Les syndicats patronaux réclament l’ouverture d’urgence des commerces tous les dimanches jusqu’à Noël et des mesures pour faire revenir les clients après les pillages.
Ouvrir le dimanche pour rattraper une partie des ventes perdues ? Après les violences et les pillages, des professionnels, des élus et des représentants portent cette demande à Marseille, où les commerçants doivent aussi faire face à une baisse de fréquentation du centre-ville. Notamment à l’approche des fêtes, période clé de l’année pour leur activité.
Le président de la chambre de commerce et d’industrie Aix-Marseille-Provence (CCIAMP), Jean-Luc Chauvin, a notamment réinsisté sur ce point ce jeudi, entre autres mesures pour redynamiser le commerce, comme la gratuité des parkings et des animations. « Il faut multiplier les efforts jusqu’à Noël, voire fin janvier jusqu’aux soldes », a-t-il insisté.
L’ex-CPME, sous l’appellation Les Entrepreneurs, et l’UPE 13, antenne départementale du MEDEF, réclament des mesures pour relancer l’activité. Dans un communiqué publié ce vendredi 30 octobre, l’UPE 13 sollicite le préfet des Bouches-du-Rhône, en coordination avec les maires concernés, pour permettre aux commerces volontaires d’ouvrir tous les dimanches jusqu’à Noël, dans le respect du droit du travail.
« Chaque journée compte ! Ouvrir les dimanches ne réglera pas tout, mais c’est une mesure immédiate et concrète pour préserver nos entreprises et nos emplois », défend son président, Jean-Christophe Amarantinis. L’organisation décrit une « double peine », entre les conséquences des pillages et la chute de fréquentation.
Le gouvernement favorable aux ouvertures dominicales
L’Alliance du Commerce, qui représente 16 000 points de vente en France, a saisi le gouvernement et les préfets pour obtenir des ouvertures exceptionnelles tous les dimanches de novembre et décembre, ou au minimum les six dimanches compris entre le 22 novembre et le 27 décembre. Elle souhaite que tous les secteurs commerciaux puissent en bénéficier, avec des contreparties pour les salariés.
Le gouvernement s’y est montré favorable jeudi 29 octobre. Sur France Inter, le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, a évoqué « presque un OK de principe », tout en souhaitant s’assurer que les commerçants sinistrés puissent reprendre leur activité dans de bonnes conditions. Il a précisé que ces ouvertures reposeraient sur le volontariat des salariés.
Ce soutien ne constitue toutefois pas une autorisation générale. Les maires peuvent autoriser jusqu’à douze dimanches d’ouverture par an. Des dérogations préfectorales peuvent également être accordées sous certaines conditions.
Force ouvrière conteste l’efficacité de la mesure
Force ouvrière s’oppose à cette réponse aux difficultés des commerçants. Dans un communiqué du 29 octobre, le syndicat dénonce une « nouvelle provocation du gouvernement ». Il refuse que les salariés en supportent les conséquences par de nouvelles dérogations au repos dominical.
Le syndicat conteste également l’efficacité économique de la mesure. Selon lui, multiplier les jours d’ouverture ne résoudra pas le manque de pouvoir d’achat des consommateurs. Pour relancer la consommation, il réclame une augmentation des salaires. FO redoute enfin que les plus petites boutiques soient pénalisées, faute de moyens humains et financiers pour fonctionner sept jours sur sept.
Faciliter l’accès au centre-ville et sécuriser les commerces
Au-delà du dimanche, les organisations patronales demandent des mesures pour faire revenir les clients. Les Entrepreneurs plaident pour une quasi-gratuité des transports et des parkings vers le centre-ville. L’UPE 13 réclame un renforcement de la sécurité dans les rues commerçantes et des procédures simplifiées pour les ouvertures exceptionnelles.
Les parcours des manifestations figurent également parmi leurs préoccupations. Alain Gargani, pour Les Entrepreneurs Sud, affirme avoir obtenu l’accord du préfet pour qu’elles ne se tiennent plus dans l’hypercentre. À l’échelle nationale, l’Alliance du Commerce demande que les cortèges évitent les principales artères commerçantes pour prévenir de nouvelles dégradations et fermetures.
Les commerçants lancent aussi un appel aux habitants pour qu’ils privilégient les achats locaux pour les fêtes. La Chambre de commerce (CCIAMP) relance de son côté ses chèques cadeaux Treiz’local, comme l’a annoncé hier son président Jean-Luc Chauvin.