Le média d’investigation Blast révèle que le parquet de Marseille a ouvert une enquête concernant le Plan écoles.
Timing de choix pour cet article du site d’investigation Blast. Il révèle, en pleine campagne municipale, et alors que le maire-candidat Benoît Payan met en avant son bilan concernant le plan de rénovation et de reconstruction des écoles marseillaises, que ce dernier est visé par une enquête du parquet de Marseille.
Les investigations font suite à un signalement de l’ancien préfet Georges-François Leclerc, ayant dénoncé des faits « susceptibles d’être constitutifs d’infractions à la loi pénale et notamment de délits de favoritisme », concernant la Société publique des écoles marseillaises (Spem), dont Benoît Payan préside le conseil d’administration.
Au centre du viseur : l’acquisition potentiellement illégale de l’école provisoire de Vayssière pour la déplacer à celle de La Castellane et accueillir les élèves durant son chantier. L’article met aussi en question, entre autres, la légalité de plusieurs marchés publics et les méthodes d’attribution.
Pour l’heure, l’enquête du parquet suit son cours et devra confirmer ou infirmer les irrégularités. Mais sa révélation fait tâche dans la campagne électorale. Les oppositions ne manquent pas de s’en saisir pour décrédibiliser le bilan de Benoît Payan.
Réponse de la Ville
« Pour rappel, la Société Publique des Écoles de Marseille (SPEM), est co-dirigée pour moitié par l’Etat et pour moitié par la Ville, avec les mêmes pouvoirs de décision. De ce fait, le Maire de Marseille s’étonne que son co-actionnaire, le préfet de l’époque, n’ait pas informé l’ensemble du Conseil d’Administration et des actionnaires du signalement dont il était destinataire. Après en avoir pris connaissance partielle ce jour par voie de presse, le Maire de Marseille a signalé l’article au Procureur de la République pour que toute la lumière soit faite sur les faits rapportés. Pour rappel, la défaillance de l’entreprise titulaire du marché de l’école Saint André La Castellane avait conduit à l’arrêt des travaux. L’objectif partagé par l’ensemble des administrateurs de la SPEM était l’installation de nouveaux bâtiments modulaires pour la continuité du service public de restauration sur la pause méridienne avant la rentrée de septembre 2025. La Ville n’étant pas autorisée légalement à procéder elle-même au rachat de modulaires provisoires, elle a demandé à la SPEM, avec l’accord de l’ensemble de ses actionnaires, si celle-ci pouvait procéder au rachat. Il s’agissait donc bien d’une position assumée et partagée entre la Ville et l’Etat, et connue de l’ensemble des parties prenantes. La décision a été approuvée unanimement par le Conseil d’administration du 25 février 2025 par l’ensemble des administrateurs présents : dont Benoît Payan, maire de Marseille, président de la SPEM, et Georges-François Leclerc ».
Ça ne manque pas « d’affaires » autour des candidats à Marseille
Dans la course aux municipales à Marseille, il semblerait désormais que tous les candidats doivent faire face à des « affaires », excepté Rémy Bazzali pour Lutte ouvrière.
Pour rappel, la justice a ouvert une enquête contre Franck Allisio (RN) pour détournement de biens publics après les révélations de Marsactu sur l’utilisation des moyens du groupe d’opposition Rassemblement national à la Région.
Des enquêtes visent Erwan Davoux suite à des plaintes pour « chantage » et « provocation à la haine » et « tentative de détournement de fonds public ». Plaintes émises par le Département des Bouches-du-Rhône et Martine Vassal (DVD), eux-mêmes visés par une enquête pour des faits présumés de corruption, trafic d’influence, détournement de fonds publics.
De son côté, le candidat de la France insoumise, Sébastien Delogu devra comparaître le 9 juin prochain devant le tribunal correctionnel de Marseille pour recel de vol, mise en danger d’autrui et atteinte au secret des correspondances.