SunLib vient de lever 25 millions d’euros auprès d’un fonds d’investissement régional. La start-up aixoise veut devenir le leader français de l’autoconsommation solaire par abonnement d’ici 2030.
Pendant 30 ans, Arnaud Langlois a été un pur produit de la finance à Londres et Singapour. Mais en 2017, lorsqu’il reprend les rênes d’un fonds d’investissement spécialisé dans les énergies renouvelables, le financier se rend compte « qu’aucune société en France ne propose d’abonnement pour financer l’autoconsommation solaire ».
Pourquoi ce modèle économique serait-il plus intéressant pour le client ? « Car il permet de ne pas assumer l’installation de panneaux solaires qui peut être très onéreuse », défend Arnaud Langlois. Ce coût est d’ailleurs, selon lui, le principal frein au développement de l’autoconsommation solaire en France.
Le financier s’est donc mis en ordre de marche. Il a lancé SunLib en 2024 depuis Aix-en-Provence avec trois cofondateurs. Karine Lienhard et Philippe Ramès sont toujours salariés de l’entreprise. Alors que Benjamin May, en appui sur le volet juridique, continue sa profession d’avocat à Paris.
25 millions d’euros levés
La société finance donc l’installation de panneaux photovoltaïques pour des particuliers et des entreprises, grâce à ses 300 sociétés partenaires en France. Cette première opération ne coûte rien au client. Ces charges seront remboursées par abonnement à partir de 49 euros/mois sur une durée de 10 à 25 ans, maintenance et gestion inclues.
Cependant, financer de telles installations représente un coût d’investissement important pour SunLib. « 10% concerne les panneaux solaires et 90% la main d’œuvre qualifiée pour les installer », précise Arnaud Langlois.
La jeune société a donc levé 25 millions d’euros auprès d’Épopée Gestion. Ce fonds régional, spécialisé dans le soutien aux projets de territoire, reste néanmoins minoritaire dans le capital. « Ce qui vous permet de faire un calcul simple sur la valorisation de l’entreprise », glisse Arnaud Langlois. Soit près de 50 millions d’euros.
100 000 clients en 2030
Avec ce pécule, SunLib entend accélérer sur le marché français en passant de 500 clients actuels à 100 000 clients en 2030, grâce à une petite armée de commerciaux dans les grandes villes de Lyon, Marseille, Bordeaux, ou Lille.
Arnaud Langlois atteste déjà « d’un engouement très fort » avec un potentiel de développement important pour les collectivités territoriales « qui cherchent à faire des économies ».
L’entrepreneur veut ainsi s’inscrire dans les pas de la société Sunrun qui compte un million d’abonnés aux États-Unis en devenant « le leader du marché français » dans cinq ans.
D’ici là, SunLib espère qu’une offre de fabrication de panneaux solaires compétitive, française ou européenne, aura rattrapé « les immenses progrès des Chinois ». La giga-factory Carbon, en projet à Fos-sur-Mer, est surveillée de près.