Une semaine après les élections municipales, Martine Vassal a retrouvé lundi 30 mars l’hémicycle du conseil départemental pour le débat d’orientations budgétaires 2026.
L’image n’était pas anodine. Après une campagne municipale éprouvante, l’exécutif départemental a cherché à renvoyer un signal de continuité. En ouverture de séance, Martine Vassal a félicité les maires élus ou réélus siégeant dans l’assemblée, avant d’appeler chacun à se « recentrer pleinement » sur sa mission au sein de l’institution et de rappeler que « le travail au sein de notre institution n’a jamais cessé ».
Des finances moins dégradées qu’annoncé
À l’automne dernier, le rapport de la Chambre régionale des comptes avait mis en lumière la dégradation des finances du Département. Lundi à l’occasion de la séance publique du conseil départemental, le ton n’était plus le même.
Au nom de la majorité, le vice-président aux finances Yves Moraine a défendu une trajectoire « maîtrisée », insistant sur une progression nette des recettes de fonctionnement en 2025. Une amélioration portée notamment par le regain du marché immobilier, qui profite directement aux droits de mutation, une ressource fiscale essentielle pour tous les départements de France.
« La situation financière s’améliore et continue de s’améliorer, il faut mesurer ses critiques quand les choses sont difficiles parce que la réalité c’est que les départements sont dans une situation d’extrême rigidité », a adressé Yves Moraine à ses opposants dans l’hémicycle, la gauche et le Rassemblement national. Rappelant par la même occasion qu’il fallait « rester extrêmement prudent compte tenu du contexte international ».
En face, l’opposition n’a pas vraiment engagé la bataille sur ce terrain. Le président du groupe de gauche Anthony Krehmeier a renvoyé le vrai débat au vote du budget, prévu le 14 avril.
Une capacité de désendettement en nette amélioration
Le principal argument de la majorité tient dans un indicateur : la capacité de désendettement. Selon les chiffres avancés lundi, elle est passé de 18,8 ans fin 2024 à 12,4 ans fin 2025.
Autrement dit, le Département reste très endetté, mais sa situation redevient un peu plus soutenable. « En 2029, la capacité de désendettement sera ramenée à 9 ans et demi, c’est validé par l’agence Fitch qui nous attribue la note A+ », précise Yves Moraine.
L’épargne brute, elle aussi, repart à la hausse, portée par des recettes plus dynamiques et des dépenses de fonctionnement restées contenues. Yves Moraine a d’ailleurs insisté sur ce point, en mettant en avant une hausse limitée à +0,4%.
Le stock de dette, lui, ne disparaît pas. Il atteindrait « 2,6 milliards d’euros à horizon 2026 », pointe Cédric Dudieuzère (RN). Mais pour le vice-président aux finances, « la dette n’est pas forcément un mauvais point, si elle est saine et bien placée ».
Pas question de freiner l’investissement
L’autre message de la majorité, c’est qu’il n’est pas question de casser l’investissement pour redresser les comptes.
Le Département entend maintenir un volume élevé, autour de 500 millions d’euros par an, avec en tête 137 millions d’euros pour les collèges et la poursuite du Plan Charlemagne, 35 millions pour le plan mobilité et 100 millions pour l’accompagnement des projets communaux.
« Nous allons poursuivre le travail de rationalisation et d’optimisation des moyens généraux, et aussi développer notre capacité de captation des financements extérieurs », souligne Yves Moraine, avant de poursuivre, « on ne peut pas assécher les entreprises locales car le Département est l’un des moteurs économiques du territoire ».
Le social et 13 Habitat reviennent dans le débat
Si la dette a occupé le devant de la scène la majeure partie de cette séance, les tensions politiques ne se sont pas totalement effacées. Gérard Frau, pour le PCF, a notamment dénoncé les difficultés persistantes dans le secteur social, de l’aide sociale à l’enfance aux Maisons de la solidarité.
La majorité a répondu en rappelant que les dépenses de solidarité représentent toujours la part la plus importante du budget de fonctionnement. Le Département y consacre « 62% de ses dépenses ».
En fin de séance, c’est surtout le dossier 13 Habitat qui a ravivé les hostilités dans l’hémicycle. Samia Ghali (divers gauche) a interpellé la majorité sur l’état de plusieurs immeubles du bailleur social, provoquant un échange tendu avec Jean-Marc Perrin, récemment nommé à la tête de l’organisme.
Martine Vassal est rapidement intervenue pour apaiser les choses, en proposant une visite sur place avec les deux élus concernés. « L’état de 13 Habitat est inquiétant donc je vais vous faire une proposition, on y va tous les trois avec monsieur Perrin et on va voir ces fameux immeubles pour constater les problématiques qui n’ont pas été résolues », a-t-elle proposé. En attendant, les échanges reprendront le 14 avril pour le vote du budget.