Après les pillages du samedi 17 octobre, le gouvernement annonce le déclenchement du chômage partiel « à 100% » dès mardi et un fonds de soutien aux commerces sinistrés. Des mesures attendues à Marseille, où de nombreux établissements ont été touchés. Des couvre-feux localisés sont également demandés aux préfets, sans confirmation à cette heure pour la ville.
Comment reprendre son activité quand sa vitrine a été détruite, ses stocks dérobés ou son magasin saccagé ? À Marseille, les commerçants victimes des violences de samedi doivent évaluer leurs pertes, sécuriser leurs locaux et engager les démarches auprès de leurs assurances. Pour certains, la réouverture devra attendre.
Ce lundi 19 octobre, à l’issue d’une cellule interministérielle de crise, Sébastien Lecornu a annoncé de premières mesures pour accompagner les entreprises sinistrées et leurs salariés.
« On a décidé de déclencher le chômage partiel dès demain [mardi 20 octobre], à 100%. C’est une mesure de protection sociale de l’emploi. Nous allons également débloquer un fonds de soutien spécifique pour l’ensemble de ces commerces », a déclaré le Premier ministre.
Un soutien pour permettre aux commerces de redémarrer
Le dispositif d’activité partielle doit permettre d’accompagner les établissements contraints de réduire ou de suspendre leur activité. Le gouvernement souhaite également accélérer les expertises des assurances pour faciliter leur remise en état.
Les modalités de la prise en charge annoncée « à 100% » restent toutefois à préciser, notamment pour les employeurs et les salariés. Le montant du fonds de soutien et ses conditions d’accès n’ont pas non plus été détaillés dans les annonces présentées à la mi-journée.
À Marseille, ces mesures doivent répondre à une situation encore difficile à chiffrer. Au-delà des marchandises volées et des équipements endommagés, les commerçants doivent aussi faire face aux pertes de chiffre d’affaires liées aux fermetures.
Des couvre-feux demandés, Marseille dans l’attente
Pour éviter de nouveaux pillages, le Premier ministre a également demandé aux préfets de mettre en place des couvre-feux dès ce lundi soir. « Ils seront partiels et pourront être très localisés », a-t-il précisé. Les secteurs concernés doivent être définis après des échanges avec les maires.
Aucun périmètre ni horaire de couvre-feu n’est confirmé à cette heure pour Marseille. Une mesure distincte a cependant été annoncée : les rassemblements et manifestations sont interdits sur l’ensemble de la commune ce lundi, de midi à 20 heures.
La visite de Laurent Nuñez reportée
Attendu à Marseille dans l’après-midi pour rencontrer les commerçants sinistrés, les acteurs économiques, le maire et les forces de l’ordre, Laurent Nuñez a reporté son déplacement. Selon son entourage, le ministre de l’Intérieur doit participer à une réunion avec le Premier ministre et d’autres membres du gouvernement.
Ce report intervient alors que Benoît Payan demande des explications sur la gestion des violences de samedi. Le maire dénonce un manque d’anticipation et des moyens policiers insuffisants, après notamment l’attaque du commissariat de la police municipale et l’intrusion de casseurs dans l’hôtel de ville.
Il affirme avoir alerté les autorités et sollicité des renforts auprès du président de la République, du Premier ministre et du ministre de l’Intérieur. Il conteste également le chiffre de 30 000 pilleurs avancé par la préfecture de police des Bouches-du-Rhône.