a beaucoup de choses qu’il faut discuter entre Marseillais, où la concertation est vraiment importante. Mais, je veux le retour du golf dans l’anneau central.
Vous proposez aux Marseillais de devenir propriétaire du stade Vélodrome. Mais, ils le sont déjà puisque le stade appartient à la Ville.
Ce n’est pas ma conception de la propriété. Ce n’est pas la même solution. La mairie restera propriétaire à 50% et le reste, ça fera des moyens financiers pour la mairie.
Vous évoquez aussi le privé pour acheter des parts du Vélodrome.
Oui les entreprises aussi. Mais d’abord chaque Marseillais. C’est ce que j’appelle l’actionnariat populaire ou la propriété citoyenne.
Les trottinettes en libre-service, je ne suis pas fan.
La concession du Prado Carénage, vous souhaitez la revoir ?
Il y a une vraie négociation à faire. Je sais que ce n’est pas facile, mais il faudra revoir le contrat. Et dire qu’on voudra municipaliser, encore une fois, c’est plus facile à dire qu’à faire.
Les trottinettes en libre-service, pour ou contre ?
Je ne suis pas fan.
Et le projet de pont transbordeur ?
À discuter avec les Marseillais, mais je ne suis pas complètement pour.
Rouvrir l’accès à la digue du large ?
Je veux l’ouvrir à tous les Marseillais, ça, en revanche, c’est très important. Avec, dans le même projet, une vraie marina sur Euromed.
C’est quoi que vous appelez une marina ?
Une promenade, des bateaux, une navette électrique maritime qui desservirait des hôtels et des restaurants.
Mais c’est l’emprise du Port, pas de la Ville.
C’est à la place du port. On ouvrirait, on rendrait cet espace. On récupère le port, donc on négocie avec le port pour aller récupérer l’emprise. C’est pour ça que je vous en parle comme un objectif. Mais à un moment donné, il faudra bien rendre leur port aux Marseillais.
DYNAMIQUE DE CAMPAGNE
Avant de parler plus concrètement de la dynamique de campagne, commençons par les affaires.
Moi, je n’ai pas d’affaires.
Le parquet a ouvert une enquête pour détournement de biens publics à votre encontre. Est-ce que des collaborateurs de votre groupe, employés par la région, ont travaillé au profit de votre activité de député ?
Je répondrai à la justice. Je réserve mes réponses à la justice. Lorsqu’on me posera la question, j’y répondrai.
Dernièrement, vous avez exclu un militant de Grasse parce qu’il dénonçait des propos racistes au sein de votre parti*.
C’est faux. C’est un militant de Grasse qu’on a exclu à la demande du RN du 06 parce qu’une association féministe a eu la gentillesse de nous faire remonter un tweet qu’il avait écrit il y a des années comparant les femmes qui avortent aux nazis. Quand ça nous a été remonté, mes collègues du RN du 06 ont dit “Nous on va le sortir, donc on te prévient pour que tu le sortes aussi”. Et on l’a sorti, ça c’était en novembre-décembre. Et en janvier-février, il a dit qu’il avait dénoncé… ça fait partie de la campagne.
*Un article du journal Les Jours révèle que Jean-René Laget, militant au RPR, micro-parti refondé par Franck Allisio, a été sanctionné pour avoir dénoncé les multiples propos racistes et islamophobes qui se sont tenus dans la boucle WhatsApp de campagne de Jean-Luc Camerano, la tête de liste lepéniste à Grasse, dans les Alpes-Maritimes.
Il n’y avait pas de propos racistes sur cette conversation-là ?
Je n’en sais rien du tout. Il faut appeler mes collègues du 06.
Une condamnation qui la rendrait inéligible en cours de mandat… ça ne serait pas la première et pas la dernière.
Stéphane Ravier a été condamné en appel pour la prise illégale d’intérêts concernant l’embauche de son fils à la mairie des 13-14. Est-ce que ça remet en cause son soutien à votre candidature ?
Non, parce que je n’ai pas l’habitude de me substituer au juge. Donc pour moi, la présomption d’innocence, elle vaut jusqu’à ce qu’il y ait une décision définitive de la justice française.
Est-ce qu’il sera plus discret dans votre campagne ?
Lui, il ne fera rien. Il continue d’être sénateur, il continue de mener son action politique. Ça ne change rien.
Donc, on imagine que ça s’applique aussi à sa nièce, Mme D’Angio, votre tête de liste dans les 13-14, également mise en cause avec Stéphane Ravier dans un autre dossier judiciaire pour “favoritisme” dans un marché public ?
Exactement.
Quitte à prendre le risque qu’elle ait une affaire en cours de mandat ?
Une condamnation qui la rendrait inéligible en cours de mandat… ça ne serait pas la première et pas la dernière.
Vous ne considérez pas que ces affaires peuvent nuire à la dynamique de votre campagne ?
Non, non, en aucun cas.
Justement, parlons de votre dynamique. Vous êtes crédités par les derniers sondages autour de 30%, au coude à coude avec Benoît Payan, mais vous ne semblez pas avoir forcément de réserve de voix au second tour. Quelle est votre stratégie concernant de potentielles alliances ?
L’urgence que nous demandent nos électeurs, au sens large, c’est d’empêcher la gauche et l’extrême gauche, de diriger Marseille au-delà du 25 mars. Et pour moi, le danger absolu, c’est un tandem Payan-Delogu.
Parce que nos électeurs nous le demandent. Quand je dis « nos », c’est tous les électeurs qui ne sont ni Macron, ni Mélenchon, donc y compris des électeurs de Mme Vassal qui aujourd’hui sont plutôt républicains et veulent absolument cet état d’esprit clair. Cette espèce de cordon sanitaire contre LFI, ils le souhaitent. Il y a quelques semaines, quelques mois, Martine Vassal disait qu’elle avait des valeurs communes avec le Rassemblement national, elle disait qu’au second tour on verrait.
Et puis là, elle fait marche arrière, elle repart à gauche. On ne sait pas si elle prépare un retrait en faveur de M. Payan au second tour.
Elle a dit il y a dix jours dans notre grande interview qu’elle se maintiendrait au second tour, parce qu’il y aura une quadrangulaire.
En quadrangulaire, vous savez, tout est possible, pas besoin de réserve de voix puisque chacun arrivera avec ses voix. Après, peut-être qu’il y aura un vote utile, oui évidemment.
Vous avez quand même récemment appelé à son maintien, donc ça vous arrangerait ?
Non. C’est par respect pour ses électeurs. Si elle se retire et qu’elle appelle à voter pour le candidat LFI, comme l’ont fait ses amis aux élections législatives… Ils ont appelé à voter pour M. Lhardit (PS), qui était le candidat soutenu par LFI, contre le candidat du RN, qui était un ancien LR.
Laurent Lhardit est socialiste…
Je suis désolé, soit on a le soutien de LFI, soit on l’a pas. Donc, ça, ce serait une vraie trahison pour les électeurs sincères de droite, dont j’ai fait partie longtemps.
Entre ça et le maintien, oui, il vaut mieux le maintien. Après, elle fait absolument ce qu’elle veut. Moi, je garde la stratégie de la main tendue, parce que je considère que notre ennemi commun, c’est la gauche et l’extrême-gauche.
Je pense que je n’aurai pas particulièrement de difficulté à dégager une majorité d’idées et d’actions à la Métropole.
Pour conclure, parlons de la Métropole, qui concerne beaucoup de mesures que vous portez. N’avez-vous pas peur de vous retrouver dans une situation similaire à celle qu’on a vécue, à savoir une majorité de la ville-centre qui n’est pas celle de la majorité métropolitaine ?
Benoît Payan est de gauche, je ne le suis pas. Ça change tout.
Parce que moi, demain, je suis maire de Marseille, je m’adresse aux élus métropolitains qui sont les maires du hors-Marseille. Et je leur dis, “mettons-nous d’accord ensemble sur un contrat de gouvernance avec une dizaine d’objectifs clairs. Et après, mettons-nous d’accord sur une équipe qui va diriger et qui va mener cette feuille de route au niveau métropolitain”.
Je ne souhaite pas être président de la Métropole. Je souhaite être maire de Marseille à 100%. Donc, on se mettra d’accord sur le profil d’un président ou d’une présidente de Métropole qui nous convienne, et à nous, et aux maires métropolitains. Et cela ne vous a pas échappé, qu’il sont divers droite, LR, indépendants, parfois plus à droite que moi.
Donc, je pense que je n’aurai pas particulièrement de difficulté à dégager une majorité d’idées et d’actions à la Métropole. Et donc, il y aura des vice-présidents du RN, des vice-présidents indépendants, des vice-présidents LR.
Vous avez déjà des échanges, avec qui ?
Oui, mais je ne peux pas vous le dire, vous l’imaginez bien. On a déjà une quarantaine de candidats qui sont soit RN, soit soutenus par le RN. Et il y a quelques maires aussi, à qui on n’a pas mis d’adversaire en face, parce qu’on sait qu’on pourra discuter avec eux, parce qu’ils sont très proches de nous. Ce qui nous rassemble est plus important que ce qui nous sépare. Des “Éric Le Disses” (maire de Marignane, issu de la droite, prônant une alliance avec l’extrême droite, Ndlr), il y en a plusieurs en Provence.