Une manifestation est prévue à 10h30 aux Réformés ce mardi 6 octobre, pour une nouvelle journée de mobilisation des lycéens, soutenus par les étudiants et plusieurs syndicats. Après les violences de jeudi dernier, la RTM adapte la desserte d’une trentaine de lignes de bus.
Le mouvement lycéen va-t-il s’élargir ? Après plusieurs journées de blocages, les organisations lycéennes et étudiantes appellent à un « acte III » de la mobilisation ce mardi 6 octobre, et sont rejoints par des organisations syndicales. À Marseille, le rendez-vous est fixé à 10h30 aux Réformés, selon l’appel relayé par la CGT des Bouches-du-Rhône. Des manifestations sont également annoncées à Lyon, Toulouse, Bordeaux, Rennes ou encore Paris.
Cette nouvelle journée bénéficie du soutien de plusieurs syndicats. La CGT appelle les salariés à rejoindre les cortèges, tandis que des syndicats enseignants de la FSU et de Force ouvrière invitent les personnels à faire grève aux côtés des jeunes.
Une plateforme en ligne initiée par l’Union étudiante, en lien avec l’Union syndicale lycéenne (USL) porte dix revendications d’urgence pour la jeunesse. Elle réclame la rénovation des établissements, davantage de personnels éducatifs et de santé, ainsi qu’une réforme des rythmes scolaires.
L’organisation veut aussi mettre fin à la sélection via Parcoursup et Mon Master et renforcer la démocratie lycéenne. Elle demande de meilleures aides sociales, le repas étudiant à 1 euro, la suppression de la CVEC, des logements CROUS accessibles et rénovés, ainsi que la fin de la répression des mobilisations lycéennes et étudiantes.
« Compte tenu du contexte actuel et des appels à la mobilisation, j’ai décidé de fermer tous les sites universitaires pour la journée », a annoncé Éric Berton, président d’amU. Les agents seront placés en télétravail. https://t.co/UAmANxk4gV
— Made in Marseille (@MadeMarseille) October 6, 2026
Des classes moins chargées et davantage de moyens
Au cœur des revendications : le manque d’enseignants et de personnels, les classes surchargées et la dégradation des bâtiments scolaires. Les jeunes mobilisés réclament davantage de moyens pour étudier et demandent également la suppression de Parcoursup, dont ils dénoncent le fonctionnement et les effets sur l’accès aux études supérieures.
Pour accompagner le mouvement, la CGT invite ses organisations à ouvrir les Bourses du travail et les Maisons du peuple afin de permettre aux lycéens et aux étudiants de se réunir. Elle appelle aussi ses militants à contribuer à la sécurité des rassemblements.
Deux lignes de tramway et une trentaine de lignes de bus déviées à Marseille
À Marseille, cette journée se déroule après les violences survenues jeudi 1er octobre en marge des blocus. Des bus avaient été pris pour cible et un conducteur agressé, conduisant la RTM à interrompre l’ensemble de son réseau toute la journée. Un véhicule des marins-pompiers avait également été incendié devant le lycée Saint-Exupéry, dans le 15e arrondissement. Un marin-pompier avait été blessé.
Ce mardi matin, des modifications de desserte sont annoncées sur une trentaine de lignes de bus. Certains arrêts, notamment à proximité d’établissements scolaires, ne sont pas desservis afin de limiter les risques pour les conducteurs et les voyageurs.
Les lignes concernées sont les B3, B5, 3, 5, 15, 15S, 16, 17, 18, 22, 22S, 23, 25, 27, 29, 36, 36B, 38, 44, 45, 52, 54, 70, 72, 82S, 88, 96 et 107. Les voyageurs peuvent consulter le détail des perturbations et leur évolution sur la page d’information trafic de la RTM.
Les tramways aussi sont impactés. À commencer par le T2 (Arenc – La Blancarde) totalement à l’arrêt. Le T3 (Gèze – La Gaye) circule quant à lui uniquement entre Castellane et La Gaye, avec 13 stations non desservies entre Castellane et Gèze.
Une inquiétude plus large pour l’avenir
Au-delà des conditions d’étude, la mobilisation intervient dans un contexte de forte défiance des jeunes envers les responsables politiques. Selon une enquête Ipsos BVA publiée ce mardi, 78% des 18-29 ans estiment que ces derniers préparent mal leur avenir. Ils sont également 64 % à ne pas faire confiance aux candidats à la présidentielle pour prendre en compte leurs préoccupations.
Réalisée en ligne du 23 juillet au 5 août auprès de 3 000 jeunes, cette enquête porte sur une population plus large que les seuls lycéens mobilisés. Elle témoigne néanmoins des inquiétudes d’une génération sur la place qui lui est accordée dans les décisions publiques.

