Orange dévoile dix projets lauréats de son programme « Femmes Entrepreneuses » ce 12 février. Ce dispositif, 8e du nom, sera l’occasion d’accélérer sur l’accompagnement des femmes dans la levée des fonds.
La 6e édition du baromètre Sista x BCG fin 2025 révèle que les équipes exclusivement féminines à la tête de start-up ne captent que 2% des fonds levés en France. Ces inégalités sont décuplées lorsque les solutions sont basées sur l’intelligence artificielle : les femmes captent moins de 1% des montants totaux investis dans l’IA.
Orange, qui renouvelle pour la 8e année son programme « Femmes entrepreneuses », veut donc aller à contre-courant de ce constat. « Nous voulons faire en sorte que les candidates à la levée de fonds soient plus nombreuses, qu’elles soient aussi mieux préparées pour répondre à certains archaïsmes, mais surtout venir avec des projets solides », assure Sandrine Joseph, responsable du programme à l’échelle du groupe.
Pour les questions de financement, la direction régionale d’Orange s’est entourée de spécialistes comme l’incubateur Les Premières Sud, dirigé par Caroline Dumond, et l’avocate Chloé Huertas de EY Ventury Avocats. Mais aussi de dix mentors salariés qui accompagneront les lauréates tout au long des dix mois du programme.
Plusieurs projets dans l’IA
Comme pour la session précédente, plusieurs femmes lauréates développent un projet avec de l’IA comme Savistas, deeptech vauclusienne qui déploie une plateforme pédagogique intégrant un professeur particulier interactif, capable d’adapter l’apprentissage aux profils des apprenants grâce à une IA éducative.
À Marseille, Camille Gerbier développe aussi avec Neova son outil NeoMeet, premier assistant de réunion IA souverain et conforme au règlement général sur la protection des données (RGPD) qui « transforme un enregistrement de réunion en un compte-rendu stratégique, clair et exploitable », assure la jeune fondatrice.
L’entrepreneuse marseillaise Svetlana Cranga a également mis au point Natixar, plateforme technologique conçue pour l’industrie capable de convertir les données des industriels en indicateurs fiables grâce à « une IA performante, un monitoring avancé et une traçabilité blockchain ».
D’autres projets diversifiés
Parmi les six autres lauréates, deux projets concernent les cosmétiques : Anthésté, une gamme de cosmétiques naturels adaptés à chacun grâce au développement d’un agent IA capable de scanner la peau et aussi Pépins, première marque française de cosmétiques naturels élaborés à partir de pépins et de noyaux de fruits.
Côté éducation, Soraya Lucas a développé l’école de commerce en ligne Ed’Up que les élèves peuvent suivre en alternance via une plateforme digitale. Marina Dorat, pour sa part, propose une offre de coaching immersif afin d’apprendre à gérer son stress et ses émotions avant des examens ou une prise de parole.
Audrey Royer a aussi retenu l’attention d’Orange pour son agence spécialisée dans la production de podcasts sur mesure pour les entreprises. Comme Virginie Personne, qui souhaite mettre sur le marché une solution qui agit comme un tiers de confiance pour échanger sur les plateformes collaboratives (Le Bon coin, Vinted…).
Les attentes des lauréates
Quelques unes de ces start-up souhaitent déjà lever des fonds. Neova s’est notamment faite approchée par plusieurs fonds d’investissement pour lever jusqu’à dix millions d’euros. « L’avantage c’est qu’on est très peu sur ce marché », affirme la jeune femme.
Cependant, la Marseillaise souhaite être guidée dans ce processus « risqué » par peur de se faire absorber son entreprise. Même attente chez Myrtille Chekhar (Pépins) qui « a besoin d’être rassurée » et comprendre les rouages de la levée de fonds avant de s’y attaquer.
Les autres lauréates recherchent avant tout du réseau pour développer leur offre commerciale, mais aussi de la visibilité grâce à la force de frappe du leader français des télécommunications. « Dix mois, ça passe très vite, prévient Vincent Parisot, directeur de la communication de Orange Grand Sud Est. Prenez un maximum d’informations sur vos mentors ».