A Marseille, suite à la manifestation dans le calme ce mardi 6 octobre, les manifestants se sont dispersés. Mais en ce début de soirée, la situation dégénère dans le centre-ville.
Après plusieurs journées de blocages, les organisations lycéennes et étudiantes ont participé à l’acte III de la mobilisation ce mardi 6 octobre, rejoints par des organisations syndicales. À Marseille, le rendez-vous était fixé à 10h30 aux Réformés. Des manifestations ont également eu lieu à Lyon, Toulouse, Bordeaux, Rennes ou encore Paris.
Cette nouvelle journée a bénéficié du soutien de plusieurs syndicats. La CGT avait appelé les salariés à rejoindre les cortèges, tandis que des syndicats enseignants de la FSU et de Force ouvrière ont invité les personnels à faire grève aux côtés des jeunes.
Mais en cette fin d’après-midi, après une journée de mobilisation dans le calme, la situation se tend dans le centre-ville de Marseille avec des tirs de lacrymogènes, des poubelles incendiées et de nombreux mouvements de foule.
Emmanuel Macron organise une réunion à l’Élysée ce mardi 6 octobre au soir avec plusieurs ministres pour évoquer la mobilisation lycéenne.
Le Premier ministre Sébastien Lecornu y participera aux côtés du ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, et du ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray.
Les images en direct de la matinée
🔴 À Marseille, la mobilisation des lycéens, étudiants et syndicats se déroule dans le calme. Le cortège traverse actuellement le centre-ville. https://t.co/n1G09sOi12
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Des centaines de personnes affluent en ce moment vers les Réformés pour le départ de la mobilisation marseillaise. Un cortège mêlant étudiants, lycéens et syndicats s’élance dans le centre-ville. https://t.co/AgVyBM7ZvI
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Une plateforme de revendications en ligne
Une plateforme en ligne initiée par l’Union étudiante, en lien avec l’Union syndicale lycéenne (USL) porte dix revendications d’urgence pour la jeunesse. Elle réclame la rénovation des établissements, davantage de personnels éducatifs et de santé, ainsi qu’une réforme des rythmes scolaires.
L’organisation veut aussi mettre fin à la sélection via Parcoursup et Mon Master et renforcer la démocratie lycéenne. Elle demande de meilleures aides sociales, le repas étudiant à 1 euro, la suppression de la CVEC, des logements CROUS accessibles et rénovés, ainsi que la fin de la répression des mobilisations lycéennes et étudiantes.
« Compte tenu du contexte actuel et des appels à la mobilisation, j’ai décidé de fermer tous les sites universitaires pour la journée », a annoncé Éric Berton, président d’amU. Les agents seront placés en télétravail. https://t.co/UAmANxk4gV
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Des classes moins chargées et davantage de moyens
Au cœur des revendications : le manque d’enseignants et de personnels, les classes surchargées et la dégradation des bâtiments scolaires. Les jeunes mobilisés réclament davantage de moyens pour étudier et demandent également la suppression de Parcoursup, dont ils dénoncent le fonctionnement et les effets sur l’accès aux études supérieures.
Pour accompagner le mouvement, la CGT invite ses organisations à ouvrir les Bourses du travail et les Maisons du peuple afin de permettre aux lycéens et aux étudiants de se réunir. Elle appelle aussi ses militants à contribuer à la sécurité des rassemblements.
Deux lignes de tramway et une trentaine de lignes de bus déviées à Marseille
À Marseille, cette journée se déroule après les violences survenues jeudi 1er octobre en marge des blocus. Des bus avaient été pris pour cible et un conducteur agressé, conduisant la RTM à interrompre l’ensemble de son réseau toute la journée. Un véhicule des marins-pompiers avait également été incendié devant le lycée Saint-Exupéry, dans le 15e arrondissement. Un marin-pompier avait été blessé.
Ce mardi matin, des modifications de desserte sont annoncées sur une trentaine de lignes de bus. Certains arrêts, notamment à proximité d’établissements scolaires, ne sont pas desservis afin de limiter les risques pour les conducteurs et les voyageurs.
Les lignes concernées sont les B3, B5, 3, 5, 15, 15S, 16, 17, 18, 22, 22S, 23, 25, 27, 29, 36, 36B, 38, 44, 45, 52, 54, 70, 72, 82S, 88, 96 et 107. Les voyageurs peuvent consulter le détail des perturbations et leur évolution sur la page d’information trafic de la RTM.
Les tramways aussi sont impactés. À commencer par le T2 (Arenc – La Blancarde) totalement à l’arrêt. Le T3 (Gèze – La Gaye) circule quant à lui uniquement entre Castellane et La Gaye, avec 13 stations non desservies entre Castellane et Gèze.
Une inquiétude plus large pour l’avenir
Au-delà des conditions d’étude, la mobilisation intervient dans un contexte de forte défiance des jeunes envers les responsables politiques. Selon une enquête Ipsos BVA publiée ce mardi, 78% des 18-29 ans estiment que ces derniers préparent mal leur avenir. Ils sont également 64 % à ne pas faire confiance aux candidats à la présidentielle pour prendre en compte leurs préoccupations.
Réalisée en ligne du 23 juillet au 5 août auprès de 3 000 jeunes, cette enquête porte sur une population plus large que les seuls lycéens mobilisés. Elle témoigne néanmoins des inquiétudes d’une génération sur la place qui lui est accordée dans les décisions publiques.

