Suppression de la Métropole, réquisitions de logements vides, remunicipalisation de l’eau, des cantines, du Prado Carénage, des transports… Sébastien Delogu, député LFI et candidat à la mairie de Marseille détaille son programme et ses ambitions pour la ville dans notre grande interview.
Ancien chauffeur de taxi, fidèle de Jean-Luc Mélenchon depuis 2017, Sébastien Delogu est devenu député de la France insoumise dans les quartiers Nord de Marseille en 2022, avant d’être réélu en 2024 au premier tour avec 60 % des voix.
Pour les municipales, il est à la tête de la liste « Marseille fière et populaire », rassemblant divers partis de gauche et écologistes, dont l’actuel adjoint à la transition écologique, Sébastien Barles, et son collectif Vaï.
Pour notre cinquième interview des candidats aux municipales 2026, l’insoumis nous donne rendez-vous lundi 9 février dans un café du Vieux-Port, où il vient apporter son soutien aux commerçants du marché du soleil, fermé par la préfecture.
L’occasion de revenir sur le programme qu’il porte pour Marseille, axé autour de la solidarité et la participation populaire à la démocratie locale, qui s’appuie aussi sur des enjeux de politique nationale. Suppression de la Métropole, remunicipalisation de l’eau, des cantines, du Prado Carénage, réquisition de logements vides et construction de 30 000 nouveaux logements… Interview.
Vous êtes déjà député, qu’est-ce qui vous a décidé à vous présenter à la mairie ?
L’hypocrisie générale dans le monde politique marseillais, un système complètement corrompu. Je suis là pour me battre, pour des valeurs et pour une vision politique qui sont les miennes.
Il ne faut pas oublier que notre mouvement politique est arrivé ici premier à gauche durant les quatre dernières élections. On a un programme de rupture qui intéresse la population marseillaise. On mérite d’avoir cette place dans les municipales. Même si, force est de croire qu’on n’avait pas notre place dans l’échiquier politique selon les socialistes, Les Écologistes du coin et les communistes qui voulaient rester ensemble.
Vous avez voulu avancer avec eux ?
Tout le temps, mais après j’ai avancé avec celles et ceux qui étaient avec nous dans la rue pour se mobiliser avec la population.
J’ai envoyé mon cabinet et le cabinet de Manuel Bompard, on est allé voir son cabinet (celui de Benoît Payan, Ndlr) pour essayer de voir comment on pouvait ensemble faire interagir le monde politique avec la population. Quand on a vu qu’il y avait du mépris, qu’il n’y avait pas de réponse, on a compris que c’était mort.
Ramener le peuple aux commandes de ces institutions. Le communalisme, c’est ça.
Concernant votre vision du mandat, vous prônez le « communalisme », qui vise plus de démocratie locale et populaire et moins d’emprise du privé sur la Ville. Comment ça se transcrit très concrètement si demain vous êtes élu ?
C’est à l’échelle des communes que toutes les colères ressortent, c’est là où vous rencontrez des habitants qui se plaignent d’une situation. Par exemple, celle de la non-propreté d’un quartier, les problèmes de trottoirs, de sécurité, de logements, des transports…
C’est pour ça que nous, on souhaite faire des comités populaires sur l’habitat, sur l’environnement, sur les transports… Ramener le peuple aux commandes de ces institutions. Le communalisme, c’est ça.
Un exemple ?
Les habitants d’un quartier ont un problème avec le bailleur social qui ne respecte pas ses engagements, ne fait pas les travaux. Une personne de leur quartier les représente dans le comité populaire de l’habitat. Ils auront donc un référent pour leur donner des informations, faire remonter leurs colères et obliger les institutions à agir.
C’est un organe consultatif ou il aura un pouvoir de décision ?
Ce sera une institution reconnue comme organe consultatif, avec un pouvoir de décision. Donc ce comité peut obliger une mairie à agir.
C’est comme un mini référendum, que l’on souhaite mettre en place aussi par ailleurs. Le comité populaire de l’habitat pourra très bien demander le déclenchement d’un référendum sur la réquisition des logements vides qui se trouvent dans un secteur, comme la rue de la République. Le maire s’exécute.
Et si un comité populaire exige quelque chose pour lequel vous n’êtes pas favorable ?
Bien évidemment, si on me dit d’aller tuer tous les pigeons de Marseille, je vais vous dire non… Mais il y aura surtout la possibilité de trouver des consensus qui pourront amener à prendre des décisions au conseil municipal.
Ils vont surtout changer les rapports de force. Comme pour les réquisitions de logements vides qu’on voudrait nous empêcher de faire. Grâce aux comités, je veux que la population marseillaise puisse se dire qu’elle a la possibilité d’avoir un rapport de force avec la Ville, contre l’État par exemple, s’il ne respecte pas les droits fondamentaux comme le logement, l’alimentation, se déplacer librement…
Localement, pour casser les DSP, on va mener un rapport de force. On part au tribunal administratif. On essaye de faire casser le contrat.
Le communalisme pour vous, c’est aussi la remunicipalisation des services publics et la fin des DSP. Comme l’eau, l’assainissement, le Prado Carénage… Ce sont des questions métropolitaines. Comment ferez-vous pour casser ces contrats ?
Et c’est un sujet national aussi. Vous voyez quand même que les droits fondamentaux sont remis à chaque fois à du privé, et ces gens-là font du fric sur le dos de la population.
Comme le tunnel Prado Carénage, où les gens payent 6,20 € et vous savez qu’il y a tous les ans 11 millions d’euros qui partent dans les poches des actionnaires d’Eiffage et Vinci. Je n’attendrai pas (la fin de la concession en 2032, Ndlr), il faut casser le contrat, c’est dans mon programme.
Et localement, pour casser les DSP (Seramm et SEMM, Ndlr), on part au tribunal administratif. Et je ferai en sorte de maintenir des rapports de force : peut-être parfois j’appellerai la population à venir se mobiliser, par exemple, pour investir le tunnel Carénage. Je vais enclencher tous les leviers possibles.
Nous irons récupérer les compétences de la Métropole sur la voirie et le transport, et nous ferons tout pour casser les délégations de services publics comme avec l’eau, par exemple.
Justement, concernant l’eau, qu’est-ce que ça changera concrètement pour les habitants de remunicipaliser ?
Ça sera moins cher. Ils auront 14 mètres cubes d’eau gratuits. Pourquoi ? Parce que le surplus d’argent qui est capté par les actionnaires, nous le mettrons à la disposition des habitants.
Et ça servira aussi à entretenir tous ces tuyaux qui, comme vous avez pu le constater à Air Bel, avec des problèmes de légionellose, sont mal entretenus.
Nous, on supprime la Métropole. Il y a le Département, la Région et les communes qui existent. Pourquoi on rajouterait encore un outil ?
Pour les transports, vous parlez aussi de « remunicipaliser » la régie publique métropolitaine.
Les transports, c’est la Métropole. Je veux que ce soit moi qui m’en occupe. Je n’ai pas envie que ce soit le maire de Vitrolles ou Châteauneuf-les-Martigues (Henri Pons, vice-président dédié aux transports, est maire d’Eyguières, Ndlr), qui s’occupe des transports marseillais et qui décide des financements.
J’estime qu’aujourd’hui, il manque un maillage à l’échelle de la ville pour pouvoir se déplacer. Donc, je serai le maire qui fera en sorte de récupérer ces compétences là pour doubler les transports.
Nous souhaitons faire le tramway des collines qui reliera l’hôpital Nord à la Valentine.
Avec quels nouveaux projets ?
Nous allons faire ce que demande le peuple. Les comités populaires sur le transport, qui existent déjà, demandent que le métro et le tramway montent jusqu’à Saint-Antoine.
Nous souhaitons faire le tramway des collines qui reliera l’hôpital Nord à la Valentine. Et ne pas avoir à descendre dans le centre-ville pour aller après dans l’est ou le sud. On veut aussi un peu plus de transports dans les quartiers sud, et dans les quartiers pauvres, dans le 3e arrondissement, sans chasser des personnes qui y habitent, sans détruire des commerces (référence au tramway de la Belle de Mai en projet, Ndlr).
Et aussi un RER métropolitain (projet déjà à l’étude entre Aix et Marseille, Ndlr). Le projet de la gare de Marseille, ça coûte, je crois, 4 milliards (il s’agit du projet de ligne régionale LNPCA à 3,5 milliards, dont 1 milliard pour la gare Saint-Charles, Ndlr). Moi avec, je fais un RER.
Mais le ferroviaire, c’est une compétence de l’État et de la Région, pas de la Métropole ni de la Ville ?
L’État est venu donner des moyens parce qu’il y avait un besoin pour la population. Ils ont créé des dotations pour cela. Nous, le besoin, on le connaît puisqu’on a auditionné les collectifs, et eux veulent un RER.
C’est normal que Paris, qui est deux fois plus petite que Marseille, a son RER, et pas nous ?
Vous souhaitez aussi supprimer la Métropole ?
Nous, on supprime la Métropole. Il y a le Département, la Région et les communes qui existent. Pourquoi on rajouterait encore un outil ? Aujourd’hui, la Métropole, c’est d’autres maires, d’autres élus, d’autres communes et d’autres bords (politiques, Ndlr) qui prennent des décisions pour Marseille.
En reprenant la compétence de la voirie, des transports et de la propreté, je m’occuperai réellement du quotidien des Marseillaises et des Marseillais. Et je ne dirai pas « c’est pas moi, c’est sa faute », comme l’a fait Benoît Payan avec Martine Vassal.
Je veux que les dotations qui sont allouées à la Métropole reviennent à la ville, qu’on ait des moyens supplémentaires pour pouvoir agir sur le quotidien de la population marseillaise. Donc ça passe par supprimer la Métropole, et récupérer les agents sous l’autorité du maire. Rien ne va changer pour eux, si ce n’est un peu plus de respect, un peu plus de moyens pour leur dignité de travail.
Ça passera forcément par une loi, si vous voulez supprimer la Métropole.
Oui parce que moi je suis un responsable politique, j’ai des mesures à l’échelle du quartier, comme des comités populaires, à l’échelle de la commune, comme par la remunicipalisation des cantines, à l’échelle de la région, et j’ai des mesures à l’échelle nationale, pour lesquelles nous continuerons le combat.
Mais si vous n’avez pas la majorité pour mener ce combat à l’Assemblée nationale, certaines de vos mesures ne seront pas applicables à l’échelle locale ?
En 2026, vous savez qu’il y a l’élection municipale, puis en 2027 l’élection présidentielle et l’élection législative.
Les personnes qui se trouvent en face de moi, mes ennemis politiques ou mes concurrents politiques – parce que je ne vais pas non plus mettre Benoît Payan dans le camp des ennemis, je le mets dans le camp des concurrents – regardent la ville à l’échelle de la ville. C’est se tromper d’objectifs politiques.
HABITAT ET LOGEMENT
Sur la question du logement et de l’habitat, vous avez beaucoup insisté sur la réquisition des logements vides.
Je suis le seul candidat qui ait connu l’expulsion locative, les marchands de sommeil, le logement indigne. Le seul qui sait ce que c’est de dormir dans sa voiture en attendant la réponse d’une demande de logement social. Je sais exactement ce que peuvent vivre aujourd’hui les classes populaires, la jeunesse et maintenant les classes moyennes.
Il y a 16 000 personnes qui ont connu la rue à Marseille l’année dernière, et il est hors de question de les laisser à la rue.
Donc, nous allons réquisitionner les logements vides. Pas les petits propriétaires qui attendent de faire leurs travaux. Nous allons réquisitionner les fonds de pension comme à la rue de la République où nous ne savons même pas qui est le propriétaire de ces logements.
Moi, je vais réquisitionner les logements, est-ce que le préfet va venir les déloger ?
Il y a des règles qui encadrent les réquisitions. Le maire n’a pas tous les droits.
Il faut voir le préfet. J’ai déposé un texte de loi qui donne des moyens supplémentaires au maire. Et c’est pour ça que je monte ce mardi mettre la pression pour que ça passe, premièrement.
Moi, je vais réquisitionner les logements pour abriter des personnes à la rue. Est-ce que le préfet va venir les déloger ? Ça répond à un besoin fondamental : le droit au logement, qui n’est pas respecté dans cette ville. Il le sera avec moi.
Et qu’est-ce que nous allons faire ? Nous allons renforcer la brigade municipale du logement et on va se battre contre les marchands de sommeil et contre les Airbnb qui empêchent la population marseillaise de pouvoir se loger. Le constat est clair à Marseille : 50 000 familles sont en attente d’un logement social.
Donc, nous prenons l’engagement de construire 30 000 logements très sociaux, très rapidement, à l’échelle de la ville.
7 000, voire 10 000 logements vont sortir de terre dans un premier mandat.
30 000 en un mandat, c’est réaliste ?
Dans ce mandat, nous lançons les projets pour construire 30 000 logements. Bon, ça ne peut pas être livré avant la fin du mandat. Mais la construction va démarrer.
Ce qui nous permettrait d’avoir, peut-être, je ne sais pas, 7 000, voire 10 000 logements qui vont déjà sortir de terre dans un premier mandat, et puis le reste dans le deuxième mandat. Et ça va donner du travail. Ça va relancer l’économie à Marseille, pour les TPE-PME.
C’est un objectif assez ambitieux, qui se confronte aussi à des contraintes urbaines, à l’artificialisation des sols.
Vous avez parfois des immeubles de 3 ou 5 ou 10 étages qui peuvent être surélevés. Il y a des solutions pour répondre à nos objectifs. Nous avons réalisé ce programme à long, moyen ou court termes. Avec des experts à nos côtés, qui sont très costauds. Comme Paola Hartpence, sur l’habitat participatif, ou l’ancienne adjointe à l’urbanisme, Mathilde Chaboche, qui a fait des formations politiques à notre mouvement politique, récemment.
Elle s’est impliquée dans votre campagne ?
Bien évidemment.
Justement, quand elle était adjointe à l’urbanisme de Benoît Payan, Mathilde Chaboche a fait l’objet de critiques concernant notamment le faible nombre de permis de construire pour le logement.
Elle s’est heurtée à un système qui refusait, justement, de lui permettre d’actionner ce levier-là et de plutôt donner la possibilité à des élus véreux de donner des terrains à des grosses entreprises pour pouvoir faire du bénéfice avec des enveloppes par-ci, par-là. Voilà à quoi elle s’est confrontée.
Ce sont des accusations que vous portez qui sont quand même assez graves.
C’est ce que reflètent et relatent des articles de presse. Moi, vous savez, je n’accuse personne. Je me fie à ce qui est dit.
À l’échelle d’un mandat, vous imaginez faire combien de réquisitions ?
Dès qu’il y aura une urgence absolue.
Vous dîtes qu’il y a 16 000 urgences absolues (personnes à la rue). Il y a le même nombre de logements vides en état d’accueillir ces personnes ?
Les 16 000, on les a, je vous le dis en toute sérénité. Mais c’est de notre devoir déjà de faire un constat du foncier à Marseille. Nous allons vérifier ce qui est vide ou non. On ne va pas aller tout de suite tout réquisitionner.
Si on regarde votre programme concernant Airbnb, c’est globalement la réglementation qui est en place aujourd’hui (quasi interdiction de louer sa résidence secondaire, limitation à 90 jours par an…)
Nous renforcerons la brigade du logement pour contrôler, et ne pas laisser Le Panier par exemple, devenir un quartier fantôme où plus personne ne peut habiter. Où nous ne voyons que des personnes arriver avec des valises. Ce n’est pas acceptable quand vous savez qu’il y a 50 000 familles en attente d’un logement.
Sur le logement, vous souhaitez aussi remunicipaliser Euroméditerranée, qui est un établissement public d’aménagement et une opération d’intérêt national ?
On récupère les dotations et on les met à l’échelle de la ville.
Encore une fois, ça passe par le national. On a l’impression que votre programme pour Marseille est en partie conditionné à l’élection de Jean-Luc Mélenchon en 2027 ou à une majorité à l’Assemblée nationale.
Oui, certes, mais pas que. Il faut aussi que le peuple comprenne la démarche dans laquelle nous sommes : donner des moyens à une vision politique, à un programme, pour faire avancer le peuple.
C’est donc aussi un rapport de force qui change. Comme en 2018 lorsque nous nous sommes auto-organisés pour rénover l’école de la Viste qui était abandonnée, et avons mis la municipalité face à ses responsabilités.
Si Euromed ou l’État ne veulent pas, ils le comprendront par le biais des comités populaires et la population qui va se mobiliser pour récupérer cette compétence.
PLAN ÉCOLES
Est-ce que vous voulez mettre fin au Plan écoles ?
Oui.
Du coup, vous supprimez la société publique des écoles et repartez à zéro ?
Vous voyez bien quand même l’enquête de Blast (qui révèle l’ouverture d’une enquête sur la société des écoles pour, notamment, l’achat d’une école provisoire potentiellement illégal, Ndlr). Vous voyez ce qu’il se passe. Vous voyez qu’il y a des soupçons de favoritisme.
Et sur le fond ? Il fallait une école en urgence pour que les écoliers de La Castellane ne soient pas à la rue ?
Et est-ce qu’on les refacture 150 000 euros alors que c’est les mêmes préfabriqués ? Pourquoi vous n’avertissez pas la population ? Si aujourd’hui, la population concernée était avertie de cette situation, on aurait pu se dire, “bon ça va”. Mais pourquoi avoir fait ça en douce ? Pourquoi avoir refacturé, surfacturé cela ? Où est allé cet argent ? Ce n’est pas moi qui le dis, c’est le cabinet du président de la République.
Et c’est moi qui l’ai alerté, si vous voulez tout savoir.
Le signalement que le préfet a reçu vient de vous ?
J’ai fait partie des gens qui ont alerté le préfet de région, oui. Et on a envoyé des courriers dans tous les sens. Quand Emmanuel Macron s’est déplacé à La Castellane (en 2023, Ndlr), nous étions avec les militants de la France Insoumise pour leur montrer les courriers d’alerte et nous leur disions “quand est-ce que vous allez reprendre les travaux ?”.
Elle est où l’école ? Rien n’a été fait. Et moi, mettre des enfants dans des algécos, je suis contre.
C’était justement une école provisoire pour reconstruire l’école dans le quartier.
Oui, mais est-ce qu’elle est faite ? Non. Est-ce qu’ils ont avancé dans les travaux ? Non. Donc, ils n’ont pas trouvé de solution.
Je suis pour uniformiser les écoles de Marseille, pouvoir commander du matériel en masse, pour que ça nous coûte moins cher.
Mais, tout ce qui est lancé, vous dites stop, vous repartez de zéro, ou vous remettez de l’ordre dans la société publique des écoles ?
Non, on ne va pas repartir de zéro. On met de l’ordre. Je veux être le maire de Marseille qui réunit son peuple pour prendre des décisions, et pas pour des intérêts privés.
Je suis désolé, je n’accepte pas aujourd’hui que ce soit une société privée qui effectue des travaux de rénovation dans une école qui est construite. Je préfère embaucher des salariés avec une régie municipale pouvant réparer un rideau, une fenêtre, ou un chauffage immédiatement quand il y a un problème. Plutôt que d’attendre qu’on vote des budgets dans une société publique des écoles qui va après commander une intervention par ci, une pièce par là.
Moi, je suis pour uniformiser les écoles de Marseille, pouvoir commander du matériel en masse, pour que ça nous coûte moins cher, et embaucher des jeunes qui sont dans des quartiers où personne ne leur tend la main.
Là, vous parlez de la maintenance et de l’entretien des écoles. Ce n’est pas la construction de nouvelles écoles et le plan de la SPEM qui est en train de se dérouler. Les chantiers lancés, on les arrête et on repart à zéro ?
Les chantiers qui sont lancés, je ne peux pas les arrêter. Je ne vais pas démolir de l’investissement public. Par contre, ceux qui ne sont pas lancés, on peut les revoir.
On peut être aujourd’hui une municipalité pilote, où on teste la légalisation du cannabis et on essaie, justement, de sortir nos quartiers de cet enfer.
SÉCURITÉ ET NARCOTRAFIC
Passons maintenant au sujet de la sécurité et du narcotrafic. Quelle est votre vision concrètement, de ces problématiques ?
Nous avons avec nous des personnes qui se mobilisent depuis 20 ans sur le retour d’une police de proximité. Pour en finir avec la répression du cannabis, sortir de cette doctrine et passer sur un volet sanitaire. Comme Mohamed Ben Saada, tête de liste dans le 13e et 14e arrondissements. Il a écrit des bouquins qui sont sensationnels sur la légalisation du cannabis.
Il y a une population qui se sent réprimée dans son quartier alors qu’on ne se bat pas contre les gros narcotrafiquants. Est-ce que les opérations XXL ont changé quelque chose à Marseille ? Non. Parce que c’est le jeu du chat et la souris, ou du pigeon… Vous tapez des mains, ils s’envolent, et puis quand vous êtes partis, ils reviennent.
Il ne faut pas se leurrer, c’est l’État qui peut régler [le narcotrafic] à 99%. On peut être une municipalité pilote, où on teste la légalisation du cannabis et on essaie de sortir nos quartiers de cet enfer.
Si on sort de ce schéma-là, nous allons pouvoir mettre un médecin derrière des personnes qui peuvent être considérées comme des malades.
Vous êtes donc pour la Halte Soins Addictions.
Bien sûr, bien évidemment.
Concernant la police de proximité, combien de policiers municipaux vous visez sur ce mandat ?
Le maire de Marseille veut mettre 500 caméras en plus. Moi, je lui dis, “ça coûte 15 millions”. Avec ça, je mets 300 agents de police de proximité en plus dans les rues la première année.
Pour régler des problèmes d’incivilité, de personnes qui sont mal garées, de tapage nocturne, les problèmes de voisinage. Pour qu’ils retissent du lien avec la population, parce qu’il y en a marre de regarder les policiers comme des personnes qui arrivent sur-armées dans une intervention et qui jouent un peu les cow-boys. Moi, j’ai envie que les policiers soient respectés en étant des représentants de la République.
ÉCONOMIE
Si on parle d’économie, vous proposez dans votre programme de créer un fonds municipal d’innovation dédié aux projets portés par les habitants dans les quartiers populaires. Pouvez-vous nous en dire plus ?
Oui, on veut faire ces fonds de dotation pour une population qui a envie de s’émanciper dans la vie, créer une entreprise. Et donner un peu plus de pouvoir à des jeunes qui se sentent abandonnés.
Vous avez chiffré ce projet ?
Non pas encore, parce que ça dépend des projets qui seront proposés.
Mais de nombreuses structures d’accompagnement et de financement existent déjà, notamment dans les quartiers prioritaires…
Il y a des mesures, bien évidemment, mais il y a 60 000 chômeurs à Marseille. Cette mesure va nous permettre d’aller récupérer des dotations au niveau de l’Union européenne, qui donnera des moyens supplémentaires à la municipalité pour pouvoir agir sur l’économie marseillaise.
SOLIDARITÉ
Concernant la solidarité, il y a beaucoup de mesures dans votre programme. Mais si vous deviez en mettre une en avant ?
Il y a des mesures qui se croisent. La réquisition des logements vides, ça répond à un besoin fondamental. Créer des places d’hébergement d’urgence, c’est une mesure qui me tient à cœur.
Créer une maison de retraite municipale, c’est un besoin fondamental pour que nos personnes âgées soient respectées. Créer un syndic municipal, pour moi, c’est une mesure de solidarité.
Nous ferons l’encadrement des loyers et nous ferons aussi la sécurité sociale alimentaire qui permettra de soutenir des initiatives comme des épiceries solidaires, pour que tout le monde puisse se nourrir convenablement.
URBANISME ET LITTORAL
Concernant vos projets d’urbanisme pour Marseille. Vous portez avec Sébastien Barles, le projet d’une plage à l’anse du Pharo.
J’ai rencontré des experts qui ont budgétisé et montré la fiabilité de ce projet (collectif de l’anse du Pharo, Ndlr). Donc oui, ce projet verra le jour dès lors que je serai maire de Marseille.
Il y a des artisans, de la réparation navale traditionnelle, des activités économiques, vous souhaitez les conserver ?
Il y a la possibilité d’avoir une cohabitation, c’est ce que proposent les collectifs, et comme je vous le dis, moi je me mets derrière ces collectifs. Le collectif de l’anse du Pharo a décidé de faire un chemin avec une petite esplanade et une petite plage, et que les activités marines soient existantes à côté. Je leur dis “Allez-y !”. Qu’est-ce qui m’empêcherait de le faire ?
La pollution ?
À part la pollution ? Rien. Maintenant, je serai un maire responsable, donc je mettrai tout le monde autour de la table pour trouver un consensus.
Et plus largement, sur l’accès au littoral, notamment au Nord de la ville ?
L’ouverture du littoral, on veut la faire aussi avec le projet “Le Grand Estaque”. Parce que les habitants ont tout étudié, financé, avec des experts, des architectes… Et il n’y a pas que les plages de Corbières, il y a aussi le port de Serveaux, le quai de la lave, où ces gens-là ont envie d’avoir accès à la mer.
Donc le port, il faut qu’il recule un petit peu sur ses terres, et qu’il laisse la possibilité à une population de venir profiter de l’espace public.
Et comment faire reculer le GPMM (Grand port maritime de Marseille) dont c’est le territoire ?
Premièrement, on va aux réunions du port. Normalement, quelqu’un [de la mairie] est censé siéger, mais personne n’y met les pieds. Deuxièmement, la municipalité dit “c’est pas moi, c’est le préfet, c’est pas moi, c’est l’Etat”. Mais le port tourne le dos à la ville de Marseille, et personne ne s’en mêle.
Donc il faut imposer un rapport de force.
Par exemple, sur le chantier du J1 qui doit débuter en 2026, comment comptez-vous le bloquer ?
En 2026, je serai maire. Donc, on verra s’ils lanceront le chantier. Il faut que la population se mêle de son quotidien, que la mairie puisse siéger [au conseil d’administration du Port] et émettre des objections. Et puis, aussi ramener une population par le biais de comités populaires sur l’environnement.
Si vous avez toute une population qui souhaite [bloquer le chantier du J1]: rapport de force.
Vous pourriez mener une mobilisation populaire sur le J1 pour empêcher les ouvriers de lancer le chantier ?
Pourquoi pas ? Moi, ce qui m’intéresse aujourd’hui, c’est de remettre à plat tout ce qui va se faire pour que l’on relance des décisions qui émanent de la population parce que très souvent, malheureusement, ce n’est pas le cas.
Sur un autre sujet : les parcs et jardins. Marseille a besoin de plus de végétal et de parcs. Quels projets portez-vous ?
Effectivement, il y a un volet qui prévoit la végétalisation des sols. Il y a un projet qui prévoit de faire des îlots de fraîcheur. Nous sommes allés à la rencontre d’Ada Colau* à Barcelone pour vérifier ce qui a été fait dans des communes qui sont un peu similaires à la nôtre.
À Marseille, les comités populaires feront en sorte d’imaginer leurs quartiers de demain et amèneront des projets. Nous avons évalué le risque du changement climatique, qui amène à faire émerger des îlots de fraîcheur un peu partout sur le territoire, et notamment dans les quartiers populaires.
*Maire de Barcelone entre 2015 et 2023, sous les couleurs du mouvement Barcelone en commun, avec le soutien de Podemos.
Donc, pas de nouveau grand parc sous votre mandat si vous êtes élu ? Notamment au Nord de la ville ?
Au nord de la ville, les parcs et les jardins sont mal entretenus. D’ailleurs, j’ai fait des vidéos pour montrer la différence entre certains parcs du nord au sud, à l’est et à l’ouest, qu’il faut revégétaliser. Après, la mairie a à peine commencé. Elle a dit qu’on allait planter des arbres mais pour l’instant elle n’a planté que des arbustes. Nous, on fera en sorte de faire le nécessaire très rapidement.
POUR OU CONTRE
Le développement des data centers à Marseille : pour ou contre ?
Contre. Et moratoire. Pareil pour les caméras de vidéo surveillance.
Les croisières ?
Moi, je sais que ça rapporte de l’économie à la ville. Je sais aussi que ça apporte de la pollution. Il y a une question de santé publique, et on ne peut pas l’ignorer. Donc, il faut trouver un juste milieu, et ce sera à la population de choisir. Pourquoi pas un référendum sur cette situation ?
Vous savez quand même que je soutiens le collectif Stop Croisières, mais en tant qu’ancien taxi, en tant qu’ancien restaurateur, je sais que ça ramène un flux financier. Donc, je ne veux pas casser complètement le fait que des touristes viennent à Marseille.
Mais si vous faites un référendum demain et que la population se prononce en majorité contre.
Eh bien, basta !
Oui, mais justement, d’autres villes ont essayé comme Nice, et se sont fait retoquer par le tribunal administratif, puisque ça ne relève pas de l’autorité d’un maire.
Je dis : “rapport de force”. Et en tout cas, moi, ce qui m’intéresse, c’est de ne pas plomber l’économie de cette ville, mais c’est aussi de prendre soin de la santé publique de ses habitants.
Sur le naming du Vélodrome, le contrat actuel prend fin en 2026. Dans votre programme, vous êtes contre le renouvellement. Vous vous asseyez donc sur les 2 à 2,5 millions d’euros que ça rapporte à la Ville chaque année ?
C’est un sujet extrêmement important pour un peuple qui vibre à travers des émotions qui sont énormissimes. Et parfois même indescriptibles. Et je peux vous dire que, sur ce volet-là, il faut que le peuple de Marseille s’exprime. Référendum obligatoire.
À vous entendre, il y a aura beaucoup de référendums. Mais comment cela fonctionnerait concrètement ? Faire déplacer les Marseillais vers les urnes ? Vote électronique ? Ça risque de faire une sacrée facture aussi ?
Oui, mais les Marseillaises et les Marseillais, je pense qu’ils ont besoin de s’exprimer. Il y en a marre de voir des politiques prendre des décisions sur leur vie sans que le peuple puisse s’exprimer. C’est comme cela que nous voyons le communalisme.
Donc, retour aux urnes habituelles. Et le vote électronique, oui, pourquoi pas.
C’est la fin des DSP. Je vous l’ai dit. Si vous avez quelque chose à dire pour résumer toutes ces questions-là, le gros titre c’est : les délégations de services publics, c’est fini !
Pour revenir sur les projets. Le parc Chanot, la DSP se finit en 2028. Vous, vous avez quoi en tête ? Est-ce qu’il faut tout reprendre ?
Oui, il faut tout reprendre, et je le dis de façon très claire. La délégation de service public à l’échelle de la ville, c’est terminé. Parce que ça coûte un pognon de dingue. Veolia, Vinci… tous ces gens qui s’en sont mis plein les poches pendant des années, qui ont laissé le patrimoine marseillais se dégrader. C’est terminé.
Donc la DSP du parc Chanot, c’est terminé. La Ville de Marseille reprend la compétence. On continuera les activités qui se déroulent à l’intérieur. C’est au peuple de Marseille de le récupérer et on pourra voir fleurir peut-être des services publics, des opérations de la population qui émaneraient, je ne sais pas, par exemple un marché.
Et juste à côté, il y a le Palais des sports qui est en mauvais état. Est-ce que c’est urgent pour vous ?
Oui, il faut le rénover. Donc, il faut aller chercher des dotations à l’échelle de l’Union européenne et de l’État. C’est primordial pour la vie de la cité. Donc, nous, on le fera.
Pour le Centre Bourse, après le départ des Galeries Lafayette, la plupart des candidats ont fait des propositions. Vous avez un projet ?
Au-delà des manipulations qu’il y a [autour de cette question], nous, ce que nous voulons, c’est le retour des services publics. Nous voulons aussi voir émerger des projets de la population qui est dans l’attente de ramener de l’artisanat à l’intérieur de ce lieu. De rouvrir les terrasses (le toit du Centre Bourse, Ndlr) aussi pour que ça soit un lieu qui soit commun à la population, c’est les demandes du quartier.
Pour l’hippodrome Borély, la DSP se termine bientôt, vous le récupérez ?
C’est la fin des DSP. Je vous l’ai dit. Si vous avez quelque chose à dire pour résumer toutes ces questions-là, le gros titre c’est : les délégations de services publics, c’est fini !
Le boulevard urbain sud, vous arrêtez, vous continuez ?
Le deuxième tronçon, non. Moi, je suis contre. Je me suis mobilisé auprès de la population, qui est dans une opposition formelle à ce projet. Je me mobiliserai pour en finir avec cela. C’est une catastrophe écologique.
Quand nous récupérerons le pays, nous ferons en sorte qu’il y ait une gratuité totale des transports. Nous avons compris que pour le moment, ce n’est pas possible de le faire.
Votre programme porte la gratuité des transports pour les moins de 26 ans. Pourquoi pas la gratuité totale ?
Nous sommes les premiers à avoir sorti cette mesure il y a maintenant deux mois et demi. Et personne n’en a parlé. Quand c’est Martine Vassal qui l’a sorti, ça a fait les gros titres. Elle ne l’a jamais fait. Pourquoi elle le ferait maintenant ? Nous, nous disons que nous allons faire la gratuité des transports pour les moins de 26 ans.
Et quand nous récupérerons le pays, nous ferons en sorte qu’il y ait une gratuité totale. Nous avons compris que pour le moment, ce n’est pas possible de le faire. Nous ne sommes pas des irresponsables.
La Voie est libre sur la Corniche, vous continuez ?
On continue.
Les trottinettes en libre-service ?
Les trottinettes doivent être bien régulées. Je ne peux pas accepter qu’elles soient jetées dans la mer et qu’elles polluent. Je ne peux pas accepter non plus que des personnes qui en ont l’utilité se voient arrêtées.
Donc, on va essayer de développer plus de vélos et moins de trottinettes. Mais je sais très bien que ça arrange beaucoup de monde, ces trottinettes. Et je ne veux pas non plus me mettre des gens à dos.
Je nommerai Benoît Payan, adjoint aux grands événements, parce qu’il a créé quelque chose de bien.
Et les grands événements, c’est important pour vous, vous avez des projets ?
Extrêmement important. Parce que c’est là où la population marseillaise se rejoint, fait la fête. Et je vous prie de croire que je serai ce maire qui essaiera de créer des ponts pour ramener le maximum de festivités dans cette ville.
Et je nommerai M. Benoît Payan, adjoint aux grands événements, parce qu’il a créé quelque chose de bien. C’est une promesse que je fais aux Marseillaises et aux Marseillais.
DYNAMIQUE DE CAMPAGNE
Pour conclure l’interview, parlons de la dynamique de campagne. De nombreux candidats ont des « affaires ». De votre côté, vous comparaîtrez en juin devant le tribunal correctionnel de Marseille pour recel de vol, mise en danger d’autrui et atteinte au secret des correspondances (Sébastien Delogu a divulgué des documents pour dénoncer des agissements lors d’un conflit social).
Moi, je n’ai pas eu d’affaires. Je suis lanceur d’alerte dans cette histoire. Et j’estime qu’avoir lancé l’alerte sur des détournements de fonds publics, de la triche à la Sécurité sociale, de la triche à l’URSSAF, etc… c’était important. C’est un article 40 que j’ai déposé. Ne l’oubliez pas.
Et puis après, il y a un combat qui se mène auprès d’une justice qui parfois est à fond contre quelqu’un et parfois est moins à fond contre d’autres. Du coup, je maintiens une pression. Et je m’expliquerai parce que je trouve ça inacceptable de ne pas avoir ouvert d’enquête sur un article 40 qui est déposé par un élu de la République. Et de m’amener devant les tribunaux pour avoir balancé des documents privés, alors que les documents privés étaient attenants quand même aux responsables de la société Laser qui ne payaient pas leurs salariés. Et la population voyait la gare Saint-Charles sous les poubelles.
Je suis pour la justice et je me battrai pour faire ressortir ces injustices.
Il y a quand même également la condamnation pour « violences aggravées » envers du personnel de l’éducation lors d’une mobilisation étudiante ?
Oui, je crie encore toujours mon innocence. Je ne sais pas qui est cette personne, je ne l’ai pas vue. Rien ne prouve que je l’ai frappée. La justice a tranché comme elle a voulu. Moi, je sors de cet épisode la tête haute en me disant que c’est encore une manipulation politique et que la justice se fait avoir.
C’est encore une médaille pour moi. J’ai vu un enfant se faire traîner au sol. J’y suis allé, j’ai un peu crié, c’est vrai. J’aurais été, peut-être, si jamais c’était à refaire, un peu plus en retrait. Mais en tout cas, je me suis bien fait avoir par un proviseur qui, d’ailleurs, passe son temps à taper sur les musulmans de France […] C’est des gens qui sont contre nous politiquement. C’est monté en épingle pour pouvoir me nuire.
Je suis, pour moi, dans le vrai, dans le juste, du bon côté de l’histoire. Et l’argent qu’ils me prennent par le biais d’amendes ne m’importe peu.
Vous pouvez quand même remarquer que toutes ces condamnations n’empêchent pas le fait que la probité de mon mandat soit claire. C’est-à-dire que les autres sont toutes et tous condamnés ou visés par des enquêtes de favoritisme, de corruption, de clientélisme ou de triche à l’élection et moi, je ne suis pas là-dedans. Moi, je suis dans un combat politique. Et c’est des condamnations qui émanent d’un combat politique.
Sur la dynamique de campagne, les sondages vous placent aujourd’hui autour de 14-15%…
Oui, un coup je suis à 20, un coup je suis à 19, un coup je suis à 16, un coup je suis à 14, peut-être la prochaine fois je serai à 5, peut-être que la fois d’après je serai à 25.
Pour moi, le meilleur sondage, c’est la rue. Je suis le seul à être, aujourd’hui, mis en valeur par le peuple. Je me languis d’ailleurs les 15 et 22 mars prochains de montrer que les sondages se trompent à chaque fois, comme sur toutes les législatives.
Donc, je vous le dis et je l’assume : le premier tour est une primaire à gauche.
Est-ce qu’il y a selon vous un « risque RN » à Marseille ?
Il y a un risque RN dans le pays. Il y a un risque RN à Marseille. Il y a un risque RN dans d’autres communes.
Mais à Marseille…
Je vais vous répondre avant que vous ne posiez la question. Il y avait trois listes de gauche la fois précédente. Est-ce que ça a fait en sorte que le Rassemblement National gagne ? Non. Pourtant, il y avait un risque fort, et c’est quand même la gauche qui a gagné à Marseille.
Donc, je vous le dis et je l’assume : le premier tour est une primaire à gauche. Et le peuple de Marseille doit faire dégager tout un système clientélaire et corrompu. Il doit faire émaner normalement dans les urnes une gauche qui a un programme politique.
Nous sommes les seuls à avoir proposé un programme politique. Nous sommes les seuls à répondre aux attentes de la population. Et cette primaire à gauche donnera lieu à ce que peut-être, je l’espère, le Printemps marseillais nous rejoigne.
Si le premier tour est « une primaire à gauche », vous seriez prêt à rejoindre le candidat en tête au second tour ?
Oui, mais nous, nous avons toujours dit que nous créerions les conditions pour un rassemblement au deuxième tour. Mais Benoît Payan ne l’a pas dit. Donc, ça prouve que le seul rempart au Rassemblement national, c’est nous.
Donc, vous pourriez peut-être vous maintenir aussi dans une quadrangulaire ?
Bien sûr que je vais me maintenir. C’est possible que je me maintienne comme c’est possible aussi que Benoît Payan recule sur ses annonces folles, revienne à la raison et nous dise : “bon, maintenant, peut-être qu’il va falloir que nous discutions”. Et puis, si on est devant, nous, nous allons créer les conditions d’un rassemblement comme nous l’avons fait avec la NUPES et avec le nouveau Front populaire. Nous ne transigerons jamais. Nous ferons en sorte que jamais ne passe l’extrême droite à Marseille. On tend la main à tout le monde.
Et concernant votre campagne, il y aura d’autres grands meetings, avec des personnalités nationales ?
Vous voulez l’exclusivité ? Je vous la donne. Mélenchon sera là le 7 mars et tiendra un très, très grand meeting à la Cartonnerie à la Friche la Belle de Mai.
Et il va annoncer sa candidature pour pouvoir dire que toutes les mesures que vous voulez faire passer à Marseille, il les fera passer au niveau national ?
Peut-être, vous lui poserez la question quand il se déplacera. Je ne sais pas ce qu’il va vous dire, je ne suis pas Jean-Luc Mélenchon. Même si j’ai beaucoup d’admiration pour le personnage qu’il est.
