Après les pillages du week-end, un couvre-feu pour les mineurs entre en vigueur ce mardi 20 octobre à Marseille, de 22 heures à 5 heures, jusqu’à vendredi inclus. Il concerne une partie du centre-ville et plusieurs zones commerciales. Voici les secteurs visés.
Les mineurs ne pourront plus circuler la nuit dans plusieurs secteurs de Marseille à partir de ce mardi 20 octobre. Après les violences et les pillages de commerces survenus en marge de la mobilisation du samedi 17 octobre, le préfet des Bouches-du-Rhône, Jacques Witkowski, annonce l’instauration d’un couvre-feu ciblé.
Selon la préfecture, cette décision a été prise « en concertation étroite » avec le maire de Marseille, Benoît Payan, et les représentants des acteurs économiques. Elle intervient au lendemain des annonces du Premier ministre, Sébastien Lecornu, ouvrant la possibilité de mettre en place des couvre-feux localisés dans les territoires où les élus en ont exprimé le souhait.

Une interdiction de 22 heures à 5 heures
Le dispositif s’appliquera chaque nuit de 22 heures à 5 heures, jusqu’au la nuit du vendredi 23, la mesure prenant donc fin samedi à 5h du matin. Durant ces horaires, la présence des mineurs sera interdite dans les périmètres concernés.
La mesure ne s’étend donc pas à l’ensemble de Marseille. Elle vise une partie du centre-ville ainsi que plusieurs centres commerciaux et leurs abords, dont les voies d’accès, les trottoirs, les parkings et les espaces de livraison.
Les secteurs concernés
Sept secteurs commerciaux concernés. La préfecture identifie les zones commerciales suivantes : le Centre Bourse, les Terrasses du Port et les Docks, Prado Shopping, le Merlan, Grand Littoral, Bonneveine et la Valentine.
À la Valentine, le périmètre comprend notamment les emprises des centres commerciaux la Valentine, Ikea et Leroy Merlin. Il s’étend à l’avenue des Peintres Roux, entre les ronds-points Henri Martinet et Jean de Tchorlou, puis à l’avenue François Chardigny jusqu’au rond-point Lieutenant-colonel Piollet.
Sont également concernés l’avenue Philippe Rieu, la traverse de la Montre, l’avenue de Saint-Menet dans son prolongement vers la route de la Valentine, puis cette dernière jusqu’au rond-point Adrien Legros.
Une partie du centre-ville également visée
Dans le centre-ville, le périmètre décrit par la préfecture s’appuie sur l’axe de la République, le quai des Belges, le cours Jean-Ballard et la rue Breteuil jusqu’au cours Pierre-Puget.
Il se poursuit par le cours Pierre-Puget, la rue d’Armény, la place de Rome et la rue de Rome jusqu’au cours Saint-Louis. La rue des Récollettes, entre la rue d’Aubagne et la Canebière, ainsi que la portion de la Canebière rejoignant le quai des Belges figurent également dans le tracé.
Des contrôles par les forces de sécurité
Les forces de sécurité nationales et municipales seront mobilisées pour faire respecter le couvre-feu. La préfecture rappelle que la violation des dispositions de l’arrêté constitue une infraction pénale.
La réaction de Benoît Payan
« J’ai pris acte de la décision du Préfet d’instaurer à Marseille un couvre-feu », a réagi le maire de Marseille Benoît Payan (divers gauche). « Cette décision, si elle peut soulager les commerces et faciliter le travail des forces de l’ordre, doit être accompagnée d’un déploiement suffisant de forces de police sur l’ensemble de la ville ».
Lundi soir, avant de recevoir le ministre de l’Intérieur, Benoît Payan avait déjà exprimé un avis mitigé sur la question. « Le couvre-feu, ça peut servir si c’est bien fait. Si c’est fait de manière partielle, les problèmes se déplacent », jugeait-il. Et de préciser qu’il attendait « des réponses différentes. Il faut des forces de l’ordre, une doctrine du maintien de l’ordre qui tienne la route ».
Il s’est en effet montré très critique sur la méthode et les moyens employés pour la sécurisation de la mobilisation sociale du 17 septembre et les débordements parallèles. « Les forces de l’ordre ont gazé des lycéens au moment même où des dizaines de casseurs s’en prenaient à des magasins », a-t-il résumé, mettant en cause les décisionnaires, et « un fiasco », dans le maintien de l’ordre.