Après plusieurs années de tensions sur sa reconnaissance et ses moyens, la CRESS Paca a présenté ses vœux 2026 sous le signe d’un rapprochement avec l’État et la Région, avec un plan d’action régional de 96 millions d’euros pour le développement du secteur.
La Chambre régionale de l’économie sociale et solidaire (CRESS) Provence-Alpes-Côte d’Azur a présenté ses vœux pour 2026 au Théâtre de la Criée à Marseille, devant de nombreux représentants institutionnels, économiques et associatifs. Une cérémonie marquée par l’affichage d’une relation désormais apaisée entre la CRESS, l’État et la Région, après plusieurs années de tensions sur la reconnaissance et les moyens accordés au secteur.
« Si l’État et la Région soutiennent l’ESS, ce n’est pas par supplément d’âme, mais parce qu’ils reconnaissent que l’économie sociale et solidaire est une politique publique à part entière », a affirmé Denis Philippe, président de la CRESS Paca. Un secteur encadré par la loi depuis 2014, qui place l’utilité sociale au cœur de son activité et représente aujourd’hui 13% de l’emploi privé, plus de 12 000 entreprises et 174 000 salariés dans la région.
Un plan à 96 millions d’euros
Un discours qui tranche avec les critiques formulées par la CRESS en 2022 sur le manque de reconnaissance institutionnelle. « Pour autant, la reconnaissance ne suffit pas, la légitimité doit se traduire en capacité d’action, a insisté Denis Philippe. Il faut que l’on s’organise beaucoup plus vite, parce qu’on ne sait pas, politiquement, ce qu’il peut se passer, et qu’on n’a pas forcément toujours des interlocuteurs en capacité de reconnaitre l’ESS », nous a-t-il confié.
« L’État considère aujourd’hui ce secteur avec beaucoup d’intérêt », a assuré Didier Mamis, secrétaire général de la Préfecture pour les affaires régionales, rappelant « qu’une stratégie nationale de l’économie sociale et solidaire a été élaborée en 2025, à l’issue de discussions approfondies et de consultations citoyennes », avec l’objectif de lever les freins au développement et au financement des structures de l’ESS. Celle-ci est pour l’instant reportée à mars 2026.
Présent à la tribune, le président de la Région Sud, Renaud Muselier, est revenu sur le plan d’action en faveur de l’ESS pour la période 2024-2030, présenté en novembre dernier. Celui-ci mobilise 96 millions d’euros, dont 10 millions d’euros spécifiquement dédiés aux clauses sociales dans les marchés publics, avec la mise en place de clauses réservées ou adaptées aux structures de l’ESS. « Nous avons trouvé un équilibre, fondé sur la confiance et le respect mutuel », a-t-il souligné, évoquant un partenariat construit « au fil du temps ».
Miser sur les JO d’hiver
Renaud Muselier a également défendu une reconnaissance institutionnelle renforcée des Chambres régionales. « Je me bagarre pour qu’elles aient un statut comparable à celui des chambres de commerce et des chambres de métiers », a-t-il déclaré. Un forum des partenaires, annoncé pour le mois d’avril prochain, doit permettre aux acteurs de l’ESS de se structurer collectivement afin de répondre à la commande publique, notamment dans le cadre des grands projets à venir.
Parmi eux, les Jeux olympiques et paralympiques d’hiver 2030 dans les Alpes françaises, présentés comme un levier économique et écologique majeur, pour lesquels près de deux milliards d’euros d’investissements sont attendus. « Les Jeux sont un accélérateur de projets », a insisté le président de Région, soulignant la place de l’ESS dans les réponses aux marchés liés à l’événement.
En clôture, la CRESS a remis le Prix régional de l’ESS 2026 à l’association Cantina, née en 2018, pour son action de réemploi des invendus alimentaires et sa contribution à la réflexion autour d’une sécurité sociale de l’alimentation. Doté de 1 000 euros, le prix a été remis en prélude au mois de l’ESS, prévu en novembre.
