La candidate de la droite et du centre aux municipales à Marseille, Martine Vassal, a réaffirmé sa position contre le RN. Elle axe son programme sur l’économie, le littoral et les transports.
Ce vendredi 30 janvier, alors que la campagne monte doucement en intensité à Marseille, la candidate de la droite et du centre, Martine Vassal, présentait ses vœux à la presse. L’occasion d’ouvrir de nouveaux axes de son programme.
En commençant d’emblée par clarifier son positionnement face au Rassemblement national. Marseille, « son ADN n’est et ne sera jamais RN. Il ne pourra jamais prendre cette ville. De par son histoire, sa culture, son identité […], on ne l’a peut-être pas crié assez fort ».
Son adversaire d’extrême droite, Franck Allisio, est à ce jour en haut du dernier sondage (31%) ex aequo avec Benoît Payan, tête de liste de l’union de la gauche Printemps marseillais. Mais Martine Vassal note : « si on demande aux Marseillais qui ferait un bon maire : je suis à 44% et Allisio à 29% ». Elle se présente donc comme étant le seul « vote utile ».
Au second tour : « qu’on soit là ou pas, le RN ne gagnera pas »
Et si elle dit comprendre les intentions de vote « de colère », liées à « la montée de la violence du quotidien, le narcotrafic […], les fins de mois difficiles », pour elle, « il ne faut pas confondre le national et le local ». La tête de liste de la droite et du centre met en avant ses « dix ans d’expérience d’exécutif (en tant que présidente du Département et de la Métropole, Ndlr). On a déjà perdu six ans (avec Benoît Payan, Ndlr), on ne peut pas reperdre un mandat ».
Quant à son positionnement dans un second tour, Martine Vassal évacue tout désistement : « qu’on soit là ou pas, le RN ne gagnera pas ».
Créer un « conseil de développement économique » à Marseille
La candidate avait surtout convié la presse pour mettre en avant de nouvelles priorités de programme. À commencer par l’économie. « Remettre le port au milieu de notre écosystème économique », « vision internationale assumée », « attirer les investisseurs » notamment avec un « choc fiscal »…
« Le temps presse, il faut empêcher les entrepreneurs de partir », clame-t-elle, en référence à la fermeture des Galeries Lafayette au Centre Bourse, aux évacuations du site d’Orange à Saint-Mauront dans un climat d’insécurité, ou des « hésitations de RTE », du côté de Gèze.
Alors qu’elle vient de rallier un soutien de campagne de poids chez les patrons locaux en la personne de Corinne Innesti, présidente de la CPME 13, elle se place comme interlocutrice privilégiée du monde économique. Et juge que les élus actuels « ne les ont jamais reçus. Ils n’ont pas l’impression d’être accueillis ».
C’est pourquoi, elle entend créer « un conseil de développement économique » à Marseille. Il doit réunir « les acteurs [économiques] pour qu’ils fassent des propositions de projets aux institutions ».
Marseille « cité balnéaire » et centre de plongée international au Frioul
Martine Vassal entend également faire de Marseille une « station balnéaire, comme les autres grandes villes de Méditerranée ». Dans son viseur, le réaménagement des plages du nord au sud. Notamment l’Escale Borély, « où les commerçants ne savent pas à quelle sauce ils vont être mangés ». Elle réitère son intention de leur permettre de privatiser des plages, pour sécuriser ces espaces. « Je préfère que les Marseillais restent ici plutôt qu’ils aillent à Saint-Cyr ou Bandol », abonde-t-elle.
« Il faut une vision balnéaire d’un bout à l’autre de la ville », en créant notamment un cheminement doux « de l’Estaque aux Goudes ». Sacré défi, avec une enclave industrialo-portuaire au milieu. « On a commencé à le faire », précise-t-elle, faisant référence au travail engagé avec la Métropole le long de la Corniche et de la promenade Pompidou jusqu’au David. Mais « ça a été compliqué » d’aller plus loin, admet-elle.
Enfin, Martine Vassal insiste sur le Frioul : « Un endroit protégé, mais pas valorisé. Il faut en faire une station balnéaire ». Le Parc national des Calanques déplore régulièrement la surfréquentation de l’archipel à la biodiversité fragile. Mais la candidate insiste pour le rendre plus « attractif » tout en « respectant l’écosystème, en encadrant mieux » les visiteurs.
Son intention première concerne le monde sous-marin. « Je veux créer un centre international de plongée, à proximité des sites remarquables dans ce secteur », qu’elle juge trop difficiles d’accès pour les plongeurs au départ du Vieux-Port.
Réaliser cinq lignes de tramway « en un mandat »
Enfin, la présidente sortante de la Métropole Aix-Marseille-Provence, en charge de la mobilité du territoire depuis plus de sept ans, a réaffirmé ses ambitions pour les transports en commun. Elle évacue d’abord toute extension du métro, qu’elle a envisagée par le passé, pour raison financière : « une ligne de métro, c’est quatre lignes de tramway ».
C’est donc sur le rail que Martine Vassal mise totalement. Ne souhaitant pas faire « de grande annonce » en l’air, ses projets sont pour la plupart dans les tuyaux, à l’étude, ou annoncés : tramway du 4-Septembre à l’ouest, vers « La Valentine et Saint-Marcel » à l’est.
Au nord, il s’agit de poursuivre l’extension du T3 au moins jusqu’à La Castellane et Saint-Antoine, ainsi que Saint-Jérôme dans le prolongement de la future ligne de la Belle de Mai. Pour le sud, elle réaffirme vouloir rejoindre « la Pointe-Rouge, en passant par Rabatau et le Prado ». La candidate évacue l’option via la Corniche, dont elle « rêve », mais qu’elle juge trop cher, trop complexe et trop long. Son engagement : réaliser tous ces projets « dans le mandat », soit d’ici sept ans.