Mode in Sud veut poursuivre son travail auprès des parlementaires face à la montée de l’ultra-fast-fashion. Le syndicat des créateurs locaux entend notamment s’appuyer sur la nouvelle loi anti-fast-fashion et la régulation des petits colis pour défendre les entreprises de la filière.

Dans la région Paca, la filière mode draine 60 000 emplois directs, de la conception à la fabrication, jusqu’à la distribution et à la vente, selon « Mode in Sud », le syndicat des professionnels de la mode dans le Sud.

Un secteur qui doit pourtant composer avec des ventes sous pression et une concurrence de plus en plus forte des plateformes d’ultra-fast-fashion comme Shein et Temu, qui prennent une place croissante dans les habitudes d’achat.

À Marseille, la lutte contre l’ultra-fast-fashion est devenue un véritable sujet de bataille pour Mode in Sud depuis des années. Lors de l’afterwork de rentrée du syndicat, organisé le 22 septembre sur le rooftop des Réformés, son président, Jocelyn Meire a appelé les pouvoirs publics à poursuivre leurs efforts.

« Mon message était clair. Nous devons poursuivre le travail de lobbying auprès des parlementaires pour mieux protéger les entreprises françaises et européennes de la mode et accélérer la mise en œuvre des mesures visant l’ultra fast-fashion », nous explique-t-il.

La loi anti-fast-fashion comme levier

Le syndicat avait déjà engagé ce travail avec les parlementaires. En septembre 2025, Mode in Sud avait ainsi accueilli à Marseille Sylvie Valente-Le Hir (apparentée LR), rapporteure du texte au Sénat et sénatrice de l’Oise, pour lui faire rencontrer plusieurs acteurs de la filière, comme Espigas et ses espadrilles marseillaises (photo de Une).

Un an plus tard, le syndicat entend poursuivre ces échanges avec les élus de la région. Promulguée en juillet 2025, la proposition de loi visant à réduire l’impact environnemental de l’industrie textile prévoit notamment un système de pénalités environnementales pour les produits de mode les plus impactants et un encadrement de certaines pratiques publicitaires. Mais plusieures de ces mesures nécessitent encore des textes réglementaires pour être pleinement opérationnelles.

À cette concurrence s’ajoute une hausse des coûts de production. « Nous notons une progression de 10 à 40% du prix de certaines matières premières, avec un impact important pour l’or et l’argent », indique le président du syndicat et de Fask.

Les petits colis, autre front de la bataille

Mode in Sud, qui compte 120 membres, veut également se faire entendre face à l’arrivée massive de petits colis en provenance de pays situés hors de l’Union européenne. La France avait instauré le 1er mars 2026 une taxe de 2 euros par catégorie d’article pour les petits colis d’une valeur inférieure à 150 euros. Le dispositif national a été suspendu le 1er juillet, avec l’entrée en vigueur du droit de douane européen de 3 euros par catégorie d’article.

La rentrée doit également permettre à ces entreprises de travailler sur d’autres enjeux, avec de nouvelles formations proposées par l’association Fask, qui assure l’animation et l’accompagnement de l’écosystème régional, autour de la stratégie marketing et de l’intelligence artificielle.

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